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Apprends la sagesse dans la sottise des autres - Yhsim
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Yhsim Kisanagi

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Jeu 11 Fév - 23:16
Un jour viendra où tu n'auras plus aucun contrôle sur tes crises. Et quand ce jour viendra, pas mal de gens souffriront de cette rage qui te grignote au même rythme que tes pensées suicidaires. Tu feras la justice à ta manière, mais au moins, elle sera faite. Et même ton vieil ami ne pourra pas te stopper. Il n'aura pas d'autre choix que de t'aider.

Mais le fera-t-il, cependant ?

Tu sais qu'il le fera. Il a beau dire, il a beau faire, il ne te trahira jamais. Son sang russe et son sens de l'honneur le dissuadent de vraiment t'abandonner... et de toute manière, il ne laissera personne se mettre dans ta route. Quitte à abuser de son rang militaire.


Pourquoi vous répondez pas à Shan ? Il dit que c'est pas logique que on me punisse beaucoup si je suis une bonne personne.


Ce n'est pas logique ?

Pourtant, ça l'est... La réponse est simple : ils ne veulent que d'un jouet.

"Je m'excuse, je n'avais pas entendu Shan..."

Tu ne sais pas si tu veux lui dire la réponse. Tu ne sais pas si tu veux vraiment lui avouer ce que tu penses de ses parents sans même les connaître. Mais alors que tu hésites, un violent mal de tête te vrille les tempes, t'obligeant à te tenir le crâne de tes deux mains en grimaçant de douleur. La crise se fait insistante, tu en as des sifflements dans les oreilles. Mais tu ne veux pas, tu ne DOIS pas céder...

"Pose-toi la question... Si tu étais comme ils le voulaient, seraient-ils réellement heureux, ou chercheraient-ils à te faire changer de fond en comble encore une fois ?"

Tu parles sans même entendre tes mots, tourmenté par ces maux de tête. Tu dois tenir. Si tu perds le contrôle, tu sais que tu vas te lancer à la poursuite des harceleurs.

"Sont-ils une seule fois satisfaits des progrès ?"
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Sam 13 Fév - 3:33



Lundi 3 Février 2110

Il me semble que Shan n'a pas tort en disant que si j'étais vraiment une bonne personne, mes parents n'auraient pas à me punir. Ainsi, les paroles de cet homme ne paraissent pas du tout logiques. Au contraire, c'est plutôt absurde. Pourquoi me punir si je ne fais rien de mal. Il y a forcément quelque chose qui ne va pas. Et le problème vient de moi. Je suis jeune, inexpérimenté… C'est normal que mes parents tentent de m'apprendre ce qui est bien ou non dans ce monde. Alors pourquoi sont-ils autant critiqués ? Aiji, et maintenant cet homme. Même d'autres avant eux si mes souvenirs sont bons. Mais ils m'ont tous prouvé à un moment où un autre qu'ils avaient tort ! Parce que je suis mauvais, horrible et "bizarre", ils ont tous fini par m'abandonner. Mes parents, eux, ne m'ont pas laissé. Ils persévèrent pour faire de moi un homme bon qui pourra s'intégrer un jour dans la société alors que je suis une cause perdue. Les entendre tous prétendre le contraire m'angoisse fortement. J'ai l'impression que mon monde est sur le point de se briser, que je ne pourrais plus tenir debout comme j'y parviens encore aujourd'hui malgré les épreuves. S'ils veulent me torturer, n'y a-t-il pas un autre moyen que de s'en prendre à mes proches ? Après tout, c'est moi leur cible ! Ce ne sont ni Shan, ni mes chers parents !

Je ne m'attendais pas vraiment à ce que l'adulte en face à moi s'excuse. Personne ne le fait vraiment quand il s'agit du chat de fortune dans mes bras. D'un autre côté, je ne sais pas trop ce que j'attendais de sa part. Mais certainement pas qu'il me prenne ouvertement pour un imbécile. Comment peut-il ne pas entendre Shan ? Il crie ! Encore une fois, ce n'est pas logique. Même le chat s'insurge en gigotant malgré ses blessures.

Comment ça il m'entend pas ?! Prends nous pour des cons, on te dira rien !!

Il gigote tant qu'il finit par se plaindre qu'il a mal. Cela ne m'étonne pas et je pense à lui faire remarquer que s'il était resté tranquille cela ne serait pas arrivé. Une remarque que je ne fais finalement pas en voyant l'homme prendre sa tête entre ses mains. Je serre Shan contre moi, apeuré d'être à l'origine de ce qui est actuellement en train de se passer. Je ne sais pas comment, mais si ce n'est pas moi, que se passe-t-il ?

Malgré l'évidente douleur qu'il ressent et que je peux moi-même observer par l'expression de son visage, l'adulte accroupi me demande de réfléchir. Une question. Un dilemme. C'est ce qu'il me pose en l'instant. Est-ce que mes parents sont heureux quand je fais quelque chose de bien ? Est-ce qu'ils me disent que je fais mal les choses même en leur obéissant ? J'ai de plus en plus de mal à respirer. Je me rappelle chaque moment. Chaque instant où je me suis fait punir. Dont la fois où mon œil a été crevé. Je tremble de tout mon corps. Mes dents se serrent. Mes parents… Ils… ils…

Eh ! Yuki, ça va ?!

Non. Ça ne va pas. Doucement, je m'accroupie pour tenter de me couper du monde extérieur. J'ai encore plus de mal à respirer, mais je m'en fiche. Ce que cet homme vient de me dire est à la fois faux et vrai. Mais je n'arrive pas à concilier le tout. Je revois certains moments où ils me sourient. Mais ce n'est pas souvent et souvent extrêmement court. Ils me montrent leur amour. A côté de ça… … Je ne sais plus. Mes parents m'aiment. J'en suis persuadé et je ne veux pas entendre le contraire. Je ne veux pas qu'on me dise que ce n'est pas vrai. Mais, à la dernière question, c'est vrai qu'ils ne sont pas contents. Mais c'est parce que ce n'est pas assez. Je refais toujours les mêmes bêtises. C'est normal que ça les énerve !

Doucement, alors que je tente de me couper du monde en enfermant mon visage entre mes bras et mes genoux, même si cela m'empêche de respirer et que c'est déjà difficile de le faire, je marmonne une phrase en boucle :

Ils m'aiment… ils m'aiment… ils m'aiment…


Mais, Yuki, ce mec n'a pas tort.

Ils m'aiment… ils m'aiment… ils m'aiment…


Ils te crient toujours dessus…

Ils m'aiment… ils m'aiment… ils m'aiment…


… ne te donnent jamais vraiment à manger…

Ils m'aiment… ils m'aiment… ils m'aiment…


… et même quand tu fais des efforts ça ne va jamais.

Ils m'aiment… ils m'aiment… ils m'aiment…


Alors pourquoi tout le monde dit que c'est faux ?



Shan à tort ! Pourtant, c'est parce que j'ai peur qu'ils aient raison que je panique autant. Je ne peux pas y croire. Je ne veux pas y croire. Je ne dois pas y croire.
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Yhsim Kisanagi

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Sam 13 Fév - 16:34
Tu dois tenir, tu ne dois pas céder face à la crise. Tu connais les conséquences lorsque tu perds le contrôle, tu sais que le spectacle n'est jamais joli à voir. La dernière fois que tu as été incapable de te contrôler, tu as regretté tes gestes, et tu as voulu effacer ton existence. C'était avant que tu débarques ici... qui t'avait sauvé, cette fois-là ? Qui avait su te retrouver ?

Ton mal de tête empire et si tu n'étais pas face à Yuki, tu aurais pris le premier objet pointu à portée de main pour tenter de t'ouvrir le crâne avec. Ou alors, tu te serais cogné la tête au mur jusqu'à ce que la douleur passe. Mais tu ne peux hélas rien faire de cela, sous peine de terrifier encore plus le jeune garçon qui déjà n'en mène pas large face à toi.

Tu le vois brièvement du coin de l'œil, tremblant et ayant du mal à respirer. Il tente de cacher son visage, il essaie de s'échapper du monde... tout comme tu as pu tenter de le faire par le passé. Mais cela ne change rien, au contraire. Cela ne fait qu'empirer la situation, tu es bien placé pour le savoir.


"Ils m'aiment… ils m'aiment… ils m'aiment…"

Au plus tu l'entends, au plus ta crise se fait pesante, menaçante. Sauf que ce n'est pas contre lui qu'est dirigée toute cette colère... mais contre ses parents. Contre ces monstres qui le manipulent et le font souffrir, juste parce qu'il est vivant. Juste parce qu'il existe. Et une idée horrible te germe dans la tête. Enregistrer ses parents à leur insu, leur faire dire ce qu'ils pensent vraiment de Yuki. Et lui faire écouter, lui faire voir.

"Si c'est le cas... dis-moi pourquoi tu es puni ? Qu'est-ce qu'ils peuvent te reprocher ?"

Vladimir n'aurait aucun mal à mettre cela en place.

"Qu'est-ce qu'ils détestent en toi ?"

Il n'aurait aucun mal à les faire parler, à les mettre en confiance.

"Qu'est-ce qu'ils apprécient, à part quand ils te font mal ?"

Peut-être serait-ce mieux s'il pouvait les entendre directement.

"T'ont-ils épargné la souffrance quand tu étais malade ?"

Il est de Suède...

La petite voix dans ta tête te permet de mettre le doigt sur ce qui ne va pas. Et de comprendre cela accentue encore ton mal de tête, amplifie encore la crise. Ainsi que cette envie de leur faire payer.
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Sam 13 Fév - 22:11



Lundi 3 Février 2110

J'ai beaucoup de mal à respirer et être positionné de sorte à me créer un cocon ne m'aide pas du tout à aller mieux. Pourtant, je ne me relève pas. Je ne fais rien pour que je puisse me sentir mieux. Au contraire, je reste ainsi et ne cesse de répéter la même phrase, les trois mêmes mots, en boucle. "Ils m'aiment…". Je ne veux pas être le seul à y croire. Mes parents sont maladroits, un peu fatigués de me voir grandir de manière aussi tordue… rien n'est de leur faute. Il faut leur pardonner la manière dont ils me traitent car je suis le seul coupable. Si j'étais plus gentil, plus obéissant, plus travailleur et moins égoïste, alors je suis certain qu'ils seraient bien plus doux avec moi. J'en suis persuadé. Alors tout ce que l'adulte, Aiji et Shan me disent est faux ! Totalement faux ! D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi mon meilleur ami commence à me dire ce genre de choses alors que, jusqu'à maintenant, il était totalement d'accord avec moi. Lui aussi est-il hypocrite ? Non. Avant même aujourd'hui il me disait parfois qu'ils n'auraient pas dû aller aussi loin. C'était d'ailleurs un sujet de dispute récurrent entre nous.

Je cesse ma litanie quand j'entends à nouveau l'adulte qui ne bouge pas. Il ne semble pas bien, lui non plus. Et l'inquiétude que je peux ressentir par rapport à cela, l'idée que je puisse être coupable d'une telle réaction, ne m'aide aucunement à me sentir mieux. Bien au contraire, la culpabilité ne renforce que plus mon angoisse. Alors, quand il me pose ses deux questions, c'est très difficile pour moi de réfléchir. Mes réponses ont du mal à sortir, il me faut du temps. Et quand, enfin, elles franchissent mes lèvres, ma voix est plaintive comme si j'allais bientôt pleurer :

J'suis puni... pour que j'arrête de faire des bêtises et… et qu'je puisse vivre bien dans la société. Parc'que… parc'que je fais pas les choses bien… quand ils sont pas là, j'fais pas les choses comme il faut… j'fais des bêtises encore… encore… toujours…


La preuve en est toutes les marques que je me suis faites tout seul, avec ma lame sur mes bras. Il y a même la plus fraîche que je me suis faite juste avant que Shan ne se fasse attaquer. Ce dernier, coincé dans mes bras, me donne des petits coups de tête comme pour essayer de me consoler à sa façon. Il essaie de me parler, mais j'ai du mal à le comprendre. Ça m'énerve. Je n'aime pas ça. Mais c'est peut-être parce qu'il est coincé que ça fait ça.

Le professeur continue les questions en en posant une autre. Elle est plus difficile. Ils ne me disent jamais ça clairement. Alors, je ne peux que supposer ce qu'ils détestent en moi. Et encore, à tous les coups ce n'est pas vraiment ça… malgré mes doutes, je tente encore de faire voir à mon interlocuteur que mes parents ne font rien de mal à travers mes réponses :

Ils… ils aiment pas quand j'fais pas les choses comme il faut… et quand j'agis trop comme un enfant… ou quand j'fais pas les choses vites… ils veulent qu'je sois une personne à qui… à qui on reproche pas l'comportement… ils détestent que j'parle à Shan…


Oui, ça doit être ça. Dans la société on ne montre pas ce qu'on ressent, donc je ne dois pas crier, pleurer, rire ou autre chose. Je dois juste parler normalement et intelligiblement, de manière à ce qu'on me comprenne du premier coup. Dans la société, on ne doit pas se servir par soi-même, donc je ne dois pas prendre ce qu'il y a sur la table sans autorisation. Pour avoir un travail, il faut avoir de bonnes notes donc je dois être très bon en cours. Aussi, une des règles importantes est que les adultes ont toujours raison et que je dois toujours écouter mes parents. Alors… je suis une mauvaise personne car ce que je fais vraiment de bien est d'avoir de bonnes notes, sauf de temps en temps.

Maintenant, l'homme veut savoir le contraire de ce qu'il m'a demandé avant. Et là, la question est impossible. Je n'arrive pas à trouver de vrai réponse. Mais c'est normal : je ne fais jamais rien de bien. Ils ne peuvent pas aimer beaucoup de choses de moi si je ne fais rien de bien. Il y a juste peut-être une chose mais quand je le dis, je n'articule pas du tout. Au point qu'il est impossible qu'il ait pu comprendre un seul des deux mots que je viens de prononcer. Juste peut-être le son [o], sans plus. Ma respiration se bloque même, m'empêchant de dire tout de suite la suite. Mes paroles sont comme bloquées et il me faut un peu de temps avant de parvenir à ajouter :

… Ils aiment que j'ai de bons résultats…


La dernière question me met plus encore en détresse. Mes mains qui maintenaient mes bras en place pour cacher mon visage et me coulaient du reste du monde viennent se placer sur mes tempes. Mes yeux sont fermés et mes joues noyées de larmes. Ma respiration est terriblement difficile. J'ai l'impression d'être dans un endroit dans lequel il est impossible de respirer. Je me rappelle du jour où je me suis fait crever l'œil droit. C'était un accident ! Juste un malheureux accident… Pourtant, ils ne voulaient pas que je pleure ou que je crie. Ils ne voulaient pas que je dise que j'ai mal parce que j'ai fait quelque chose de mal avant. Ils… n'ont pas fait en sorte que je ne souffre pas… Pareil quand ils me donnent leur amour... Et quand je suis malade… Mais je suis sûr que c'est parce que je n'étais pas gentil. Si j'étais meilleur ils ne me feraient pas mal ! Mais je n'arrive pas à le dire. Je n'arrive pas à démontrer qu'il a tort et que mes parents sont bons avec moi. Mais… un adulte n'a pas tort. Que puis-je croire ? Que puis-je dire ? Que dois-je faire ? Au secours...
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Yhsim Kisanagi

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Sam 13 Fév - 22:44
Syndrome de Stockholm : lorsque la victime se prend d'affection pour son bourreau, le prisonnier pour son geôlier. Un trouble psychologique très difficile à inverser.

Tout aussi difficile que contenir cette rage qui se fait brûlante, toxique, qui te dévore peu à peu. Elle ne se contente plus de juste te rogner, elle te mord de ses crocs aiguisés, elle te fait souffrir. Tu suffoques intérieurement, ton ouïe est vrillée de ces sifflements stridents qui ne s'arrêtent pas.


"J'suis puni... pour que j'arrête de faire des bêtises et… et qu'je puisse vivre bien dans la société. Parc'que… parc'que je fais pas les choses bien… quand ils sont pas là, j'fais pas les choses comme il faut… j'fais des bêtises encore… encore… toujours…"

La seule bêtise qu'il peut faire, à part parler à sa peluche, c'est exister. Et cela, il ne le réalise pas. Il ne comprend pas qu'il est en train de se faire détruire à petit feu.

"Ils… ils aiment pas quand j'fais pas les choses comme il faut… et quand j'agis trop comme un enfant… ou quand j'fais pas les choses vites… ils veulent qu'je sois une personne à qui… à qui on reproche pas l'comportement… ils détestent que j'parle à Shan…"

Tout comportement est reprochable, même le plus calme. Tu es très bien placé pour le savoir, toi qui étais souvent dans ton coin, on te reprochait d'être trop calme. On s'est moqué du fait que tu aimais les animaux. On t'a jugé car tu les attirais involontairement.

Le monde est cruel, mon cher Yhsim...


"… Ils aiment que j'ai de bons résultats…"

L'absence de réponse à ta dernière question ne fait que confirmer ce que tu penses. Ils se fichent pas mal qu'il y reste.

"S'ils ne te soignent pas, ils se mettent hors la loi... Un parent est obligé de prendre soin de la santé de son enfant..."

Tu n'as pas lu cette loi, mais Vladimir l'a parfois citée face à certaines personnes. Et avec ta mémoire particulière, elle t'est restée gravée en tête. Comme tant d'autres choses que tu souhaiterais parfois oublier...

"Et tout comportement est reprochable..."

Le sifflement dans tes oreilles cesse soudain. Ton mal de tête est encore présent, mais plus supportable. Pour cause : tu as perdu la partie et ta crise l'a emportée. Tes paroles se font plus dures, mais c'est dans l'espoir de créer un électrochoc.

"Cette personne dont je t'ai parlée. Celle qui se faisait harceler. Elle était d'un naturel réservé, calme, silencieux. On lui a reproché ce calme. On lui a reproché de vouloir défendre la justice."

Tu restes toujours accroupi, mais tes mains s'écartent de ton visage.

"A ce rythme, les punitions se feront de plus en plus cruelles, avec une volonté non dissimulée de tuer. Maintenir la tête sous l'eau de plus en plus longtemps. Priver de nourriture pendant des jours, des semaines. Priver d'air pendant de longues minutes."

Car c'est leur but recherché, tu l'as bien compris.
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Dim 14 Fév - 1:27



Lundi 3 Février 2110

J'ai répondu à toutes les questions de l'adulte accroupi devant moi et qui semble souffrir terriblement. Toutes, sauf celle destinée à savoir si mes parents font en sorte que je ne souffre pas quand je suis malade. Je ne peux pas lui dire, cela reviendrait à dire que mes parents sont mauvais et qu'ils ne prennent pas soin de moi alors qu'ils font ce qu'ils peuvent. Je ne veux pas leur apporter des ennuis.

Yuki, respire doucement. Tu es en train de t'étouffer.

Shan, qui est enfin libéré, tente de me calmer et me montrer l'exemple de la manière dont je devrais respirer. Il a une patte sur une de mes jambes et me regarde avec une expression peinée. Mais je n'arrive pas à faire comme lui. Quelque chose me bloque au niveau de la poitrine, et empêche l'air d'arriver jusqu'à mes poumons. C'est une affreuse sensation qui ne fait que s'accroître au fil des secondes qui passent. Et, pendant ce temps-là, je suis comme déchiré en deux car je ne peux pas croire que mes parents soient horribles. Rien n'est dit explicitement, mais n'est-ce pas des reproches qui leur sont fait à travers ces questions ? Je ne suis pas idiot, je l'ai compris. Je n'aime pas ça du tout !

Alors que je suis incapable de répondre à la dernière question qui m'est posée, l'adulte s'en charge pour moi. J'ai fait ce qu'il ne fallait pas. Je viens de permettre à cet homme de comprendre que mes blessures et maladies me font continuellement souffrir. Mais, de cette manière, n'ai-je pas démontré que je suis une mauvaise personne ? Après tout, je viens de mettre à mal ces personnes qui s'occupent de moi depuis ma naissance ! Pourtant, ce n'est, encore une fois, pas moi qui suis jugé. Ce n'est pas moi, mais mes parents qui sont traités de hors-la-loi ! Selon les dires que j'entends, les personnes qui donnent la vie ont pour obligation de prendre soin de l'enfant qu'ils ont et de sa santé. Cette affirmation n'est pas du tout apaisante. Bien au contraire, elle me donne l'impression que chaque entaille sur mon corps me brûle comme un appel à l'aide.

En fait, ils se sont bien foutus de nous !

Shan est également en train de s'y mettre pour mon plus grand désarroi. Pourquoi ? Pourquoi personne ne veut comprendre ? Et pourquoi Shan est en train de retourner sa veste ? Lui aussi il va m'abandonner ? Je vais finir tout seul ? Je veux rentrer à la maison…

Je suis en train de penser à la maison et à la possibilité de me réfugier dans cet environnement qui m'est le plus familier. Je voudrais ne jamais avoir à le quitter. Qui sait la souffrance que je vivrais si on venait à m'en séparer. Dans le même temps, l'adulte déclare que tous les comportements sont sources de reproches. Je ne comprends pas…

Quoi ?! Alors quoi que fasse Yuki il aura des problèmes ?! Mais c'est pas juste !!!

De quel côté il est, lui ? Un coup il est contre moi, un coup il s'inquiète pour moi. Faudrait savoir ! Une pensée qu'il m'est impossible d'exprimer, ce qui laisse le loisir au donneur de leçons une explication à ses paroles. Pas en s'adressant à Shan, mais à moi. Pourtant, le plus intéressé des deux c'est lui, pas moi. En plus de ça, son intonation me semble plus dure, ce qui me tend plus encore. Cela alors qu'il revient sur son exemple de tout à l'heure, le garçon qui pensait qu'il était mauvais alors que ce n'était pas le cas. Pourquoi ? Pourquoi continue-t-il de me torturer ? Je voudrais ne plus écouter…

Mais, alors, on doit faire quoi si tous les comportements sont sources de reproches ?

Je ne veux pas de réponse ! Et aucune réponse n'est donnée. Au lieu de ça, on me dit que les punitions que je subis déjà vont être de pire en pire parce que… La raison à cela me choque complètement et ma crise de panique augmente d'un cran. Je n'arrive plus du tout à respirer. Mes deux mains posées initialement sur mes tempes vont s'accrocher sur le haut de mon uniforme, au plus près de la gorge. Je ne sais pas quoi faire. Je suis si paniqué et en détresse que je n'ai aucune idée de ce que je devrais faire.

Eh ! Faites quelque chose !! Il s'étouffe !!!
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Yhsim Kisanagi

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Dim 14 Fév - 16:17
Ce que tu exiges, à quelques rares exceptions, ton ami fait sans discuter. Pourtant, officiellement, tu n'as aucune autorité sur lui, et ce devrait être davantage lui qui devrait te donner des ordres... Mais il t'a juré une loyauté sans faille, et tu sais qu'il préfèrerait encore être envoyé dans une des prisons bien particulières de sa Sibérie natale que de songer à te trahir. Sauf lorsqu'il s'agit de te faire du mal ou de te tuer, mais c'est parce qu'il tient à toi...

Tu voudrais que Yuki comprenne que tu fais ça pour le protéger. Pour le libérer de ses tortionnaires, qui se jouent de lui comme un enfant jouerait avec une poupée qu'il déteste. Mais s'il est, comme tu le soupçonnes, atteint d'un syndrome de Stockholm, cela s'avèrera plus que difficile. Tu tentes de le secouer mentalement, quitte à ce que tes mots soient durs.

Stop...

Tu voudrais le rassurer. Tu voudrais lui dire qu'il y a un foyer où il sera aimé, choyé, protégé. Mais ta crise a pris le dessus, et tu n'es plus que rage. Qu'est-ce qui t'empêche d'appeler ton vieil ami pour lui demander d'amener fissa les parents de ce pauvre gamin ? Pas grand chose.

Assez !

Tu te redresses finalement, et tu t'approches de Yuki, voyant qu'il porte ses mains à sa gorge. La panique le fait suffoquer, comme toi quand tu étais plus jeune. Sauf que lui a été manipulé pour servir de jouet.

"Je peux te trouver un foyer où tu seras vraiment aimé... un foyer où tu ne seras pas puni pour des broutilles. Un foyer où tu seras vraiment un gentil garçon, sans condition."

Ta crise te contrôle encore, mais tu luttes pour la chasser.

"Si tu n'arrives pas à les dénoncer, je peux faire en sorte que leurs crimes soient vus de tous. Je peux demander à ce qu'ils soient surveillés."

Planquer des caméras n'est pas difficile. Peut-être même pourrais-tu te servir de Misery pour cela... qui se méfie d'une jeune maid muette après tout ? Et s'ils se permettaient de mauvais gestes, tu saurais les dissuader de recommencer. Sans oublier que tu es un hackeur de talent, et que tu n'aurais aucun mal à vérifier l'historique de leurs ordinateurs.

"Pose-toi cette question : accepterais-tu que quelqu'un d'autre subisse la même chose que toi ? Le laisserais-tu subir tout cela sans chercher à le sauver ?"
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Dim 14 Fév - 19:36



Lundi 3 Février 2110

Je ne suis pas parvenu à rester accroupi. J'ai été obligé de poser mes deux genoux sur le sol afin de ne pas tomber. Un geste loin d'être réfléchi, mais qui ressemble bien plus à un réflexe de mon corps pour éviter que je ne souffre que plus que maintenant. Ma poitrine est comme compressée. Ou alors, on a bouché ma trachée et l'air ne passe plus, ce qui crée une sensation de pression. Je pense que cette image est la plus juste. Et j'ai beau vouloir me libérer, je ne sais pas comment m'y prendre. Shan a beau tenter de me donner une ou deux astuces, je ne vois pas comment faire pour rendre cela possible. Après tout, pour respirer doucement, il faudrait que je puisse prendre une inspiration, aussi petite puisse-t-elle être. Tirer sur mes vêtements, sur les cols de mes hauts ne fait rien de plus car ils ne sont pas du tout serrés. Mes vêtements ne sont pas à ma taille. Ils sont bien plus grands. Apparemment, comme ça, on n'aura pas à m'acheter de nouveaux quand je grandirais. Ce n'est qu'un gâchis d'argent alors que ça peut apparemment servir pour beaucoup d'autres choses. Je me suis toujours demandé pour quoi ils l'utilisent.

Mon regard est rivé sur le sol. J'entends les battements de mon cœur. Du moins, j'ai l'impression de l'entendre aussi bien que mes vaines tentatives de respirer. Malgré ça, j'entends encore le chat tenter de me et appeler l'adulte à l'aide. Je ne sais pas s'il réagit ou pas maintenant qu'il a arrêté de dire du mal de mes parents. Je ne veux pas le regarder. Je ne peux pas. J'ai l'impression que je vais finir par seulement tomber dans l'immensité d'un vide que je sais présent, tout proche. Ce qui me garde conscient en cet instant, c'est la voix de Shan qui me demande de tenir bon toutes les deux à cinq secondes et, après un moment, ma voix de l'homme plus proche que plus tôt. Il s'est approché ? Il va mieux ? Vraiment ? Pourtant je suis certain que c'est à cause de moi qu'il va mal. Comment savoir ? Je n'arrive pas à réfléchir puisqu'il recommence à me dire des choses sans jamais répondre aux questions de Shan. Ce dernier ne s'énerve pas, sans doute à cause de mon état. Peut-être craint-il que cela puisse me paniquer encore plus. En soi, je devrais le remercier de sa sollicitude. Mais je ne peux pas lui pardonner son retournement de veste.

Je ne veux pas quitter ma famille. Je ne veux pas trahir mes parents ! Surtout qu'ils m'aiment ! C'est vrai que j'aimerais être une bonne personne, mais je ne pourrais jamais l'être si je ne suis pas guidé comme ils le font depuis que je suis tout petit. Sans eux, je serais complètement perdu.

C'est une bonne idée !

Shan aussi s'y met… Pourtant, il sait très bien que je ne peux pas survivre sans l'amour de mon père et la rudesse de ma mère. Que deviendrais-je s'ils viennent à me détester parce que je les abandonne pour aller ailleurs. Je ne peux pas !!

Si t'essaies, tu pourras comprendre pourquoi tout le monde dit du mal de tes parents.

Il n'a pas tort sur ce point mais ce n'est pas assez pour que je puisse accepter. De la même manière que ce n'est pas assez pour que je puisse me calmer. Pourquoi me fait-on subir tout ça ? Pourquoi dois-je souffrir juste parce que les gens sont en désaccord avec les personnes qui m'ont donné la vie ? Ai-je fait quelque chose de mal ? Ou veut-on encore m'en faire ?

L'adulte me propose même de chercher des preuves pour dénoncer les personnes qu'il ne connaît pas du tout. Il veut les surveiller. Il n'a pas le droit ! Je secoue alors rapidement la tête en signe de négation. Je ne veux pas !

Cela signifie que comme ça quelqu'un le protégera ?

Mais ils ne me font pas de mal ! Ils font juste en sorte que je comprenne les choses car je suis trop idiot pour faire les choses correctement, pour suivre les règles !

Il n'aura plus à souffrir ?

J'ai besoin de souffrir ! Les personnes qui ne souffrent pas sont celles qui ne sont pas des arbres tordus. Ce sont celles qui comprennent les valeurs de la société et qui n'ont pas besoin qu'on les punisse pour qu'elles ne fassent pas deux fois la même erreur. Pourquoi ils sont incapables de le comprendre ? Ils ont oublié la manière dont ils ont été éduqués ou ils n'ont jamais eu besoin de ça pour comprendre ?

J'crois qu'il faut le forcer à essayer.

Pour une fois, j'aimerais que personne n'écoute Shan. Je ne veux pas qu'il fasse ce que le chat de fortune lui dit. Ce ne sont pas de bonnes paroles et ça ne va pas avec ce que je veux. J'ai tellement peur qu'on m'arrache à mes parents…

Je me sens incapable de répondre à ce qui est dit à côté de moi. Pourtant, on me pose des questions, encore une fois. Je n'ai pas le droit de ne rien dire. Au contraire, j'ai l'obligation de répondre aux personnes plus âgées que moi. Je ne sais pas comment faire… Je ne sais pas comment me calmer car j'ai extrêmement peur. C'est pourquoi je mets du temps, beaucoup de temps, avant de pouvoir construire quelques phrases à peine cohérentes :

… Peux aider… personne… Trop faibles… et trop… méchant…


Ma voix est beaucoup trop faible. Je ne suis pas sûr qu'il puisse m'entendre correctement. Quoique… c'est peut-être possible étant donné que Shan en est capable :

Faible, je suis d'accord, mais t'es pas méchant. T'as essayé de m'aider tout à l'heure.

Shan… mon ami… alors j'aide… mais…


Mais suis-je vraiment capable d'aider d'autres personnes avec qui je n'ai aucun lien ? J'en doute. J'ai du mal à aller vers les autres. Tenter de leur parler est un supplice tellement j'ai l'impression d'être horrible par rapport à tout le monde. De toute façon, je ne suis qu'un incapable ! Je suis même incapable de respirer correctement ou de me tenir droit...
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Yhsim Kisanagi

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Dim 14 Fév - 21:40
Comment lui faire ouvrir les yeux ? Comment lui faire comprendre que ses parents se comportent mal avec lui ? Rien que ses habits, trop grands pour lui... Oh, ils ont dû certainement prétendre que cela éviterait d'en racheter des neufs quand il grandirait. Mais comment peut-il grandir en étant ainsi privé de soins ? Comment peut-il espérer un jour que ces habits soient à sa taille s'il est ainsi maltraité ?

Laisse-le !

Tu te bats intérieurement contre cette colère qui a pris possession de toi, tu veux la chasser, mais elle reste maîtresse de toi. Tu voudrais pouvoir lui ouvrir les yeux, tu voudrais qu'il puisse voir à quel point ses "parents" sont horribles... Tu voudrais qu'il les entende alors qu'ils disent du mal de lui, qu'ils voient à quel point il se fichent de lui... le seul moyen serait de le faire se cacher en silence et de les forcer à dire toute la vérité.

Il ne peut pas...

Tu le vois secouer la tête. Il faut pourtant qu'il ouvre les yeux. Car il est en train de devenir une plante fanée à cause de leurs actions. Il avait le potentiel pour devenir une plante de mille éclats, mais il se change peu à peu en une plante asséchée, affaiblie.


"… Peux aider… personne… Trop faible… et trop… méchant…"

Tu grognes intérieurement à sa phrase. Faible, oui. Méchant, non. Est-ce que quelqu'un de méchant essaierait de défendre son ami ? Est-ce que quelqu'un de méchant implorerait ainsi sans chercher à faire souffrir ?

"Shan… mon ami… alors j'aide… mais…"

"Mais tu es capable de beaucoup, si tu le veux."

Il a besoin d'air ! Laisse-le en paix !

"Une plante qu'on laisse sans eau ni nourriture finit par se flétrir. C'est exactement ce qui se passe avec toi : tes parents ne te donnent pas assez et tu te flétris."

Laisse-le !

"Et je parie que Shan pense comme moi."
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Lun 15 Fév - 4:06



Lundi 3 Février 2110

Je ne sais pas trop comment j'arrive à parler. C'est difficile et douloureux, sans doute même qu'il est très difficile de me comprendre, mais j'arrive enfin à m'exprimer un tout petit peu. C'est seulement grâce à cela et à l'effort que je fournis pour rendre cela possible que je parviens à répondre aux deux questions qui me sont posées. Elles concernent l'aide que je peux apporter aux autres et ma volonté de ne pas laisser les autres dans une situation similaire à la mienne. Concernant ma situation, je ne sais pas. Elle me semble si normale que je ne comprends pas comment on peut la critiquer avec tant d'insistance. Par contre, je veux protéger les personnes que j'aime. J'ai cette envie de préserver Shan et mes parents. Mais, comme j'essaie de le lui dire, je manque terriblement de force. Je l'ai bien vu quand ces garçons ont fait du mal à mon meilleur ami alors qu'un autre me maintenait pour me laisser assister au spectacle sans que je puisse me dégager. Je suis incapable de protéger qui que ce soit. Cela a même amené cet homme à venir m'aider. Si j'avais été plus fort, nous ne serions pas en train de discuter en l'instant.

Pourtant, quand je tente de lui répéter que je manque de force, il reprend mon "mais" pour prétendre que je suis capable de beaucoup de choses si tant est que j'en ai la volonté. Mais de quoi il parle ? Il a bien vu que je ne peux même pas défendre Shan, non ? Je ne comprends pas pourquoi il me dit une telle chose…

C'est vrai que si tu n'avais pas tenté de me protéger, il ne serait pas venu.

La remarque du chat de fortune n'est pas fausse. C'est sans doute parce qu'il m'a entendu qu'il est venu me voir et qu'il m'a aidé. Mais pourquoi m'avoir tendu la main ? Parce qu'il fait partie des personnes qui ne peuvent pas laisser les autres dans certaines situations ? Parce qu'il tend la main à ceux qui en ont besoin ? Non, cela ne peut pas être aussi simple. Pour qu'elle raison il voudrait me sortir d'une situation compliquée sans me connaître en me disant que mes parents ne sont pas bons ? Je n'arrive pas à trouver un sens à tout cela.

Par contre j'avoue que t'as la force d'un lombric.

Je ne veux pas entendre ça de la part d'un chat alcoolique et trop gourmand pour son propre bien. Mais je ne suis pas en mesure de m'énerver contre lui pour le moment…

Soudainement, sans que j'en comprenne la raison, l'adulte reprend la parole pour me parler des fleurs et la manière dont elles poussent. Je sais que si elles n'ont pas d'eau ni de nourriture elles se fanent puisque je l'ai vu en biologie. J'ai même appris qu'elles ont besoin de soleil en plus de ça. Mais quel est le lien avec tout ce qui vient d'être dit ?

A tous les coups, il va nous sortir une leçon de morale à la con..

Je suis tellement surpris que j'ai l'impression de pouvoir respirer un peu plus librement. C'est étrange puisque je ne sais pas vraiment ce qu'il me veut et si cela est vraiment pour mon bien ou non. Pourtant, je peux le regarder timidement, en relâchant doucement mes vêtements sans pour autant retirer mes mains. Je suis encore essoufflé et ça reste difficile.

Suite à ce qu'il m'a dit sur les plantes, il en vient à une comparaison avec moi. Tout comme les fleurs, j'ai besoin d'eau et de nourriture, mais pas assez pour me développer. Quoi qu'il semble dire qu'il me manque également d'autres choses. Mais quoi ?

J'avoue que Yuki ressemble plus à un bourgeon en perdition.

Encore… Shan est encore en accord avec cet inconnu. Pourquoi ? Parce que c'est un adulte ? Parce que ce qu'il dit est réellement en accord avec ce qu'il pense ? Je n'arrive pas à savoir et ça m'agace et me stresse… Le pire est que, pour une fois, l'adulte semble avoir entendu le chat de fortune mais fait comme si ce n'était pas le cas. Je ne sais plus ce que je dois penser, ce qui est juste ou faux. Ou même ce que je dois faire.

Doucement, tremblant, je reprends la peluche dans mes bras avec autant de douceur qu'il m'est possible de le faire. Puis, difficilement, je me lève pour tenir sur mes deux jambes. Faisant cela, je réfléchis à ce qu'il m'a dit. C'est vrai que je manque de certaines choses comme de la nourriture, mais je reste persuadé que s'ils font ça c'est qu'il y a une raison. Et la seule que je vois est que je suis une mauvaise personne, ce qui est réfuté depuis tout à l'heure…

Ça va mieux maintenant ?

Pas vraiment. Je me sens mal mais je ne veux pas le dire alors que je me sens terriblement exposé et vulnérable. Je porte un regard un peu inquiet sur le professeur avant de demander d'une voix basse, essoufflée et ne cachant pas mes peurs :

Pourquoi vous voulez que je… que j'grandisse comme une fleur ? Pourquoi mes parents auraient tort ?


Je ne veux toujours pas croire que cela soit le cas. Et je ne peux pas imaginer qu'ils ne m'aiment pas. Un monde sans eux n'est qu'un monde sans lumière. Toutes ces personnes qui les critiquent sont comme des nuages noirs qui obscurcissent mon monde...
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Yhsim Kisanagi

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Lun 15 Fév - 15:50
Il ne faut pas seulement de la nourriture et de l'eau à une plante pour qu'elle grandisse. Il lui faut aussi de l'affection, sinon, le résultat n'est pas joli à voir. Tu es ce à quoi ressemble une plante grandie sans affection. Fragile, du genre à manquer de céder à la moindre bourrasque, incapable de vivre normalement. Et incapable de faire confiance aux autres.

...

Tu t'autodétruis, car tu vois bien que jamais tu n'attireras l'attention de qui que ce soit. Car tu vois bien que tu n'arriveras jamais à être apprécié pour qui tu es vraiment. Cela te fait mal à chaque fois de le penser, mais tu sais que c'est hélas l'horrible vérité. Tu sais que les gens se fichent de toi en tant que personne, qu'ils ne voient que le talent de hackeur.


"Pourquoi vous voulez que je… que j'grandisse comme une fleur ? Pourquoi mes parents auraient tort ?"

Pourquoi ? Devrais-tu repartir sur un énième mensonge ? Devrais-tu prétendre que ce n'est que pour son bien que tu fais cela ? Tu finis par reprendre le contrôle malgré que ta crise soit encore présente. Tu hésites, fixant tes poignets couvert par tes longues manches. Tu détestes montrer les cicatrices. Tu souffles doucement. Tu n'aimes vraiment pas parler de ton passé, tu sais que les conséquences ensuite sont horribles. Mais tant pis, il se doit de savoir.

"Pourquoi je fais ça, hein... La personne dont je t'ai parlé... celle qui était toujours rejetée... C'est moi."

Tu remontes une de tes manches, laissant apercevoir la trace blanche sur ton poignet. Cela fait plusieurs années, mais la marque n'est jamais partie. Comme un rappel d'à quel point tu es pitoyable et inutile.

"Je ne veux pas que tu finisses comme moi. A souffrir toute ta vie parce que tu n'as pas été aimé étant plus jeune. A vouloir en finir avec une vie plus que pitoyable."

Voilà, tu as dit toute la vérité.

"C'est parce que je sais à quel point ça fait mal que je refuse que d'autres subissent cela..."
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Mar 16 Fév - 6:08



Lundi 3 Février 2110

Debout sur mes deux jambes, j'ai l'impression que nous sommes revenu à la position que nous avions initialement, avant que je me sente trop mal pour respirer. Je ne saurais pas dire si je me sens mieux ainsi ou autrement. Cela parce que je me sens mal à l'aise de dominer cet homme plus âgé que moi puisque je suis celui qui devrait être guidé. Mais, d'un autre côté, c'est plus confortable car j'ai l'impression que je vais pouvoir fuir un danger plus facilement. Enfin… il y a de grandes chances que cela va sans doute rester une simple impression puisque je ne l'ai plus jamais fait depuis que j'ai compris que je ne suis pas assez rapide pour ça. Je suis bien trop lent pour faire tout ce que j'entreprends. C'est quelque chose qui m'est très souvent reproché, mais je n'y ai pas pensé lorsqu'il a fallu que je réponde à la question concernant ce que mes parents détestent chez moi. Je suis vraiment bête… Comment peut-on dire que mes parents ont tort quand on voit que cela est une grande vérité ? Il n'y a peut-être pas que ça, mais n'est-ce pas un détail ? Pour moi, mes parents ne peuvent pas avoir tort… pas autant qu'on veut me le faire croire.

J'observe un peu l'adulte en écoutant Shan. Ce dernier tente vainement de me donner les raisons pour lesquelles je devrais arrêter de les défendre. La principale reste essentiellement qu'ils pourraient finir par me tuer, et que ma mère n'en serait certainement pas triste du tout. Mais je ne veux pas l'écouter. Je ne veux pas y croire. Si c'était vrai, pourquoi a-t-elle pris le temps de m'éduquer, de me parler ou même de me montrer son amour ? Cela ne me paraît pas du tout logique, bien que je ne lui en dise absolument rien. En vérité, après un moment, je me sens étonné de voir mon interlocuteur accroupi regarder ses mains. Enfin, je crois que ce sont ses mains qu'il regarde intensément un instant. Je ne peux malheureusement pas être catégorique puisque je ne suis pas dans sa tête et je ne le connais pas. Je ne connais même pas son nom alors que je lui ai donné le mien. Je n'aurais jamais dû le faire. Qui sait ce qu'il est capable de faire maintenant ? Et s'il venait à briser ma famille ? Tout cela serait de ma faute…

Je ne sais pas à quoi il pensait, mais je l'entends finalement soupirer. Il en a marre. J'ai encore été trop insistant et je n'aurais pas dû. Pourquoi je n'ai pas juste dit "oui, je vais y réfléchir" pour ensuite m'en aller rapidement pour ne plus trop y penser. Je ne peux plus revenir en arrière. Je suis donc obligé de faire face à sa réaction. Je me sens alors extrêmement surpris quand il reprend très calmement la parole. Et s'il la reprend, c'est pour me faire un aveux. Mes yeux s'agrandissent quand j'apprends que, depuis le départ, il me compare à lui quand il était plus jeune. Jamais je n'aurais cru ça possible. Même Shan en devient muet tellement il ne s'y attendait pas du tout. Voilà pourquoi nous nous échangeons un regard silencieux avant de reporter notre attention sur lui qui remonte ses manches longues pour dévoiler ses poignets. Je n'en comprends pas tout de suite la raison. Pas avant de découvrir des lignes barrant ses poignets comme celles que je me fais très régulièrement. Lui aussi se punit-il ? Pour qu'elle raison ? Parce qu'on ne s'occupait pas de lui ? Si c'est vraiment le cas, comment faisait-il pour savoir quand le faire ?

Je me pose mille et une questions. Tant et si bien que j'ai du mal à me concentrer sur les dires de mon professeur qui m'explique qu'il ne veut pas que je devienne comme lui, que je souffre. Tout ce qu'il me dit m'attaque alors que ce n'est pas méchant. Les mots me rongent. J'ai l'impression que je vais me briser. Il a les mêmes marques que moi même si elles sont plus vieilles. Il sait de quoi il parle, mais je ne peux pas le croire ou accepter ce qu'il me dit. Je ne veux pas me séparer de mes parents. Ils sont tout pour moi. Pourquoi d'autres seraient plus gentils qu'eux ? Pourquoi ne seraient-ils pas désespérés par ce que je fais ? Je n'ai pas l'impression que ce soit logique.

Je comprends mieux le sens de certains questions, maintenant.

Pas moi. Je suis complètement perdu… J'ai envie de lui montrer mes bras, mais j'ai tout aussi peur de le faire. Ma main tenant donc mon avant-bras pour maintenir Shan contre moi se resserre comme pour cacher un peu plus les marques que je me suis faites volontairement. Et, faisant cela, je lui annonce d'une voix brisée :

Je peux pas… je veux pas quitter mes parents. Ils sont… ils sont tout pour moi… Je veux pas les quitter… sans eux je suis perdu… je…


Je suis obligé de me punir pour rester sur le droit chemin. Un droit chemin aussi flou et tordu qu'une route sous une forte chaleur.
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Yhsim Kisanagi

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Mar 16 Fév - 15:33
Tu aurais aimé que quelqu'un soit là pour toi quand tu étais plus jeune. Que quelqu'un soit présent pour te montrer qu'il y avait une autre voie, pour te montrer que tu pouvais être aimé pour qui tu étais et pas juste pour tes talents. Mais tout le monde se moquait bien de ce qui pouvait arriver au "petit intello", au "binoclard" et autres joyeuses insultes qu'on pouvait te balancer en plein visage. Quand tu tentais de te plaindre, on t'enfonçait davantage, en prétendant que ce n'était qu'un "jeu".

Et c'était cela le pire. Pas de te faire insulter, pas de te faire humilier... non, c'était bien dénigrer ta souffrance. Prétendre que tu exagérais, voir les parents de ces brutes prétendre que "JAMAIS AU GRAND JAMAIS" leur enfant ne ferait cela. Voir leurs sourires moqueurs... Rien que d'y repenser, tu avais envie de saisir le premier objet tranchant à portée pour te l'enfoncer dans la gorge. Mais trop de témoins potentiels dans les alentours, trop de personnes susceptibles de t'en empêcher.

Tu agis toujours lorsque personne ne peut te voir, puisque si tu agis au grand jour, on t'en empêche car "on ne voudrait pas perdre quelqu'un avec vos compétences"... Il n'y a que cela qui compte pour eux. Tes "talents". Tes "compétences". Pas la personne que tu es.


"Je peux pas… je veux pas quitter mes parents. Ils sont… ils sont tout pour moi… Je veux pas les quitter… sans eux je suis perdu… je…"

Tu voudrais le sortir de là. Lui faire ouvrir les yeux. Et tu n'as qu'un seul moyen pour y parvenir... mais il refuse. Tu sais qu'une fois rentré chez toi, tu retenteras à nouveau de mettre fin à ta souffrance, juste à cause de cette conversation. Et tu sais que ton vieil ami débarquera à temps pour t'en empêcher.

"... Je ne peux pas te forcer la main... mais... Si jamais tu veux vraiment voir comment ils sont, si tu veux savoir à quel point ils se fichent de toi, tu n'auras qu'à revenir me voir."

S'il revient vers toi, ce sera un miracle.
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Mar 16 Fév - 17:57



Lundi 3 Février 2110

J'ai l'impression que personne n'est capable de comprendre ce que je ressens pour mes parents. Cet homme n'a pas reçu l'amour de sa famille et a été seul tout ce temps. C'est triste à penser, mais je ne pense pas qu'il puisse imaginer combien je tiens à eux et à quel point ils sont ma lumière. Les autres sont bien trop dans leur monde confortable, plein  de joie et d'amour pour se rendre compte que tout le monde n'a pas la même chance d'être une assez bonne personne pour mériter la moitié de ce qu'ils ont obtenu. Le pire est sans doute qu'ils sont tout de même capables de se plaindre. J'imagine que cet homme doit s'arracher les cheveux face à de tels comportements puisqu'il dit ne pas avoir eu le quart de leur bonheur. De même qu'il doit se trouver con, désemparé ou incapable de comprendre, face au refus que je viens de faire. Je ne sais pas exprimer ce que je ressens. Tout comme il m'est impossible d'extérioriser cette sensation de me déchirer quand on dit du mal des personnes qui me sont les plus précieuses au monde. Surtout quand je pense au fait qu'ils semblent incapables d'imaginer la souffrance qu'ils me font subir avec de telles paroles.

Pour une fois, l'adulte ne me pose pas de question et ne cherche pas non plus à me convaincre. Au contraire, j'apprécie qu'il ne veuille pas me forcer à penser comme lui. Cela m'aide un peu à me détendre. Un peu comme si je venais d'être libérée d'un certain poids.

Il est plutôt sympa comme type.

En tous cas, Shan est complètement conquis. Je ne sais pas ce qu'il a contre mes parents, ni pourquoi il ne m'en a pas parlé plus tôt s'il n'était pas d'accord avec tout ce qu'il se passe à la maison, mais il est complètement d'accord avec ce qui m'a été dit. Je ne sais pas comment réagir tant je me sens meurtri et déchiré. Encore plus quand il me propose de venir le trouver si je viens à changer d'avis, si je souhaite un jour découvrir ce que mes parents pensent réellement de moi. Je me mord la lèvre pour m'en arracher de la peau lentement.

On sait même pas vot' nom, m'sieur !

Le chat de fortune n'a pas tort, mais ce n'est pas vraiment ce qui m'interpelle le plus. C'est surtout qu'il n'a toujours pas lâché prise. C'est fou mais… il ne compte pas changer d'avis sur mes parents. Je ne peux pas croire qu'il puisse avoir raison et encore moins que mes parents pourraient me faire du mal sans que cela puisse être de ma faute.

Allez ! Dites-nous qui vous êtes !

Le manque de réponse énerve beaucoup Shan qui commence à s'agiter malgré ses blessures. Lentement, je hoche la tête pour montrer que j'ai compris ce qu'il m'a dit. Mais je ne pense pas venir à lui un jour. Je ne vois pas comment cela serait possible.

Allez ! Votre nom ! Oh !!

Doucement, je commence à me détourner en annonçant d'une voix presque éteinte, un comme lorsque je lui ai avoué que je ne peux pas accepter ce qu'il m'a dit sur ma famille :

Je… je vais retourner en cour, monsieur…


Non mais, Yuki ! Il t'a pas dit son nom !

Merci encore… pour votre aide…


Sur ces mots, pas trop sûr de moi, je commence à m'en aller dans le couloir pour rejoindre ma salle de classe. J'aimerais me couper à nouveau à cause de cette conversation, mais je ne peux pas me permettre de rater ou sécher des cours. Si je viens à le faire, j'aurais de mauvais résultats et je serais grondé car cela ne fait pas de moi une bonne personne. Shan, quant à lui, en vient à me bouder une bonne partie de la journée. Sans doute m'en veut-il de ne pas avoir accepté l'aide de cet homme. Mais… je ne peux pas tourner le dos à mes parents. Je les aime trop pour ça...


Dernière édition par Yuki Donovan le Ven 27 Aoû - 12:39, édité 1 fois
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Yhsim Kisanagi

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Mar 16 Fév - 21:26
Tu espères qu'il reviendra te voir... sincèrement. Tu voudrais le sauver de la torture qu'il subit, de l'enfer dans lequel il est plongé au quotidien. Tu ne pourras pas rester sans rien faire, mais aller contre son avis serait pire... alors, tu te dis que tu n'auras pas d'autre choix que de faire certaines choses que toi seul sais. Pirater l'historique de leurs ordinateurs, par exemple. Peut-être que tu ne trouveras rien de compromettant, peut-être que ce sera en vain... mais au moins, tu n'auras pas l'impression de complètement l'abandonner.

Tu pourras aussi demander à Vladimir de garder un œil sur eux. Pas de façon officielle, mais de façon discrète. Juste histoire de s'assurer qu'ils n'iront pas trop loin, histoire de garder un minimum le contrôle. Tu restes les mains liées, incapable de réellement agir, mais tu ne veux pas le laisser sans un regard discret. Juste assez pour qu'il sache que tu es là si besoin.


"Je… je vais retourner en cours, monsieur…"

C'est vrai, quel égoïste tu peux faire. S'il sèche un cours, il aura des ennuis. Décidément, tu ne t'arranges pas...

"Merci encore… pour votre aide…"

Et tu réalises un oubli alors qu'il s'éloigne. Il ne connaît pas ton nom, et même si tu doutes que deux personnes aient tes traits de visage, tu l'interpelles une dernière fois.

"Si tu as besoin, demande Kisanagi... C'est mon nom..."

Tu le regardes repartir, retenant un soupir attristé. Une fois qu'il est hors de ta vue, tu fermes les yeux avant de les rouvrir, passablement en colère. Tu fais volte face et tu pars à la recherche du petit groupe d'étudiants de tout à l'heure, pour leur annoncer leur punition effective... tu sais que c'est cruel. Mais tu dois le faire.
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