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The monster is me [pv Yuki]
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Yubel Von Sleben

Infecté souterrains

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Mar 16 Fév - 23:37
Tu t'ennuies, seul dans ta chambre. Ta colocataire, Freja, n'est pas là. Tu ne sais pas où elle est... bien que tu as une légère idée d'où elle peut se trouver. Si elle n'est ni à la bibliothèque ni dans la salle d'arts, alors c'est que le directeur a demandé sa présence. Tu ne l'aimes pas, tu sais ce qui se dit sur lui. Fou peut-être, mais pas complètement idiot... Tu finis par décider de te lever, décrétant qu'un peu de marche serait toujours mieux que rester allongé à fixer le plafond.

On pourra retourner dehors ? Dans les bas quartiers ?

Tu n'as fait que quelques pas hors de la chambre lorsque tu entends la voix de Cyfer résonner à tes oreilles. Tu tournes la tête pour l'observer, tandis qu'il flotte à côté de toi, penché avec une mimique curieuse. Pour un peu, tu lui trouverais un air innocent, à lui qui t'a pourtant causé une terreur totale quand tu étais enfant.

"Ca te manque à ce point de terroriser des gens ?"

Hey, je ne cherche pas à les terroriser ! Mais je dois avouer, ce costume est très élégant...

Tandis qu'il te parlait, tu t'étais dirigé vers la salle d'arts pour t'emparer d'une paire de ciseaux. Ce n'était pas franchement le plus pratique pour blesser quelqu'un, mais ça ferait quand même l'affaire.

"Tu dis ça, mais je dois te rappeler la première fois que tu es apparu face à moi ?"

... Tu ne comptes absolument pas me passer ça, hein ?

Pas le moins du monde. Tu avais fini par t'y faire à la longue, mais tu gardais malgré tout le souvenir présent en tête. Tandis que tu avais repris le chemin inverse, te dirigeant vers un passage que tu connaissais bien, tu entendis des voix que tu ne connaissais pas. Tu sentais l'odeur de la peur qui émanait du petit groupe...


"... j'y crois pas de toute façon. Y a genre zéro chance pour que ce soit vrai."

"Déconne pas, mec... si les autres nous ont dit qu'y a eu des victimes, faut les croire..."

Des proies qui venaient s'aventurer dans ton domaine. Ton pas se fit plus silencieux, ton regard plus aiguisé. Tu passais en mode chasseur, les ciseaux dans une main, prêt à attaquer dès qu'ils seraient à portée.

Je sais que le règlement dit que, mais quand même !

Tu choisis de l'ignorer, t'approchant sans le moindre bruit du petit groupe. Une fois que tu fus assez près, ton sourire se fit plus carnassier, tandis que tu étais prêt à attaquer.

"Si les souterrains sont interdits la nuit, c'est pour une raison valable, vous ne croyez pas ?"

Le trio se retourna, esquissant un pas de recul face à ton expression. Avant qu'ils n'aient réellement le temps de s'enfuir, tu saisis l'un d'entre eux par l'épaule, plantant les ciseaux avec violence, lui arrachant un cri de douleur tandis que ses camarades prirent la fuite. Tu laissas ta victime tomber au sol, se fichant pas mal de son sort. Qu'elle vive ou qu'elle meure, quelle importance après tout.

"Come out, come out, wherever you are..."

Tu marchais en fredonnant, te moquant pas mal du sang qui dégoulinait de ton arme et qui avait taché ta main.

Tu ne peux pas faire un poil moins salissant ?

"Navré Cyfer, faut faire avec."

Tu sentais l'odeur de la peur... quelqu'un d'autre était présent ?
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Invité

Anonymous

Invité

Mar 23 Fév - 1:04



Lundi 17 février 2110

Ce week-end, mes parents m'ont beaucoup voulus avec eux. Au début j'étais content car je pensais que c'était parce que je leur manquais. Mais… je ne sais pas ce que j'ai fait de mal. Ils ne m'ont pas prouvé leur amour pendant ces deux jours à leurs côtés. Ils m'ont beaucoup puni. Ai-je eu des mauvais résultats à l'école ? Ont-ils découvert mes sorties nocturnes à l'internat ? Quelqu'un leur a-t-il dit qu'ils sont méchants avec moi comme je l'entends très souvent et ils ont cru que c'est de ma faute ? Ils n'ont rien dit. Le soir, j'en ai parlé avec Shan, mais lui non plus n'a pas d'idée plus précise. Par contre, il rejoint encore ce que m'a dit monsieur Kisanagi le jour où ce dernier l'a sauvé de quelques élèves qui ont voulu l'écarteler. Il me disait que mes parents ne m'aiment pas, qu'ils ne me veulent pas de moi mais, aussi, qu'ils sont hors la loi de ne pas me soigner quand je suis malade. J'ai refusé de l'écouter ce jour-là. Mais mon chat de fortune continue de me prévenir quand il le peut. Il le hurle, essaie de me convaincre parfois plus calmement et tente de me mettre les preuves sous les yeux. Pourtant, je refuse encore que cela puisse être possible. Ils ne sont pas des monstres.

J'ai beau dire ça, en le regardant dans le miroir ce soir, alors que je me lave les dents, j'ai l'impression de ne pas vraiment me reconnaître. J'ai des bleus partout. Certains des "cadeaux" de mes parents, les gravures, se sont remises à saigner. Surtout celle sur mon épaule gauche. C'est la plus récente et j'ai l'impression qu'elle ne cicatrise pas. Au contraire, elle saigne beaucoup, presque tout le temps depuis que maman a tapé dessus, entre autres. Il y a aussi une sorte de liquide blanc qui en sort. Ça me fait mal, mais comme on m'a dit que ce n'est rien, je n'ai pas osé aller à l'infirmerie pour en savoir plus. Cela ne sert à rien puisque mes parents ont toujours raison. Pourquoi me mentiraient-ils ? Pourquoi me feraient-ils souffrir sans aucune raison ? Et comme personne ne s'en inquiète depuis mon retour à l'école, pourquoi devrais-je m'affoler ? Shan a beau dire, je ne souhaite pas me prendre la tête. J'aimerais que tout soit comme avant, quand personne ne remarquait rien. Quand tout était normal aux yeux de tout le monde.

C'est pensif que je vais me coucher. Mais je n'arrive pas à dormir. Shan n'en est pas le responsable. C'est plus la douleur qui m'empêche de ressentir la fatigue. Je sais que j'ai envie de dormir, me reposer. Mais j'ai l'impression de revivre en continue la sensation du couteau qui traverse ma peau pour tracer les lignes sanguinolentes de mon épaules. J'ai envie de pleurer, de me plaindre et de demander à ce qu'on m'aide à me débarrasser de la douleur. Mais je n'ose pas. Ce n'est pas bien de faire de tels caprices. Shan me dit qu'il me trouve chaud et que je devrais me couvrir, mais je ne veux pas. Là, alors qu'il fait noir dans la chambre, je n'ai qu'une idée en tête : voir Aiji. Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi, je me sens plutôt à l'aise avec lui. Je n'aime toujours pas qu'il dise du mal de mes parents, mais à part ça, il ne me fait pas de mal. J'ai toujours peur qu'il retourne sa veste, c'est ce qui fait que je ne sors pas de ma chambre tout de suite, mais je garde cette envie d'être à ses côtés.

Il doit être presque minuit quand je me lève de mon lit. Comme d'habitude, je n'ai aucune source de lumière pour me répéter dans le noir. C'est donc un peu au hasard que je choisis mes vêtements. Comme bien souvent, c'est un jean qui va maintenir mes jambes au chaud. Mais comme j'ai l'impression d'avoir l'impression d'avoir besoin de profiter du frais qui règne dans le bâtiment, ou même à l'extérieur si Aiji n'est pas dans les souterrains, je n'enfile aucun pull ni aucune vestes au-dessus de mon tee-shirt blanc. Sur celui-ci il y a des dessins simplistes dont un, le plus gros, qui le fait penser à un chat avec une antenne. Je me demande si les autres en-dessous sont ses apparences précédentes avant qu'il n'évolue comme un Pokémon. S'en est peut-être, qui sait ? J'ai juste entendu parler de loin de ce manga, sans plus. Les manches étant plutôt courtes, on peut voir mon bandage rougi, les cicatrices plus ou moins récentes sur mes avant-bras et beaucoup de mes bleus, notamment sur les bras est près de mon visage.

Tu m'emmènes ?

Je regarde la peluche qui semble me supplier du regard. Je n'ai pas envie de le prendre, mais je ne peux pas le laisser non plus. D'une certaine manière, cela pourrait le mettre en danger. Vu ce qu'il a vécu il n'y a pas si longtemps, j'ai trop peur de le trouver blessé ou pire. Mais j'aimerais également me retrouver seul avec Aiji, pour une fois. Et sans avoir de problème. Mon regard se porte donc sur mon armoire, ce qui ne passe pas inaperçu aux yeux de mon ami.

Ah non ! Hors de question que tu m'mettes là-d'dans !

Je le regarde donc un instant pour savoir quoi faire. Je ne veux vraiment pas être avec lui… Finalement, je finis par fermer précautionneusement l'armoire avant de prendre la peluche qui me semble lourde et sortir des dortoirs, une paire de baskets aux pieds. Comme d'habitude, les couloirs de la zone nord de l'académie sont vides. Mais cela ne me dérange plus vraiment maintenant que je connais le chemin. Je marche donc en me permettant de réfléchir à ce que je vais dire au brun. Ce dernier ne va peut-être pas être content de me voir venir dans les souterrains. Il n'arrête pas de me dire que c'est dangereux et tout. Mais… comment puis-je le voir autrement ? Je n'ai aucun moyen de le contacter et en journée il doit sans doute dormir. Il faudra que je lui demande…

J'arrive enfin dans les souterrains. C'est plus animé déjà, me semble-t-il. Je commence donc à chercher la personne que je souhaite ardemment voir tout en faisant attention à croiser le moins de personnes possibles. Au détour d'un couloir, j'entends alors des conversations plus ou moins lointaines. En m'approchant, je découvre des personnes qui ne semblent pas du tout à l'aise. De ce que je peux comprendre, elles parlent de s'en aller, que ce n'était pas une bonne idée de venir en ces lieux. D'après leurs voix et ce que je peux constater même en restant éloigné, ce sont trois garçons. Ils ne viennent pas dans ma direction, ce qui me soulage. Et de mon statut d'observateur, je peux voir une quatrième personne qui s'avance vers eux d'un pas feutré. Je ne suis pas rassuré du tout, mais je ne dis rien de peur de m'attirer des ennuis. Je ne suis pas une bonne personne, je ne peux pas les aider.que puis-je faire contre quelqu'un de plus grand que moi et sans doute plus fort, de toute façon ? Shan me chuchote que je devrais m'en aller. Mais je ne peux pas. Je suis bloqué sur place…

Je le suis encore plus et mon chat de fortune est terriblement silencieux quand le nouveau venu attrape un des garçons pour le blesser. Par habitude, aucun son ne sort de ma bouche alors que je sais parfaitement comment est la douleur que doit ressentir la victime. Les deux autres courent vers moi de frayeur pour fuir le grand aux cheveux plus clairs que les miens. Est-ce qu'il a fait ça chez un coiffeur ? Personne ne l'embête parce que ce n'est pas normal ? Je ne sais plus où me donner de la tête ou que penser alors que je suis poussé contre le mur du côté de ma blessure. J'ai mal ! Mais, là encore, je suis resté silencieux. Ce n'est pas une bonne chose de se plaindre alors il ne faut pas que je le fasse. Je prends alors le temps de laisser la douleur passer avant de bouger. Je ne me sens pas bien…

T'aurais dû rester dans la chambre !

Il est trop tard pour me dire une telle chose. Je ne l'écoute donc pas et me relève quand je commence à sentir la douleur s'estomper. Je suis tremblant et je me sens un peu essoufflé, mais j'ai l'habitude. Et je dois aussi avoir un peu peur du garçon, je crois que c'en est un, qui vient dans ma direction. Dans sa main il a une paire de ciseaux. Je sais que c'est ce qu'il a utilisé pour blesser celui qui est maintenant inerte sur le sol. J'aimerais savoir s'il est vivant. Je n'ai pas vu où il a été blessé mais il saigne beaucoup. Que dois-je faire ?

Puis, j'entends une voix qui chantonne avant de parler à quelqu'un. Je sais de qui cela vient puisque je le vois faire. Mais je ne comprends pas trop. Je le regarde alors intensément tout en restant prêt à prendre la fuite.

Tu devrais partir maintenant.

Je ne peux pas. Je suis cloué sur place car ce n'est pas bien de fuir une punition. J'aimerais que Aiji vienne maintenant pour m'aider et m'apaiser. Mais je suis seul avec Shan qui essaie de me faire réagir.

Yuki ! Maintenant !

Je ne peux pas...
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Yubel Von Sleben

Infecté souterrains

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Mar 23 Fév - 15:53
D'où peut venir cette peur totale ? Ce n'est pas de ta victime qu'elle provient, tu l'entends gémir de douleur et sangloter. Un regard t'indique que même s'il saigne beaucoup, il survivra. Cela ne vient pas de ses camarades non plus, ils l'ont lâchement abandonné en prenant leurs jambes à leur cou. Il y aurait donc quelqu'un d'autre présent ici ? Soit il s'agissait d'un interné qui assistait pour la première fois à ton passage à l'acte, soit c'était un qui venait du dessus.

S'il y a un témoin, ce n'est pas une bonne chose...

Le règlement stipulait que tout étudiant qui s'aventurait dans les souterrains était pleinement responsable de tout ce qui lui arriverait. Tu étais bien au courant de cela, et tu en profitais allègrement. Et le moindre témoin de passage pouvait toujours être corrompu ou intimidé. Tu continues à regarder autour de toi, cherchant l'origine de cette tension palpable.

J'espère que s'il s'agit d'un rat, tu ne vas pas l'attaquer à vue !

"Cyfer... Au lieu de protester pour rien, aide-moi un peu, veux-tu ?"

Tu l'entends pester et tu le vois s'éloigner en flottant, cherchant de ton côté. Tu tiens toujours les ciseaux dans ta main, te fichant pas mal des traces que tu laisses çà et là. Ca se nettoiera facilement. Tu finis par tomber presque nez à nez avec un jeune garçon, blond et assez craintif. Il tient une peluche dans ses bras... et a l'air bien trop jeune pour être ici en tant qu'interné. Un élève de l'étage supérieur ? Possible. Tu remarques également qu'il a des traces de coups sur le visage.

Mais regardez-moi ce pauvre petit... qui a bien pu faire cela ?! Si jamais c'est un d'entre eux, je t'autorise pleinement à les traquer !

"Silence Cyfer, tu vois pas que notre hôte est complètement tétanisé ?"

Possiblement parce que c'est le sang sur tes mains et ton arme de fortune qui l'intimide ?

Tu tournes la tête vers Cyfer qui hausse les épaules, avant de reporter ton attention vers le gamin. Tu remarques finalement des traces rouges et des bandages. Tu choisis de t'asseoir à même le sol face au nouveau venu, piqué de curiosité.

"D'où tu peux venir... tu n'es pas des souterrains, je m'en souviendrai... enfin, Cyfer s'en souviendrait. C'est lui qui a la mémoire pour nous deux."

Et ce malgré que tu m'accuses d'être le plus terrifiant... c'est pourtant moi le plus raisonnable de nous deux !

"Cyfer, silence..."

Tu sais que tu as l'air de ce que tu es en parlant seul à voix haute : fou. Tu es bien conscient que toi seul peux voir et entendre le Roi des Rats à tes côtés. Mais tu t'en fiches, tu assumes complètement cela.

"Ce sont eux qui t'ont fait ça ?"
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Dim 28 Fév - 4:13



Lundi 17 février 2110

Shan a beau me dire de bouger, de m’en aller, je n’y arrive pas. Mes jambes sont beaucoup trop lourdes. Pourtant, il a raison. C’est le moment idéal pour m’en aller rapidement puisqu’il ne semble pas avoir remarqué ma présence. Je peux le voir regarder autour de lui en tenant son arme ensanglantée avec une certaine fermeté. Le sol se couvre doucement de taches d’un rouge écarlate que je n’apprécie guère. Ils me font penser aux lycoris rouges qui représente la séparation… je ne sais plus si c’est une séparation éternelle, mais cela me donne une très mauvaise sensation. Pourtant, à côté de cela, je suis comme hypnotisé par la scène qui se joue face à moi. C’est affreux. Surtout que j’entends toujours le chat de fortune m’appeler avec force pour me faire réagir. Des appels qui finissent par porter leurs fruits puisque je finis pas faire un premier pas en arrière. Il me faut quelques encouragements du chat pour que je puisse en faire un second et ainsi de suite jusqu’à me cacher dans l’intersection du couloir. On peut me voir facilement, mais pas ce garçon dangereux tant qu’il reste là où je l’ai trouvé. D’ailleurs, je me demande ce qu’il est en train de chercher aussi ardemment…

Je tremble comme une feuille en serrant la peluche qui n’arrive pas à rester silencieuse. Je l'entend constamment marmonner des paroles que je peux comprendre car je connais mon ami par cœur et que je pense exactement la même chose. J’ai peur qu’il nous fasse du mal et je suis conscient que je ne pourrais pas me défendre. Et, surtout, si je ne peux pas me calmer c’est parce je l’entends s’approcher d’un bon pas en parlant avec quelqu’un. Enfin… je crois que c’est avec quelqu’un. Je n’entends pas les paroles du dénommé “Cyfer” à qui il répond tout le temps. Il n’est pas loin du tout quand il lui demande de l’aider. Aider pour quoi faire ? Chercher, sans doute. Oui, mais quoi ? Avec Shan, on se pose cette question sans se concerter et nos théories sont toutes aussi possibles les unes que les autres. Du moins, de notre point de vue. Je pense d’abord à un objet qu’il aurait perdu avant de s’attaquer à l’autre élève. Le chat marmonne quelque chose qui me fait comprendre que ça pourrait être les fuyards. Nous n’en parlons pas, mais il est aussi possible que nous soyons sa cible…

Il ne faut que quelques secondes avant que le regard de ce dangereux inconnu ne croise le mien. Là, comme ça, il n’a pas l’air en colère, amusé ou triste. Peut-être… surpris ? Mais pourquoi le serait-il ? Je n’arrive pas avoir une raison sensée alors que le chat de fortune commence à s’agiter en s’adresser à celui qui me donne l’impression de me regarder de haut en bas :

Aaaaah !! Ça va pas de nous faire peur comme ça ?!!

Lorsque l’inconnu prend la parole, je suis prêt à parier qu’il est en train de lui répondre… sauf qu’il nomme à nouveau le fameux Cyfer. Par contre, qui est son hôte ? Nous ne sommes pas seuls ? Je ne comprends pas trop ce qui se passe et cela m’empêche totalement de réagir. Pourquoi il ne m’attaque pas comme il l’a fait avec l’autre garçon ?

Il a quoi à regarder dans le vide comme ça ?

Shan a raison. Que regarde-t-il comme ça ? Cela ne dure que quelques secondes avant qu’il ne me regarde encore. Je comprends alors que celui dont il parlait, “l'hôte tétanisé”, n’est autre que moi. Je ne peux pas vraiment lui donner tort puisque je ne peux pas bouger. Par contre… comme nous ne sommes pas dans ma maison, je ne suis pas un “hôte”. C’est pourquoi je ne comprends pas.

Je ne faisais que chercher Aiji et je suis tombé sur une personne bien étrange. Depuis qu’il est face à moi, je vais de surprise en surprise. D’abord, il parle, disons, tout seul ou à une personne invisible que je suis incapable de comprendre. Ensuite, il ne me traite pas comme les autres. Pour terminer, il s'assoit en face de moi pour une raison totalement inconnue.

Vas-y, Yuki ! C’est notre chance ! Enfuyons-nous !

Je suis toujours incapable de faire fonctionner mes jambes. Un peu comme si elles étaient prises dans un bloc de glace que je serais incapable de briser. Puis, comme l’inconnu commence à parler, je ne me sens pas en mesure de lui tourner le dos. Même en étant assis, ne serait-il pas capable de me poursuivre ?

Ben si toi tu pars pas, moi si.

Je sens Shan se débattre dans mes bras avant de me demander avec force de le lâcher pour le laisser s’en aller, ce que je ne fais pas. Je comprends qu’il ne veuille pas rester, mais mieux vaut ne pas mettre en colère cette personne. Je ne sais pas comment il réagirait en voyant mon ami prendre la fuite…

Ainsi, j’écoute attentivement chaque mot qui est prononcé en cherchant à comprendre ce qu’il peut bien me vouloir pour me traiter aussi différemment. Malheureusement, je suis incapable de comprendre. Même quand il parle à “Cyfer”, je ne comprends pas du tout. J’aimerais presque lui demander à qui il parle, qui est cette personne, mais je n’ose pas. Si jamais je lui coupe la parole, même sans le vouloir, ce sera mal. Je suis effrayé d’être une mauvaise personne avec lui. Autant qu’avec mes parents je pense, mais ce n’est pas la même chose. Je ne veux pas rendre mes parents tristes alors que, lui, il pourrait seulement me faire du mal sans même me connaître. Je le sais puisque je l’ai vu faire. Pour le moment, ça a l’air d’aller puisqu’il me parle plutôt doucement par rapport à ce que je m’attendais. Peut-être est-ce pour cela que je secoue doucement la tête pour répondre à sa question dans un premier temps. Même si j’ouvre la bouche pour répondre verbalement, j’ai du mal à actionner mes cordes vocales. C’est pourquoi ce n’est qu’après quelques essais que je parviens à avouer d’une voix cassée en marmonnant presque :

J-je… Euh… Non… C’est pas eux… … C’est parce qu’je suis pas une bonne personne… … Z’y sont pour rien…


J’hésite. Je ne cache pas que j’ai envie de dire quelque chose, mais, encore une fois, rien ne vient. Pas tout de suite. Shan, lui, regarde la scène en marmonnant. Parfois il cherche à nouveau à fuir sans succès. C’est lors d’une de ses tentatives que je demande à mi-voix :

C’est qui Cyfer… ? …


Il va me frapper. Me faire du mal. J’ai parlé alors que je n’aurais pas dû. J’ai du mal à respirer et, je ne sais pas quel miracle, je fais un pas en arrière. Un second est sur le point d’être fait, mais je m’arrête en me rappelant que si je m’enfuis je risque peut-être d’avoir des ennuis. Je ne peux pas cacher ma peur et mon mal être général n’arrange rien. Je ressens quelques vertiges mais rien qui puisse me déranger pour le moment. Je réprime donc comme je peux cette sensation pour me concentrer au mieux sur la personne en face de moi. Si seulement je pouvais être fort, ou même rapide, pour pouvoir lui échapper...
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Yubel Von Sleben

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Dim 28 Fév - 17:19
De base, ton attitude froide a tendance à intimider les autres internés, au point qu'ils font toujours en sorte de se tenir éloignés de toi. Ton impulsivité aussi, vu que tu es capable de t'en prendre "gratuitement" à quelqu'un sans réel motif autre qu'une remarque déplacée sur les rats. Et tu fais rarement preuve de retenue lorsque tu t'emportes... plusieurs de tes "victimes" ont dû subir un long séjour à l'infirmerie par ta faute. Mais tu ne t'en sens pas coupable pour autant, tu as abandonné toute culpabilité le jour où tu as attaqué cette "famille" qui te traitait comme un esclave.

Cyfer considère le gamin avec curiosité, l'observant sous divers angles en silence. Tu aurais aimé lui dire de cesser de lui tourner autour, mais tu sais que ça n'aiderait pas ton invité à se sentir à l'aise. Après tout, tu es le seul à avoir la "chance" d'avoir le Roi des Rats en compagnie presque permanente... à bien y songer, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

Je t'ignorais si insultant envers moi, Yubel... après ce que j'ai fait pour toi...

En incluant les terreurs de ton enfance, en effet, il avait fait beaucoup.

Le passé, c'est le passé, ne mélange pas avant et maintenant !

C'était parfois amusant de voir à quel point Cyfer prenait facilement la mouche, surtout en sachant qu'il te reprochait ton impulsivité.


"J-je… Euh… Non… C’est pas eux… … C’est parce qu’je suis pas une bonne personne… … Z’y sont pour rien…"

La voix hésitante du gamin a le mérite de te sortir de cette discussion intérieure avec Cyfer, tandis que tu réfléchis un moment en le regardant sans bouger. Pas une bonne personne... pourquoi ces mots te semblent familiers ? Où as-tu déjà entendu cela ? Où as-tu déjà lu cela ? Le Roi des Rats, évidemment, n'a pas entendu un traître mot de ce que le blondinet a dit, bien trop occupé à regarder... la peluche tenue ? Tu ne remarques cette peluche que maintenant, d'ailleurs.

"C’est qui Cyfer… ? …"

Comment ça, qui je suis ? Mais je suis le Roi des Rats ! Celui qui commande aux rongeurs et leur ordonne de saboter les fils électriques !

Tu jettes un regard presque ennuyé à Cyfer qui est revenu à côté de toi et se lance dans une présentation pompeuse. Décidément, tu ne le changeras pas sur cela. Mais autant éviter de trop le mettre en avant...

"Le Roi des Rats. C'est comme ça qu'il se désigne. Il dit qu'il peut commander les rats..."

La vérité, c'était que les rats avaient appris à te faire confiance, peu importe si c'était toi ou Cyfer aux commandes... mais Cyfer se plaisait à imaginer qu'il pouvait vraiment les diriger.

"Il aime pas que je contrarie."

J'apprécie surtout que tu ne dépasses pas les limites de ma patience...
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Lun 1 Mar - 2:15



Lundi 17 février 2110

Je sens que j’ai fait une erreur en répondant à ce garçon assis sur le sol. Ou peut-être n’ai-je pas parlé assez fort qu’il m’entende ? J’ai de gros doutes et je ne sais pas quoi faire alors qu’il me regarde sans bouger. Mon angoisse me serre la poitrine et j’ai l’impression que ma respiration est extrêmement difficile. Je pense comprendre la mise en garde de Aiji lorsque je l’ai retrouvé pour la seconde fois dans les souterrains. Pourtant, je ne pense qu’à le retrouver. Nous ne pouvons pas nous voir autrement et j’ai terriblement envie d’être à ses côtés, mieux le connaître et de profiter de cette proximité qui est sans doute la seule qui me plaise vraiment. Je ne me force pas à aimer ses lèvres ou ses câlins. J’ai besoin de ressentir cette sensation… Mais, actuellement, je ne peux rien faire de tout ça. Il faudrait que je puisse bouger, déjà. Mais je reste tétanisé malgré l’immobilité de l’inconnu. Comme il m’observe, il m’est impossible de profiter d’un instant d'inattention pour m’en aller en courant. Et, même si je venais à le faire, je suis certain qu’il pourrait me rattraper facilement… Après tout, il est plus grand et sans doute plus costaud que moi. Sans parler de la forme physique en général.

Dans un élan de volonté de briser ce silence aussi gênant que pesant, je pose une question que je ne peux m’empêcher de regretter amèrement. Qu’est-ce qui m’a pris de lui demander qui est “Cyfer”, cette personne que je ne peux ni voir, ni entendre ? Peut-être est-il au téléphone avec quelqu’un ? Je n’en ai jamais utilisé mais il paraît qu’on peut parler avec seulement une oreillette. Je ne sais pas comment ça marche, mais ça semble bien pratique. Et si ladite oreillette est cachée, alors ça expliquerait peut-être pourquoi je ne le vois pas. Enfin je crois ?

Je crois que si t’avais une théorie elle part en miette, là. Non ?

Shan a vu juste. Je sens toutes mes illusions se briser alors que celui à qui je viens de parler regarde à côté de lui. Si seulement je pouvais comprendre… Malheureusement, je suis persuadé que je n’aurais le droit à aucune réponse. Je n’en ai pas le droit et ça doit l’ennuyer que je lui demande une telle chose. Surtout que j’ai juste envie de m’en aller en courant pour me réfugier auprès de celui auprès de qui je me sens bien. Le seul qui puisse me donner cette sensation de sécurité qui me manque.

Pourtant, encore une fois, mes croyances ne tiennent pas la route longtemps. Son regard se porte à nouveau sur ma personne et il me répond comme si tout était normal. Pourtant, ses paroles n’ont aucun sens. Le roi des rats ? Donc… il parle à un rat ? Mais il regardait plutôt en l’air. Alors… …

Eh !! Tu te fous de la gueule de qui ?!

Comme pris d’une nouvelle volonté face à celui qu’il voulait fuir à tout prix, Shan hurle cette question avant que je puisse l’en empêcher. Malgré ça, je plaque une main tremblante sur sa bouche en regardant l’inconnu avec un air terrifié que je ne tente même pas de cacher. Mais qu’est-ce qu’il a fait ?! Il se débat, sans doute pour continuer à hurler sa manière de penser que je peux facilement deviner. Rien qui puisse nous permettre d’être en sécurité bien longtemps. Comment rectifier le tir maintenant ? Je suis à court d’idée, ne serait-ce parce que je ne sais pas s’il va m’attaquer avec ce qui vient d’être dit. Cyfer n’aime pas être contrarié. Et lui ?
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Yubel Von Sleben

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Lun 1 Mar - 22:16
"Pas une bonne personne"... ces mots te tournent dans la tête depuis que le blondinet les a prononcés. Tu sais que tu les as déjà entendus, peut-être pas dans cet ordre précis, mais dans une tournure similaire. Tu te creuses la mémoire, essayant de te souvenir où tu as entendu cette expression. Ces mots ont quelque chose d'insultant, un goût acide te vient en bouche quand tu y réfléchis... mais tu n'arrives pas à mettre le doigt sur la raison de ce ressentiment.

Et puis tu remarques finalement l'air terrifié du gamin face à toi. Est-ce le fait de faire face à un véritable fou qui l'intimide ainsi ? Non, ce n'est pas cela. Il s'est visiblement passé quelque chose qui l'a complètement terrifié durant le temps où tu présentais Cyfer. Tu ne sens pas de nouvelle odeur, donc ce n'est pas un nouveau venu... et surtout, ce n'est pas le fameux directeur, dont tu repères la présence à son odeur de tabac. Ce n'est pas Freja, ton double te l'aurait déjà signalée.

"... J'ai manqué quelque chose ?"

Si tel était le cas, crois-moi que je serais déjà à te le signaler... plus ou moins violence en fonction de l'importance de ce que tu as manqué.

Tu souffles doucement, te retenant de regarder vers Cyfer, qui te fixe d'un air à la limite du moqueur. Tu sais qu'il en est capable, et il te l'a déjà fait. Bon, ça ne fait pas tellement mal, mais c'est pour le principe même. Tu doutes qu'il te réponde de suite, aussi repars-tu brièvement dans ta réflexion. Tu connais ces mots, tu les as déjà entendus... mais où ? Cela t'agace de ne pas pouvoir remettre la patte dessus.

Demande-lui, au lieu de te torturer la tête comme ça.

Pas faux, lui demander sera plus rapide.

"Qui dit que tu es une mauvaise personne ?"

Tu aimerais qu'il te réponde au moins à cela, afin de faire avancer ta mémoire. En temps normal, Cyfer se souvient mieux que toi, mais là, il semble aussi égaré que toi... ce qui est chose rare.
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Mar 2 Mar - 22:54



Lundi 17 février 2110

Je me sens totalement terrifié, tétanisé, alors que Shan ne fait plus du tout attention au danger qui peut nous guetter si nous faisons le moindre pas de travers. Au contraire, il ne cesse de se débattre dans mes bras pour pouvoir parler à nouveau. Je ne le laisse pas faire, le serrant même un peu plus contre moi au besoin. Peu importe s’il m’en veut de ne pas lui laisser son droit d’expression. Il va me faire une longue et terrible leçon de morale, mais ce sera sans aucun doute moins pire que ce qui pourrait nous arriver si ce garçon décide de nous faire du mal avec sa paire de ciseaux. Il en est capable. Nous en avons été témoins. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi il ne le fait pas tout de suite. Il me semble qu’il n’a pas hésité pour planter son arme improvisée dans la chair de ce pauvre élève. Il n’a même pas pris le temps de parler avec lui comme il le fait avec moi. Qu’est-ce qui a provoqué ce changement radical de comportement ? Je ne comprends pas du tout… Impossible que je lui pose la question. Cela pourrait lui faire réaliser que j’ai raison et revenir sur sa lancée précédente. Après tout, n’était-ce pas pour ça qu’il me cherchait de base ?

Son regard est posé sur moi. Il n’a pas l’air de comprendre. Mais comprendre quoi ? Qu’est-ce qu’il a ? Je dois faire quoi, moi ? Je tremble et j’ai très chaud. Je me sens mal… Je ne sais pas du tout quoi faire et j’ai l’impression que, quoi que je fasse, ce sera mal. J’aimerais croire que j’ai tort. Mais je suis si mauvais que c’est impossible que je puisse avoir raison. Alors, quand il demande s’il a manqué quelque chose, s’il s’est passé quelque chose qu’il n’aurait pas vu, je n’ose pas répondre quoi que ce soit. Je ne peux pas parler. Cela me ferait avouer ce que Shan a dit. Sauf que, s’il ne l’a pas entendu par je ne sais quel miracle, je ne tiens pas spécialement à ce qu’il en prenne connaissance. C’est la seule façon que je vois pour sauver nos peaux. A mon grand étonnement, il ne s’en offusque pas et réfléchis silencieusement. Je ne comprends pas pourquoi il agit comme ça. Pourquoi ai-je droit à un traitement spécial ? Qu’ai-je donc de plus que les autres ?

Il se passe un moment qui me semble terriblement long sans que personne ne pipe mot. Peut-être que c’était plus court que je le pense, mais la tension que je ressens me fait voir les choses avec une lenteur terrible. Je sursaute donc en me tendant quand j’entends à nouveau sa voix s’élever. J’ai failli lâcher Shan ! Heureusement, ce dernier est toujours calé contre moi, énervé que je l’empêche de dire quoi que ce soit. Quant à moi, une fois la surprise légèrement passée, je me penche sur sa question. Elle fait écho avec ce que j’ai déjà entendu avant que ce soit lui qui se penche sur le sujet. J’aimerais éluder le sujet et le fuir une bonne fois pour toute. Mais mon corps en décide autrement. Mes jambes lâche, me laissant choir sur le sol alors que je lâche la bouche de mon chat de fortune qui en profite :

Yuki ! Ça s'fait pas !!

Je ne l’écoute pas. Je suis bien trop préoccupé par la question. Le chat me regarde en tenant sa grosse tête avec l’une de ses pattes, visiblement agacé.

Bon ! Passons que tu m’aies maintenue plusieurs minutes comme ça… Qu’est-ce qui t’dérange ?

Je ne veux pas entendre que mes parents sont méchants avec moi, qu’ils ne m’aiment pas ou autres choses dans le même genre. Mais je n’ose pas le formuler. C’est sous l’insistance de mon chat que je finis par me pencher sur lui pour lui parler dans l’oreille en cachant ma bouche d’une main. La réaction de mon meilleur ami ne se fait pas attendre :

C’est juste ça ?!!

Je grimace et hoche doucement la tête en le regardant. Je le vois alors lever les yeux au ciel avant qu’il ne continue, clairement désabusé :

Ben maintenant que j’sais ça, j’regrette d’avoir demandé… Sérieux ! Réponds à sa question même si t’aime pas ça ! C’est pas toi qui a peur qu’il nous a-... ? MMMMMMHH !!!


Ne voulant pas qu’il continue plus, je replaque une main sur la bouche de Shan et regarde timidement l’inconnu le temps d’une seconde. Intimidé, je les baisse illico et, poussé par le regard assassin du chat, je finis par avouer doucement, craintivement :

C’est… … C’est mes… mes parents… eeet… et des camarades...


J’en suis sûr, y’en a d’autres qui pensent, mais je ne saurais pas dire qui. En plus de cela, je ne suis pas sûr de dire que les gens de mon âge dans l’école pense vraiment que je suis “mauvais”, mais plus que je suis trop bizarre et horrible pour qu’on puisse s’associer à moi.
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Yubel Von Sleben

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Mar 2 Mar - 23:53
Imprévisible, impulsif. On te décrit comme tel bien souvent, et si les termes sont vrais, ils sont insuffisants. Tu es malade psychologiquement parlant, assez gravement atteint, et tu te plais étrangement dans ces troubles. La présence de Cyfer t'est utile au quotidien, même si tu te passerais pas mal des autres voix dans ta tête. Ces petits murmures quotidiens sont agaçants, ils te rappellent que tu ne veux pas aller en dehors de ta chambre. C'est entièrement leur faute si tu attaques les gens sans sommation... enfin, c'est ce que tu dis pour te justifier.

Cyfer est là pour te retenir, pour t'aider à te souvenir. Il est là pour t'empêcher de changer les souterrains en un monde rouge, pour t'empêcher de faire de plus graves victimes. Parce que lui comme toi vous le savez, tu finiras par réellement tuer quelqu'un si ton double n'est pas là pour te retenir.

Sans moi, tu es une cause perdue... un rat enragé...

Cette description te correspond bien : un rat enragé qui attaque tout ce qui passe à portée de crocs. C'est à peine si tu remarques que le blondinet est tombé par terre, ses jambes ne le supportant visiblement plus.


"C’est… … C’est mes… mes parents… eeet… et des camarades..."

Des camarades... les "camarades" de classe sont souvent des idiots cruels, tu en as vu pas mal. Mais ses parents ? Pourquoi n'est-il pas enfermé ici, si ses parents le considèrent comme mauvais ?

Veux-tu arrêter de pleurnicher ?! Incapable, bon à rien ! Si tu faisais correctement ce qu'on te demande, tu n'en serais pas là !

D'où vient cette voix qui résonne dans ta tête ? Ce n'est pas Cyfer, la voix est féminine... et clairement très énervée. Aux dernières nouvelles, Cyfer est un rat, pas une femme.

Tu vas arrêter de vouloir jouer au fier ?! T'es qu'un gamin, et un gamin, ça pleurniche pour rien !

Cette fois, c'est la voix d'un homme qui vient en écho dans ta mémoire. Un homme à la voix bourrue, qui te donne l'impression d'être ivre ou foncièrement méchant.

Des mémoires ?

Possible, même si tu n'arrives pas à identifier le rapport entre ces mémoires et les paroles du blondinet...

"Si tu es si méchant, pourquoi tu n'es pas enfermé ici ? Pourquoi tes parents t'ont pas laissé ici, dans les souterrains ?"

Ce ne sont pas les méchants ici, Yubel, mais les malades...

"Ah oui, je confonds toujours. Les souterrains, c'est pour les malades comme moi. Ceux qui peuvent pas être dehors."
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Jeu 4 Mar - 15:46



Lundi 17 février 2110

J’ai mal aux genoux à cause de ma chute sur le sol. Ce dernier est très dur. Je l’ai bien ressenti en laissant tout mon poids choir sans me retenir à quoi que ce soit. Qu’est-ce qui aurait pu ralentir ma chute, de tout manière ? Je ne vois pas, à part le mur. Et encore, cela m’aurait obligé à lâcher Shan pour le plus grand bonheur de ce dernier. Fort heureusement, sans penser à mon bien-être puisque ce dernier n’est pas bien important, j’ai priorisé sa sécurité et son silence. Bien sûr, je sais qu’il ne va pas aimer cela, mais j’ai besoin de savoir qu’il ne va pas nous apporter des ennuis supplémentaires dès qu’il se mettra à parler. Et il est impossible de le lui faire promettre. Je le sais. Je le sens. Je l’entends déjà me dire ce qu’il a dans le cœur. Il est bien trop prévisible puisque je suis capable de savoir quel genre de paroles va sortir de ses lèvres. Cette crainte en moins, je peux me concentrer sur l'aveu qui m’est demandé de faire, celui que mes parents et d’autres me disent que je suis une mauvaise personne. C’est douloureux et je devrais protéger ma famille en disant que c’est ma faute. C’est la vérité de toute façon. Mais j’ai bien trop peur pour en dire plus.

Je n’aime pas le silence qui peut tomber sur cette conversation. J’ai l’impression qu’il pèse une tonne et que cela signifie que je vais bientôt me faire punir parce que j’ai dit quelque chose de mal, que j’ai été méchant. Pourtant, rien ne vient jamais. Au lieu de ça, je l’entends toujours reprendre la parole sans méchanceté, sans cri ni plainte. Il ne me gronde pas. Je ne le désespère pas. En fait, à chaque fois qu’il me pose une question, c’est pour comprendre des trucs. Cette fois ne fait pas exception même si je ne suis pas sûr de comprendre. Je ne savais pas que ceux enfermés dans les souterrains étaient méchants. En fait, Aiji semblait plutôt dire que ce n’était pas tout à fait ça. Quoique… ne disait-il pas qu’il y avait du danger pour moi si je restais ici ? Si tel est le cas, c’est qu’il y a une part de méchanceté, non ? Je ne sais plus… Tout est beaucoup trop compliqué quand on parle de relation avec les autres. Je ne suis donc pas surpris quand l’inconnu prétend s’être trompé sur l’utilité des souterrains.

Cette conversation m’amène à réfléchir un moment. Sur la maladie que pourrait avoir Aiji. Lui-même se prétend être fou. Mais il n’est jamais entré dans les détails. Je m’en veux un peu, mais je n’ai jamais réellement cherché à en savoir plus non plus. Je veux être plus proche de lui, mais je ne lui ai jamais posé de vrai question sur lui. J’ai pensé qu’il ne voudrait pas me le dire, ce qui est peut-être vrai. Mais pour quelle raison ferait-il une telle chose ? Je ne comprends pas vraiment ce point précis, entre autres. Et lorsque mon regard se porte un instant sur mon interlocuteur actuel avant de le baisser à nouveau, je me demande s’il n’est pas un peu des deux. Il est violent et dangereux de ce que j’ai pu voir. Mais il me dit aussi qu’il est malade. Enfin, je crois. Pourquoi certains malades ne peuvent-ils pas aller dehors ? Je ne comprends vraiment pas tout ça et j’ai mal à la tête. A l’épaule aussi… Il faut que je le cache. Il ne faut pas montrer aux autres quand on a mal parce que personne ne peut rien y faire de toute façon.

Je ne sais pas comment répondre à ses questions. Sauf peut-être ainsi :

J’suis pas malade…


Non, je ne le suis pas. Donc mes parents n’ont pas de raisons de me mettre dans les souterrains. Puis j’ai besoin d’être surveillé par leurs bons soins sinon je vais finir par être de plus en plus méchant. Rien qu’en ne les voyant que le week-end et parfois le mercredi après-midi, je deviens de pire en pire, comme si j’oubliais toutes les leçons importantes qu’ils m’ont apprises par le passé. C’est aussi pour ça que je ne fais pas les choses correctement, que je fais ce que je veux et que je suis obligé de me punir. … Je n’ai pas pris ma lame… Il faut que je pense à me punir en rentrant dans la chambre. Mais ça n’aura pas d’intérêt parce que du temps sera passé.

Mes parents peuvent pas m’laisser. J’suis trop méchant…


Je me sens triste de ne pas être une bonne personne. Si j’étais meilleur, alors peut-être pourraient-ils être plus heureux. Cela ne fait-il pas de moi une nuisance ?

P’tain, Yuki ! T’arrête un peu d’penser à eux ?

Je ne m’étais pas rendu compte que je l’avais lâché. En colère de ce qu’il vient de dire, je fronce les sourcils et lui donne un coup sur la tête, ne manquant pas de le faire hurler et râler à mon égard. Au moins, il ne dit rien contre la personne face à nous.
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Yubel Von Sleben

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Jeu 4 Mar - 21:51
Tu n'es pas méchant, à la base. Ou plutôt, tu ne l'étais pas, quand tu étais enfant. Tu aurais pu être le plus adorable des adolescents, le plus gentil des adultes, une personne avec le cœur sur la main... mais voilà, on t'a arraché tes ailes de petit ange avant de te jeter en enfer. Pas étonnant que tu aies mal grandi, mal tourné. Tu as eu le choix : survivre au prix de ton innocence, ou garder cette chose si précieuse mais ne pas être certain de vivre. Tu as choisi de continuer à exister, tant pis pour ta santé mentale.

Santé mentale qui s'est rapidement dégradée sur les années qui ont suivi ta libération. Privé de repère, privé de la seule personne qui aurait pu t'aider... Oh, tu n'en voulais pas à tes grands-parents, ils avaient été très gentils et patients avec toi. Mais simplement, ils n'avaient pas eu la moindre idée de ce que tu avais vécu. On leur avait dit que tu avais été maltraité, on ne leur avait pas dit que tu avais renoncé à tes rêves d'enfant.

Tu ne sais pas pourquoi tu es aussi curieux face à ce gamin. Il n'a rien de vraiment différent des autres qui viennent de la "surface", il est terrifié face à toi... pourtant, il a piqué ta curiosité. Est-ce à cause des termes qu'il a employé ?


"J’suis pas malade…"

Dit-il mais tu as l'impression qu'il en doute. A moins qu'autre chose le perturbe ?

Tu es trop curieux, Yubel... Ca ne te ressemble pas...


"Mes parents peuvent pas m’laisser. J’suis trop méchant…"

Ta place est là ! Et pas ailleurs ! Bon à rien !

Encore un souvenir... une voix de femme presque hystérique. Et Cyfer qui refuse de t'aider, pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il reste aussi mystérieux ? Est-ce que tu es censé comprendre quelque chose par toi-même ? Et alors que tu comptes lui poser la question, tu remarques une drôle de scène. Le blondinet frappe la peluche de chat qu'il tient depuis tout à l'heure. Tu as vraiment raté une scène entre deux...

"... Pourquoi tu frappes ta peluche ? Elle ne t'a rien fait."

A côté du gamin, Cyfer flotte et fixe la peluche avec amusement, semblant vouloir s'en emparer. Mais tu sais qu'il n'y arrivera pas, puisqu'il n'est que le fruit de ton cerveau malade...

Je me demande ce que les rats penseraient de ce compagnon...

Quel rapport entre les rats et une peluche ?
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Lun 8 Mar - 21:01



Lundi 17 février 2110

Pour moi, il est impossible que je sois malade. Personne ne m’a dit que je le suis et, en plus de cela, je n’ai aucun symptôme qui puisse dire que je le suis. J’en suis persuadé. Puis, même si je le suis, n’est-ce pas seulement une punition avec laquelle je dois vivre puisque je suis encore et toujours une mauvaise personne ? Mes parents, de toute manière, ne me laisseraient pas ainsi si ce n’était pas nécessaire. Après tout, ils sont très aimants avec moi. Si ce n’était pas le cas, ils ne me garderaient pas avec eux, ne me nourriraient pas du tout, et ne prendraient pas le temps de m’éduquer alors que je suis une personne qui ne retiens jamais les leçons qui lui sont enseignées, peu importe la méthode employée pour cela. Quelque chose que je n’arrive pas à faire comprendre aux autres. Je ne sais pas comment l’exprimer pour qu’on me comprenne, pour que mes parents puissent avoir un peu de crédit aux yeux de ceux qui m’approchent, comme aux yeux de nos voisins. Je me rappelle encore que certains d’entre eux ont dit que je ne suis pas une personne qui aura un bel avenir puisque je suis incapable d’avoir du bon sens et du courage. Ils ont raison et j’espère que je serais un jour une meilleure personne pour éviter d’aller en prison.

Je suis ennuyé par Shan. Non seulement il peut nous mettre en danger mais, en plus de ça, il le fait alors qu’il était le premier à vouloir s’en aller en me laissant seul avec ce garçon en face de moi. Et maintenant il veut que j’arrête de penser à mes parents. Non. Je ne le veux pas et il est le dernier à pouvoir me dire un truc pareil ! Voilà pourquoi je ne manque pas de lui faire comprendre ma frustration, non pas par des mots, mais par un geste. Je l’ai frappé. C’est habituel entre nous, tout comme lui me griffe et me mord quand il n’est pas content. Pourtant, cela surprend celui qui m’a dit que les personnes malades vont dans les souterrains. Apparemment il ne comprend pas mon geste. Doucement, je détourne le regard sur le côté. Je ne sais pas si je peux le lui dire. Je ne veux pas qu’il fasse du mal à mon meilleur ami comme les garçons qui ont déjà fait craquer ses coutures.

Pff… Il peut pas nous laisser tranquille, lui ?

Shan est énervé et le coup que je viens de lui mettre n’a sans doute pas arrangé son humeur. Néanmoins, il l’a mérité et il est hors de question que je m’excuse pour ce que j’ai fait. Nous ne l’avons jamais fait, passant à autre chose à chaque fois. Alors, pourquoi pas maintenant ? J’hésite un moment en marmonnant pour discuter avec la peluche qui me répond le plus souvent en criant. Cela, jusqu’à ce que je réponde en marmonnant à mon interlocuteur humain :

Ben… Y m’demande que’qu’chose que j’veux pas… Et y m’énerve d’puis tout à l’heure…


Tout en parlant, je fais la moue. Je ne pense pas qu’il soit utile d’articuler pour qu’on me comprenne. A vrai dire, ça serait bien mieux si on ne me comprenait pas du tout. Je détesterais qu’on me dise que j’ai tort encore une fois. J’en ai un peu marre de ne jamais avoir raison. Je ne fais jamais rien de bien non plus.

Comment ça j’t’énerve ?!

Mais t’arrête pas d’crier !


Mais j’le fais tout l’temps ! En quoi ça t’gêne ?!



Bah alors ? J’avais raison finalement ?

Nooon !! …


Alors quoi ?!

J’veux pas l’dire… Pas maintenant.


T’es chiant ! T’sais jamais c’que t’veux et-...

Si ! Je sais ! Mais là c’est pas l’moment crétin d’chat !


Nous nous toisons avec chacun un air sévère. J’ai comme complètement oublié le garçon qui tient toujours sa paire de ciseaux ensanglantée dans la main alors que ce duel de regard dure en longueur, aucun de nous ne voulant perdre face à l’autre.
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Yubel Von Sleben

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Lun 8 Mar - 22:35
Tu es confus face à cette scène inattendue. Ce n'est qu'une peluche, rien de plus qu'un objet inanimé. Ce n'est pas comme si c'était un vrai chat dans le corps d'une peluche, pas vrai ? Il est assez rare de te rendre curieux au point que tu changes complètement d'attitude, au point de presque en oublier ce que tu as fait juste avant. Oui, tu en as oublié ta victime qui est un peu plus loin, complètement fasciné par ce que tu vois. Cependant, qu'on ne s'y trompe pas, cette curiosité n'a rien d'innocente. Elle est étrange tout au mieux, malsaine au pire.

"Ben… Y m’demande que’qu’chose que j’veux pas… Et y m’énerve d’puis tout à l’heure…"

Sa peluche l'énerve ? Tu penches légèrement la tête sur le côté, sans franchement comprendre. Plus tu essaies d'y réfléchir, de trouver une explication "scientifique", moins tu trouves et plus ça te confuse. Tu entends Cyfer rire non loin de toi, semblant s'amuser de ta confusion... ou de la dispute à sens unique qui a lieu face à vous, au choix. Bien que tu optes davantage pour le fait qu'il se moque de toi.

"Mais t’arrête pas d’crier !"

Si c'était le cas, tu l'entendrais. Tu n'es pas sourd, et même distrait, tu entendrais quelqu'un crier près de toi.

"J’veux pas l’dire… Pas maintenant."

De quoi veut-il éviter de parler ? Tout ceci est vraiment étrange...

"Si ! Je sais ! Mais là c’est pas l’moment crétin d’chat !"

Et Cyfer qui continue de rire... Tu te retiens de lui demander de cesser de se moquer, histoire de ne pas perturber davantage le blondinet.

Voyons, Yubel... Tout ceci ne t'est pas terriblement familier ? Cette manie de parler au vide, d'entendre des voix que les autres ne perçoivent pas ?

Maintenant qu'il le dit... tu vois la ressemblance. Ce comportement est comme le tien. Moins agressif, moins imprévisible, mais il est schizophrène comme toi, tu en mettrais ta main à couper.

"Tu es schizophrène. Comme moi. Tu es le seul à l'entendre, comme je suis le seul à entendre Cyfer."

C'est une affirmation directe, tu n'hésites aucunement.

"Mais si tu es libre d'aller dehors... c'est que tu n'es pas dangereux pour les autres."

C'est déjà une chose de trouvée...

Parce que tu dois trouver autre chose en plus ? Tu penches la tête sur la droite, pensif. Tu aurais voulu lui demander son avis, mais tu te doutes qu'il ne va pas te répondre... qu'en sait-il de ce que tu entends ?
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Dim 14 Mar - 18:57



Lundi 17 février 2110

Le regard est Shan est plus fixe que le mien. C’est pénible ! Comment arrive-t-il donc à ne pas cligner des yeux si longtemps ?! C’est impossible pour moi… Je n’y arrive pas du tout. Je me sens déçu de ma propre incompétence à chaque fois que je “perds” les duels de la sorte. Pourtant, je ne m’avoue pas vaincu. Même si je cligne des yeux, que je les ferme un instant, cela ne veut pas dire que j’ai tort ! Alors je continue malgré ses remarques désagréables sur ce que je fais ou non et qui me donnent une terrible envie de le frapper à nouveau. Et cela un bon moment puisqu’aucun de nous ne veut donner raison à l’autre. Souvent, il nous faut un élément extérieur pour nous sortir de cette situation. Et, cette fois, cet élément n’est autre que mon interlocuteur humain qui prend à nouveau la parole. Avec mon chat de fortune, nous laissons nos regards glisser automatiquement vers lui sans dire un mot, sans avoir l’impression d’avoir laissé la victoire à l’autre. Au contraire, ce n’est que partie remise à moins qu’on n’oublie ce que nous faisions alors et seule une nouvelle dispute ne nous fera faire une nouvelle bataille. Et il semble que la seconde option va être celle qui va arriver en l’instant. Avec ce que j’entends, impossible qu’il en soit autrement !

Euh… c’est pas une maladie c’te merde ?

Doucement, je resserre Shan contre moi. Impossible que j’ai quelque chose comme ça. Je le saurais. J’en aurais entendu parler. Mais personne ne m’a dit une telle chose. Pourquoi maintenant ? Pourquoi alors que j’entends mon meilleur ami depuis que je suis tout petit ?! Et bien sûr que non que je ne suis pas dangereux ! Jamais il ne me viendrait à l’idée de faire du mal à quelqu’un ! Cela ferait de moi le pire garçon du monde ! Je ne suis déjà pas bien sage, alors encore heureux que je ne sois pas du genre à penser à blesser les autres. Mais… Cela signifie-t-il que sa maladie l’empêche de penser comme moi ? Veut-il dire que je vais devenir comme lui ?

Euh… Yuki ?

Non ! Je n’suis pas skiz… Skizaphri… Skizé…


Schizophrène ?

Skizo-machin ! Je le suis pas !


Pourtant il donne pas l’impression d’avoir un doute quelconque…

La ferme Shan !! T’as tort ! J’suis pas malade !


J’ai très envie de pleurer. Pourquoi me dit-on toujours de telles paroles ? Je suis une mauvaise personne, mais pourquoi on me dit aussi que je suis malade, que je ne suis pas aimé ou des trucs du même genre ? Pourquoi me fait-on souffrir même quand je ne suis pas méchant ? Est-ce parce que j’ai fait quelque chose de mal sans m’en rendre compte ?

Je me sens mal… J’ai la tête qui tourne un peu du coup je ne peux pas me lever correctement, surtout que je n’ai pas envie de montrer que je vais mal à quelqu’un que je ne connais pas trop. Mais en plus de ça, même si j’avais chaud avant, je commence à trembler avec des frissons de froid. Pourquoi ? Cela ne devrait pas être comme ça…

Yuki, tu vas bien... ?

Shan est très inquiet. Je l’entends très bien. Mais, non, je ne me sens pas bien. Je n’ai pas de nausée, mais c’est comme si mon corps s’était alourdi à force que je reste à genoux sur le sol, et comme si la conversation m’avait épuisé. Aussi, je me sens soudainement fatigué. Pourtant, je n’ai pas encore vu Aiji…

Je n’suis pas… pas malade…


Je n’arrive finalement pas à m’empêcher de pleurer tout doucement. J’ai si mal dans ma poitrine à cause de ça et j’ai l’impression d’avoir la même chose qu’après que mes parents m'aient donné une bonne correction. Je me penche légèrement en avant en courbant le dos afin que mon front soit sur la tête de mon chat de fortune. Ce dernier s’exclame avec surprise et inquiétude :

T’as pas d’la fièvre là ?!

Je ne saurais lui répondre. Je m’en fiche que mon corps soit trop chaud par rapport à la normale. Qui s’en soucie à part lui de toute façon ? Là, tout ce à quoi je pense, c’est que je ne veux pas que ce garçon ait raison. Je ne veux pas que ce qu’il ait dit soit la vérité. Je ne veux pas devenir comme lui. Je ne veux pas être violent. … Ce n’est pas bien...


Dernière édition par Yuki Donovan le Ven 27 Aoû - 12:45, édité 1 fois
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Yubel Von Sleben

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Dim 14 Mar - 23:03
Tu n'as aucun doute là-dessus. Tout colle : cette aptitude à être le seul à entendre une voix lui parler, le fait de se disputer assez souvent seul avec un objet inanimé ou une créature normalement non dotée de parole. Même Cyfer est de ton avis. De plus, tu sais cela, car tu l'as lu et entendu. Tu l'as lu dans des livres de psychiatrie, tu l'as entendu auprès de ceux qui t'ont pris en charge à ta sortie de l'Enfer. Fou peut-être, stupide non. Dangereux oui ; ignorant non.

"Non ! Je n’suis pas skiz… Skizaphri… Skizé… Skizo-machin ! Je le suis pas !"

C'était évident qu'il doutait. Une telle révélation n'était jamais facile à entendre, surtout lorsqu'on vient de l'extérieur... mais tu sais qu'être malade ne veut pas dire finir enfermé ici. Seuls les cas les plus sévères comme toi nécessitaient une attention constante. Avant que tu n'aies le temps de dire cela, le blondinet reprend la parole.

"La ferme Shan !! T’as tort ! J’suis pas malade !"

Il risque de basculer...

Basculer ? De quoi Cyfer parlait-il maintenant ? Tu n'étais pas certain de comprendre... Tu restas stoïque cependant, remarquant que le blondinet ne semblait pas aller très bien. Il avait l'air passablement épuisé, et posa même le front sur la tête de sa peluche. Une posture qui aurait fait mal au dos de n'importe qui... sauf quelqu'un de souffrant. Quelqu'un qui est malade et inapte à penser clairement.


"Je n’suis pas… pas malade…"

On ne peut pas le laisser comme ça !

Tu t'approches et poses une main sur son front, que tu retires. Il est effectivement brûlant de fièvre. Mais ce n'est pas avec les coupures qu'il a qu'il pourrait être ainsi souffrant... Et soudain, tu comprends ce dont Cyfer veut parler. Tu comprends pourquoi ton double parle des rats. Pourquoi il s'amuse légèrement et parle de similarité. Pourquoi il a cette attitude si bizarre, inquiète et moqueuse à la fois.

Ce gamin, peu importe d'où il vient, a son Enfer.

Ton regard se fait plus vif, plus concentré. Ce gamin a besoin de soins. Tu sais que les souterrains ont leur propre infirmerie, car tu passes souvent y prendre des vomitifs quand tu as une de tes pulsions. Tu regardes rapidement autour de toi, puis tu soulèves sans trop de mal le blondinet, le portant de sorte à ce qu'il ne perde pas sa peluche, son "Shan".

"Cyfer, montre-moi le chemin."

Par ici !

Tu agis ainsi car tu sais ce que ça fait, d'être dans un Enfer. Car tu veux qu'il puisse t'écouter, ensuite. Egoïste, peut-être. Tu arrives rapidement dans l'infirmerie et tu le poses sur un lit, cherchant dans les armoires après quelque chose, n'importe quoi. Ta main se pose par hasard sur une boîte de vomitifs...

Ce n'est PAS le moment !

... et l'intervention de Cyfer est nécessaire pour t'empêcher de succomber à la tentation. Tu finis par trouver un médicament qui pourra lutter contre sa fièvre, et tu le verses dans un verre d'eau. Tu retournes le voir, et tu lui tends le verre.

"Tiens. Ca aidera."

Tu n'oublies pas quelque chose ? Comme le rassurer sur le fait que tu es un cas à part ?

"Cyfer, tu sais très bien..."

Juste pour une fois, tu ne voudrais pas coopérer sans discuter ?

"... Et Cyfer insiste pour que je dise que tu ne finiras pas ici forcément. Ce ne sont que les plus dangereux qui sont ici. Et tu ne finiras pas forcément comme moi. Moi, j'ai un peu choisi d'être ici."

Plus qu'un peu, puisque tu avais totalement abandonné ta raison pour survivre.
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