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Apprends la sagesse dans la sottise des autres - Yhsim
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Mer 3 Fév - 0:22



Lundi 3 Février 2110

Ce week-end je n'ai pas été trop puni. Apparemment je ne fais plus trop de bêtises. Du moins, je ne leur dis pas tout ce qui se passe à l'école, donc ils ne sont pas au courant pour celles pour lesquelles je me suis puni seul, sans parler du fait que l'école ne leur dit rien. Ils n'ont même pas appris pour ma balade nocturne le lendemain de mon anniversaire. Tant mieux. Je ne souhaite pas qu'ils apprennent à quel point je suis une mauvaise personne. À côté de cela, j'ai, jusque-là, obtenu de bonnes notes. Aucune n'est en dessous de treize depuis la rentrée de janvier. Du coup, ils n'ont été en colère qu'à cause de mes maladresses et mon mauvais comportement à la maison. J'ai encore du mal à utiliser tout le temps ma main droite au lieu de la gauche. Et comme je ne suis pas repris au sein de l'académie, j'ai l'impression de perdre cette bonne habitude. Je me dois donc de faire plus attention à ce genre de choses sans quoi je risque de continuer à tout faire de travers. En plus, malgré sa mauvaise humeur par ma faute, papa m'a montré son amour. Je suis content de savoir qu'il n'est pas trop fâché comme maman.

C'est donc un peu fatigué que j'arrive à l'école ce matin. J'ai fait mes devoirs correctement et je connais mes leçons par cœur pour les contrôles à venir. La seule chose qui puisse vraiment me faire peur cette semaine c'est que mes parents m'ont demandé de venir mercredi après mes cours. Je sais qu'ils veulent me voir parce qu'ils m'aiment très fort et que je leur manque, mais… après le cadeau qu'ils m'ont donné à noël et pour mon anniversaire, je n'arrive pas à être serein.

T'auras qu'à m'emmener avec toi.

Shan à la tête sortie de mon sac de cours. Il s'est glissé dans mon sac et il me parle comme s'il était capable de deviner mes pensées. Autour de moi, tout le monde me regarde bizarrement et je n'aime pas ça. Je sais quelle en est la raison même si je ne la comprends pas du tout. C'est à cause du chat de fortune. Voilà pourquoi je pousse sur sa tête pour qu'elle ne dépasse plus de mon sac. Le malmené ne rate pas l'occasion de râler, comme à chaque fois que les choses ne vont pas dans son sens :

Eh ! Qu'est-ce qui te prends ? Je cherche juste à t'aider moi-aaah !

Je suis persuadé que tout le monde l'a entendu tant sa voix résonne. Je n'aime pas ça du tout. J'ai dû déranger absolument tout le monde et je ne supporte pas les regards qui me fixent comme si j'étais le pire des criminels. … C'est peut-être le cas ?

En arrivant dans la salle de classe, je me rends compte que tout le monde s'est tu d'un coup, comme si je pouvais utiliser ce que je pourrais entendre contre eux. Je ne l'ai jamais fait car je n'en vois pas l'intérêt. Ce n'est pas à moi de les punir pour tout ce qu'ils font. Alors pourquoi me fixent-ils ? Je comprends dès que je découvre mon bureau et que je le regarde avec un air interdit : certains d'entre eux, sans doute les coupables fiers de ce qu'ils ont fait, se mettent à pouffer et me demander ce qu'il m'arrive. Je ne leur réponds pas. Cela n'en vaut pas la peine. Dans mon sac, Shan s'agite :

Laisse-moi sortir, Yuki ! J'vais t'aider à leur casser la gueule.

Reste tranquille.


Après lui avoir fait cette simple demande, je pose mon sac sur ma chaise et vais chercher de quoi nettoyer tout ça en espérant que ce n'est pas fait au marqueur indélébile. Malheureusement, j'ai beau frotter, tout ne s'efface pas. Il y a les pires mots qui restent car ils sont gravés dans le bois. J'ai mal au cœur. Je sais que je suis mauvais et qu'il n'y a que mes parents avec Shan qui m'aiment un peu. Je n'ai pas besoin qu'on me le dise encore et encore, sans tenir compte de la façon dont je me sens. Ainsi, c'est dans un profond malaise que je commence les cours de la matinée dont certains nous proposent des devoirs surveillés. J'espère vraiment les avoir réussis car mes parents ne seront pas contents si j'ai de mauvaises notes, même si c'est parce que je me sentais mal… C'est déjà arrivé que je sois allé en cours avec une forte fièvre parce que je n'ai pas le droit de dire que je suis malade. Ils pensent que je mens pour échapper à mes obligations même si ce n'est pas du tout le cas. J'ai été dispensé de force ce jour-là et, quand ils l'ont appris, la colère à laquelle j'ai dû faire face m'a fait passer l'envie de montrer si je vais bien ou non.

Ce midi, je n'ai que très peu mangé : un simple morceau de pain pas trop cher pour que je puisse le payer avec les quelques yens qu'il me restait. Je l'ai dévoré dans un coin en parlant avec Shan. Il a deviné, comme toujours, comment je me sens. Il me demande de me défendre, de leur faire du mal pour qu'ils comprennent ce que je ressens à chaque que trouve ce genre d'horreur en regardant mon bureau ou en ouvrant mon casier. Mais ce serait mal. Et je veux être un bon garçon. Pourtant, malgré cette envie, ce devoir que je porte, j'ai pensé le temps d'un instant que le chat de fortune n'avait pas tort. Ce serait tellement bien qu'ils me regardent comme si j'étais leur égal, qu'ils arrêtent de me prendre de haut. Heureusement, je me suis rendu compte que c'était une énorme bêtise et je suis allé me punir dans les toilettes. Ma lame étant alors dans la poche de pantalon de mon costume, je n'ai eu qu'à m'enfermer et prendre le temps de faire ce que je voulais sur le bras avant de nettoyer le tout pour que personne ne le remarque.

En sortant des toilettes, je vois des garçons qui semblent attendre quelque chose dans le couloir. Je les regarde un instant en serrant Shan contre moi. Je ne suis pas à l'aise du tout, surtout qu'ils n'arrêtent pas de me fixer maintenant qu'ils ont cessé de discuter entre eux à voix basse. Je ne sais pas quel était le sujet et, au fond, cela ne m'intéresse pas du tout. Alors, espérant ne pas avoir de problème, je commence à partir pour rejoindre ma salle de classe. À ce moment-là, un des garçons se permet de dire aux autres qu'il avait raison en me traitant de choc de molle étant donné que je ne veux pas les regarder dans les yeux.

Non mais comment vous parlez espèce de sales morveux !

Shan, tais-toi…


Mon murmure n'est malheureusement pas passé inaperçu, ce que je comprends en entendant les réactions de ces garçons. Ils m'imitent en rigolant à gorge déployée, comme si la meilleure blague du monde venait de leur être racontée. Ils en profitent d'ailleurs pour me traiter de fou, prétendant également que je ferais mieux de me faire interner pour le bien de tous. En plus de tout ça, comme si cela ne suffisait pas, ils me suivent de près. Ils sont proches. Beaucoup trop proches. Ce qu'ils me disent me fait mal. Beaucoup trop mal. Mais, le pire, c'est que Shan n'arrête pas de répondre à leurs provocations. C'est horrible. Je veux que ça s'arrête !

Plus loin, dans un couloir proche des salles de classes, un des garçons qui me suivent passe devant moi et profite de mon instant de surprise pour prendre le chat de fortune de mes bras. Je tente de le rattraper, mais ce mec est trop grand, sans parler des deux autres qui tentent de m'immobiliser en l'appelant "mauviette", "erreur de la nature" et bien d'autres injures qui ne font que me blesser un peu plus. Dès que je suis maintenu fermement, le projet de "découper" la peluche qui hurle de peur et de colère est décidé. J'ai beau me débattre, je ne peux que tenter de les supplier alors qu'ils ne font que rire en chantant les endroits les plus fragiles de mon ami.

Arrêtez ! Shan ne vous a rien fait ! Et moi non plus ! Laissez-le tranquille ! S'il vous plaît, arrêtez.


Mais cela ne fait que les amuser d'avantage. Je ne sais plus quoi faire...
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Yhsim Kisanagi

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Jeu 4 Fév - 22:21
Plus ça allait, plus ces élèves t'insupportaient. Ce n'était pas faute de vouloir leur expliquer les conséquences néfastes du harcèlement, mais... à croire que ça ne rentrait pas dans leur caboche. Tu avais été plus d'une fois tenté à leur rentrer la leçon d'une manière différente, mais l'idée même de te servir de tes crises pour cela te rebutait. Rien que le fait de te souvenir encore et toujours que tu avais perdu le contrôle face à ton ami te plombait le moral. Et de plus, tu avais l'impression que le problème ne serait pas résolu.

Tu étais comme à l'habitude présent au sein de l'académie, même si tu n'avais pas franchement de cours aujourd'hui. Ne serait-ce que pour faire plaisir à Kei qui semblait apprécier ta compagnie entre deux cours de mathématiques... Pourquoi tu te souciais de lui, au fait ? Ce n'était pas comme s'il voyait autre chose en toi qu'un ami. Tu secouas la tête, soupirant intérieurement.

Tu sais pourtant que ce serait le seul moyen de les pousser à vraiment te respecter...

Et comme si tu n'en avais pas assez à supporter, voilà que cette maudite petite voix revenait te harceler. Tu tentas de l'ignorer, regardant machinalement les élèves qui passaient. Tu finis par t'adosser à un mur, fixant un point invisible, retirant tes lunettes pour te masser les tempes. Foutues insomnies... tu passais de plus en plus de nuits blanches. Et l'endroit où tu étais n'arrangeait rien, hélas.

Tu remis tes lunettes en place, et ton attention fut attirée par des éclats de rire. Un groupe de garçons riait en imitant un plus jeune qu'eux, et si tu ne comprenais pas complètement ce dont ils parlaient - entendant juste parler d'interner quelqu'un - tu n'aimais pas cela. Tu sentais d'ailleurs le début d'une de tes habituelles crises survenir, et tu songeas avec amertume au fait que tu n'avais rien pour la contenir. Impossible de t'entailler la paume de la main. Tu jures intérieurement, décidant d'essayer d'ignorer tout cela...


"Arrêtez ! Shan ne vous a rien fait ! Et moi non plus ! Laissez-le tranquille ! S'il vous plaît, arrêtez."

Mais les mots du jeune garçon à la peluche et le fait que ces grands nigauds ont pour projet de découper la dite peluche achèvent ce qu'il reste de tes bonnes convictions. D'un pas furieux, tu t'approches du groupe et tu tends une main ouverte pour qu'ils te rendent la peluche.

"Donnez-moi ça."

"Oh, allez, on fait que s'amuser, M'sieu..."

S'amuser, hein... toi aussi tu peux t'amuser à leur petit jeu... Une petite bousculade accidentelle dans les escaliers tout près...

"Ce n'est pas à discuter. Vous lui rendez ce qui lui appartient et vous fichez le camp. Si je vous surprends encore à lui causer des ennuis..."

Ton regard se fait plus dur alors que tu fixes celui qui tient la peluche. Tu aurais pu les menacer de les balancer dans l'escalier... mais tu as une autre idée en tête.

"Je vous oblige à nettoyer l'intégralité des sous-sols de nuit. J'ai cru entendre que certains de nos internés avaient besoin de rencontrer des gens..."

Le ton était clair : tu n'aurais aucune hésitation à les laisser seuls face aux pires des cas que l'académie comportait. Tu vis un éclat d'inquiétude passer dans le regard de celui que tu avais face à toi, et ils te rendirent la peluche avant de finalement partir. Un soupir t'échappa.

"Ils sont fatigants... Ce n'est pourtant pas la première fois que je leur demande d'arrêter ce genre d'actions..."

Peut-être faudrait-il mettre tes mots en action ?

Tu ignores de nouveau la petite voix dans ta tête et tu te retournes vers le jeune garçon, lui rendant sa peluche.

"Je crois que Shan n'a rien... Je te laisse vérifier..."
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Ven 5 Fév - 3:38



Lundi 3 Février 2110

Je suis désespéré. Je ne sais plus quoi faire. Surtout que le garçon qui me maintient à assez de force pour me garder en place et me prendre par les cheveux pour me forcer à regarder ces enflures faire du mal à Shan. Ce dernier hurle, maudit, supplie et teint comme jamais. Nos deux voix se mêlent aux rires et aux commentaires glaçants de nos bourreaux. Pourquoi font-ils ce genre de choses ? Qu'y gagnent-ils ? De la satisfaction ?  Je ne comprends pas en quoi… En plus de ça, je n'ai absolument rien fait de mal. Je ne les connais pas. Je ne leur ai jamais parlé. A la limite, peut-être que mon ami les a insultés, mais ils n'en font pas mention. Quand je les écoute parler, ils ne semblent pas vouloir se venger de quoi que ce soit. Tout ce qu'ils veulent… c'est me voir pleurer et supplier. Et encore, ce n'est pas assez. Ils veulent savoir comment je vais réagir à la mort du chat de fortune. C'est tellement cruel… Et, le pire, c'est que leurs expressions me rappellent celles de mes parents. Je n'ai rien fait de mal, alors pourquoi réagissent-ils comme eux ?  Je ne comprends rien et je ressens une profonde solitude mêlée à un sentiment de faiblesse qui me blesse terriblement. Je suis incapable de protéger ceux qui me sont chers…

Soudain, des bruits de pas sourds retentissent dans le couloir et je vois un homme arriver, me dépasser. Celui qui est derrière moi est aussi surpris que moi et réagit sans penser à mon bien-être : il me lâche sans prendre en compte si je vais tomber ou pas. J'aurais pu tenir sur mes jambes, si je ne me sentais pas autant au pied du mur. Je ne vois que le dos du professeur et les agresseurs. Le premier demande à ce que Shan lui soit donné. D'abord stupéfaits, les kidnappeurs se reprennent cependant et commencent à marchander en prétendant qu'ils ne font que s'amuser. Ah pour ça, oui, ils s'amusaient. Pourtant, cela n'avait absolument rien de drôle. J'ai la nausée et la tête qui tourne un peu. Pourtant, je reste attentif. Je veux pouvoir être là pour Shan dès qu'il sera libre. J'espère qu'il le sera… j'ai extrêmement peur. Je ne l'entends plus et il a l'air complètement sonné alors qu'il pendouillent à bout de bras de celui qui le tient et le secoue comme un princier. Pourquoi le traite-t-il aussi mal, bon sang ?!

Loin de se décourager, le professeur insiste à ce qu'on me rende ce qui m'appartient. Je ne comprends pas trop ce qu'il veut dire par là puisque Shan est vivant, il ne peut pas d'appartenir. S'il reste à mes côtés c'est seulement parce qu'il le veut bien. Mais il est tout de même vrai que je souhaite ardemment avoir mon ami près de moi, vérifier s'il va bien et, surtout, s'il va s'en sortir. De là où je suis, je ne peux pas bien voir. Et vu comment il hurlait, je suis persuadé que c'est grave. Une inquiétude qui est rapidement remplacée par une peur immense alors que les garçons sont menacés. Une peur provoquée par le ton menaçant du professeur alors qu'il leur annonce ce qui pourrait leur arriver : nettoyer les sous-sol de nuit avec la possibilité de croiser des internés. Je pense alors à Aiji qui m'a dit qu'il en est un lorsque je l'ai rencontré. Pourquoi je pense à lui ? Parce qu'il est le seul à m'avoir parlé depuis longtemps sans jamais se moquer de moi ? Même si c'est le cas, il me cache peut-être quelque chose. Cette idée m'effraie tout autant que l'intonation de l'adulte.

Ce dernier est apparemment parvenu à ses fins puisque les agresseurs finissent par lui donner Shan avant de décamper. Je me demande si c'est l'homme qui soupire, le ton employé, l'idée de la corvée ou la peur de croiser des internés qui leur a fait changer d'avis. Je peux comprendre dans les trois premiers cas, mais pourquoi rencontrer des gens serait-il si angoissant pour eux ? Je veux dire, si on prend l'exemple se Aiji, à part le fait qu'il morde jusqu'au sang et que les gens le prennent pour un fou, je ne vois pas ce qu'on lui reproche. Je ne sais même pas pourquoi on dit de lui qu'il est fou… J'y réfléchis longuement, sans écouter ce que dit le professeur qui parle pour lui-même. Ce sont les bruits de ses pas alors qu'il se tourne vers moi que je relève la tête dans sa direction. Il me tend Shan en prétendant penser qu'il n'a rien. Je me relève rapidement et, tremblant, inquiet, je récupère mon meilleur ami qui semble sortir doucement de son inconscience.
M-merci…


Je l'entends qui gémit et ça me fend le cœur et me détourne complètement de notre sauveur. Doucement je le caresse en le portant comme je l'aurais fait avec un chat en lui parlant :

Ne t'en fais pas, Shan. Ça va aller…


Si tu veux m'faire croire des conneries pareils, faudrait d'jà que tu l'penses…


L'entendre râler me rassure un peu, mais pas assez pour me détendre. Doucement, je me mets à le tâter un peu partout. Je l'entends grommeler alors que je sens ses plaies (quelques points de couture qui ont sauté), mais rien qui ne mette sa vie en danger.

Désolé Shan, mais tu vas devoir repasser l'épreuve de l'aiguille et du fil.


Ah non ! Jamais d'la vie ! T'es trop brutal ! En plus ça m'laisse des cicatrices !

Mais… Shan… Si on fait rien, ça va s'aggraver…


En même temps, qu'elle idée de me lâcher, hein ?! Si tu m'avait tenu correctement, on ojsnfhebihfenid !!



Énervé par ses commentaires agaçants, je lui tire une de ses joues, ne cachant clairement pas ce que je ressens. Puis, sans le lâcher avant d'avoir terminé de parler, je le réprimande :

Au lieu de dire des conneries, remercie la personne qui t'a aidé.


Jamais !

Hein ?! Mais…


Choqué par la réaction de Shan et paniqué par la réaction que pourrait avoir l'adulte face à ce refus catégorique, je me mets à les regarder tour à tour, sans savoir quoi faire.
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Yhsim Kisanagi

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Ven 5 Fév - 22:53
Si tu laisses planer la menace d'un séjour de nuit prolongée dans les sous-sols, c'est parce que tu sais que certains des internés sont particulièrement violents et impulsifs. S'ils sont là-bas, ce n'est pas pour faire joli, c'est bien en raison de leur dangerosité. Tu en as déjà croisé un en dehors de l'académie... bah, pas que ça te concerne spécialement. Ils font ce qu'ils veulent de leur temps libre, tant qu'ils ne se mettent pas à harceler d'autres élèves qui n'ont rien fait.

Un peu comme ce pauvre gamin... Tu lui rends sa peluche, qu'il s'empresse de récupérer avant de te tourner le dos, bredouillant un faible "Merci". Tu as juste agi comme tu l'aurais fait avec n'importe quel autre élève harcelé.


"Ne t'en fais pas, Shan. Ça va aller…"

Quand tu y penses, c'est un drôle de nom pour une peluche... mais tu ne prononces pas la remarque à voix haute.

"Désolé Shan, mais tu vas devoir repasser l'épreuve de l'aiguille et du fil."

Chose somme toute logique pour une peluche... Tu choisis de ne pas trop te mêler de ce qui semble être une conversation intérieure. Après tout, il parle seul possiblement pour se rassurer. Toi, il t'arrive de ronchonner seul dans ton coin par moments, alors, c'est normal.

"Mais… Shan… Si on fait rien, ça va s'aggraver…"

Cette phrase te fait sortir de tes pensées. Il parle comme si sa peluche lui répondait. Comme si c'était un animal conscient... Tu savais que certains étudiants étaient malades sans pour autant nécessiter d'être internés, mais tu n'aurais jamais cru en avoir un face à toi. Et comme si tu avais besoin d'une confirmation de plus, le jeune garçon reprit la parole.

"Au lieu de dire des conneries, remercie la personne qui t'a aidé."

A en juger par son regard, sa "peluche" lui a dit non... Comment désamorcer cette situation quelque peu complexe... ta spécialité, c'est le hacking, pas de gérer des cas de ce genre !

Il finira par se rendre compte que tu ne le comprends pas... et bonjour les ennuis !

Tu envoies cette petite voix se faire voir, et tu regardes attentivement le jeune garçon. Ton visage exprime une légère interrogation, sans plus.

"Quelque chose ne va pas ?"

Tu ne sais pas comment réagir, pour être sincère. Tu sais juste que tu es à la limite d'une crise, à cause de ces imbéciles. Qu'il parle à sa peluche n'est pas dérangeant.
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Sam 6 Fév - 21:40



Lundi 3 Février 2110

Je suis terriblement triste de ne pas avoir su protéger mon seul ami. Le seul qui m'écoute et qui reste à mes côtés en toutes circonstances. Je vois bien qu'il souffre même s'il cherche à jouer les gros durs. Comment pourrait-il en être autrement ? Il a des coupures au niveau des articulations et je crois qu'une de ses anciennes blessures que je lui avais soigné s'est rouverte. Et tout ça par ma faute. Il n'a pas besoin de le dire, ni même de me mentir. Si j'avais été plus fort et peut-être même un peu plus grand, je serais parvenu à protéger ce chat cher à mon cœur. Ça me rend malade qu'on s'en soit pris à lui. Certes, il est malpoli, direct, vulgaire et même blessant, mais d'habitude cela ne gêne absolument personne. Pourquoi maintenant ?  Je ne comprends vraiment pas les raisons à tout cela ne fait que renforcer la gratitude que j'ai envers le professeur de nous avoir aidé. Il n'y a rien qui l'y obligeait et je me sens coupable de ne pas vraiment lui montrer toute la gratitude que je ressens à l'égard de son geste. Une gratitude qui ne semble pas du tout partagée par le chat de fortune qui refuse catégoriquement de le remercier correctement.

Je ne sais pas du tout quoi faire. En plus, le professeur doit l'avoir entendu puisque le chat ne l'a pas seulement marmonné, son refus. Mon regard ne peut alors aller que de Shan à son sauveur et vice-versa. Je suis certain qu'il attend des remerciements dignes de ce nom. Le fait qu'il n'en reçoive pas pourrait nous valoir une forte punition, ou d'être sévèrement grondé. Tout ça parce que le matou refuse de dire un simple "merci" comme je l'ai fait un peu plus tôt. J'ai vraiment peur de ce qui va arriver. Et même si c'est le cas, il est impossible que puisse m'en aller comme ça. A côté de ça, je ne suis malheureusement pas capable de faire changer d'avis celui qui est dans mes bras. Il est bien trop têtu. Voilà pourquoi je ne sais pas quoi faire. Cela se lit sur mon visage et n'émeut clairement pas mon ami qui se repose en attendant de pouvoir se soigner tout en gardant une oreille attentive. Je le connais par cœur alors je sais reconnaître ce genre de signe dans son comportement. Tout comme il sait lire en moi comme dans un livre ouvert.

Contrairement à celui que je connais depuis ma tendre enfance, le professeur me demande si quelque chose ne va pas. Je le regarde un instant, surpris que la question me soit posée. Je ne m'y attendais pas du tout étant donné que personne ne s'en soucie vraiment. Pour autant, je ne sais pas comment lui avouer qu'il n'aura pas de remerciements en bonne et due forme. Cela pourrait le mettre très en colère. Pour le moment, il est calme et j'aimerais que cela soit encore le cas jusqu'à ce que je m'en aille. Est-ce trop demandé ? J'espère que non alors que je cherche mes mots, le regard un instant perdu dans le vague, détourné de l'adulte. Puis, avec un comportement totalement craintif, n'osant plus le regarder dans les yeux, je lui avoue :

Euh… Shan ne veut pas… enfin… euh… il ne veut pas vous dire… … merci…


Eh t'étais pas obligé de lui dire !


J'offre un regard accusateur à l'intéressé râleur qui se permet également de me dire ce que je dois faire ou non. À tous les coups, c'est encore moi qui vais me faire gronder alors que j'ai dit merci ! Mes parents m'accusent toujours de mentir ou d'inventer des histoires quand je leur dis ce genre de choses. Pourtant, ce n'est pas vrai !
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Yhsim Kisanagi

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Sam 6 Fév - 22:58
Tu devines que quelque chose le perturbe, vu comment il te regarde. Et au plus tu l'observes, au plus son comportement te semble familier... horriblement familier. Tu as un goût amer en bouche, en même temps que tu sens de vieilles blessures se raviver en toi. Des blessures jamais vraiment guéries. Tu ne mets pas longtemps à identifier pourquoi tu lui trouves un air familier, pourquoi tu souffres intérieurement : il est comme toi quand tu étais jeune.

Harcelé. Craintif. Visiblement mal aimé. Il ne lui manque plus que des lunettes, des parents qui ne l'aiment pas et des notes de premier de la classe, et il serait presque littéralement la réincarnation de l'enfant que tu as un jour été. Et cela accentue la colère qui bouillonne en toi, cela amplifie cette crise menaçante. Il faut que tu gardes le contrôle, il n'y est pour rien...


"Euh… Shan ne veut pas… enfin… euh… il ne veut pas vous dire… … merci…"

C'était donc cela qui le tracassait. Le fait que sa peluche - ou son ami imaginaire - refusait de te remercier. Tu secoues doucement la tête, insultant au passage ta paranoïa intérieure que tu sens venir. Ca ne t'aide pas complètement, mais au moins, ça te soulage un peu de la tension qui te grignote.

"Ce n'est pas grave s'il ne veut pas. Tu as dit merci pour lui, et c'est amplement suffisant."

C'est la vérité. Tu sais qu'il ne faut pas trop en demander, car forcer plus de remerciements n'aurait qu'un effet délétère.

"Dis-moi... ces élèves, ils te harcèlent depuis longtemps ? Est-ce qu'ils s'en sont déjà pris à Shan par le passé ?"

Si tu apprends qu'ils ont fait pire que cela, tu connais quelques têtes qui vont avoir droit à un séjour prolongé dans les souterrains avec les pires des internés...
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Dim 7 Fév - 2:53



Lundi 3 Février 2110

Que va donc me valoir cet aveux que je viens de faire ? Des coups ? Des cris ? Une sanction comme un devoir supplémentaire ou une heure de colle ? Très sincèrement, impossible de trouver une once de sérénité dans cette situation dans laquelle je suis forcément perdant. C'est affreux. C'est comme lorsque je suis face à mes parents, je n'ai rien pour me défendre. Pas de mots pour convaincre la personne en face de moi que je n'ai rien fait de mal. Le pire est que Shan ne m'aide pas du tout. Même en voyant que je suis en mauvaise posture, même en sachant pertinemment qu'il est en tort, il ne fait rien pour rectifier le tir. Je suis une mauvaise personne. Je le sais déjà, quoi qu'en dise Aiji. Mais je ne pense pas avoir un meilleur exemple blotti dans mes bras. Comment puis-je espérer marcher droit un jour s'il ne me montre jamais le bon exemple, s'il n'évolue pas en même temps que moi ? Impossible… Pourtant, je ne veux pour rien au monde me séparer de lui. Malgré tout, il me soutient, m'empêche de craquer et reste une présence indispensable à mes côtés. Je sais que me séparer de lui m'est pratiquement impossible. Quand cela nous arrive de ne pas pouvoir rester l'un avec l'autre, j'en souffre énormément.

En jetant un regard craintif sur l'homme qui ne s'énerve pas immédiatement, je le vois secouer la tête. J'aimerais savoir s'il est énervé, mais c'est difficile à dire tout de suite. Je ne le connais pas assez bien pour avoir une traduction de chacune des mimiques de son visage comme je parviens à le faire avec mes parents. Ces derniers ne sont plus aussi imprévisibles que je ne l'avais cru dans mon enfance. Je sais quand quelque chose leur déplaît, lorsqu'ils sont fiers de moi, qu'ils ont passé une mauvaise journée ou tout autre émotion. C'est pour ça que je peux affirmer que ma mère est toujours triste et en colère quand elle me voit. Parfois elle arrive à être très contente, mais c'est plutôt rare à côté du reste. Je ne sais pas pourquoi c'est ainsi. Et l'homme qui est face à moi me regarde à nouveau avec une expression que je n'arrive pas à déchiffrer. Je comprends néanmoins que s'il est en colère ce n'est pas à cause de moi lorsqu'il m'affirme que j'ai dit "merci" donc que ce n'est pas grave si Shan ne l'a pas fait. C'est comme si je l'avais fait pour deux.

Et toc !

Il fait le malin, mais cela me déplaît qu'on lui donne raison de la sorte. J'ai peur qu'il finisse par prendre la grosse tête et perde à jamais ses bonnes manières. J'ai beau en avoir, je ne pourrais pas les mettre en application à sa place indéfiniment. C'est quelque chose que le chat de fortune ne semble pas vouloir comprendre, mais je ne sais plus comment le lui dire. C'est extrêmement agaçant. Je porte donc un regard rempli de reproches à cet énergumène qui ne veut en aucun cas voir les choses autrement.

Ben quoi ?

J'ai envie de soupirer, mais je me retiens. Je pense que le membre du personnel de l'académie doit être tout aussi désappointé que moi par un tel manque de respect. Pourtant, il me paraît plutôt calme et désintéressé quand il me reprend la parole. C'est sur moi que se porte son attention. Je ne comprends pas trop, jusqu'à ce qu'il  me pose deux questions sur le harcèlement. Je le regarde un instant avant de détourner la tête, légèrement confus. Puis-je réellement répondre ou pas ? J'hésite vraiment car j'ai peur de ce qui pourrait se faire quand on saura que j'ai cafté.

Faut lui dire sinon ça fera comme au collège.

Je me mords la lèvre inférieure. Je ne sais vraiment quoi faire et Shan n'arrête pas de me pousser sans discontinuer. Il a vite récupéré… De toute façon, il n'est jamais vraiment silencieux. Et, comme il l'a prévu sans doute, je finis par craquer au bout de quelques secondes car je n'ai qu'une envie : éviter la migraine qu'il est capable de me filer à force de parler avec autant d'insistance.

Je sais pas si c'est eux…


Allez ! Continue !!

Shan, ta gueule.


Mais faut que tu lui dises tout sinon il ne saura pas t'aider ! Et n'oublie pas de lui parler de ton bureau aussi.



Je soupire doucement en passant ma main gauche sur mon visage :

Y m'énerve…


Puis, doucement, plus timide, je reviens sur la conversation avec l'adulte. J'ai peur et je ne fais absolument rien pour le cacher sans pour autant le laisser totalement paraître. Et je finis par dire en reculant d'un pas :

Pardon, monsieur, mais je ne saurais pas donner des noms ou autres, et Shan a déjà eu des problèmes mais c'était au collège. … Aujourd'hui c'était la première fois ici…
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Yhsim Kisanagi

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Dim 7 Fév - 16:15
Avec ton vécu, tu aurais cru que les gens prendraient bien plus au sérieux le harcèlement scolaire. Qu'ils écouteraient ton histoire, qu'ils comprendraient à quel point cela faisait mal... il n'en était hélas rien du tout. Ils s'en fichaient peut-être même davantage, n'hésitant plus un seul instant avant de sortir cette expression qui te hantait depuis ton enfance : des "jeux d'enfants".

Oui, car c'était un jeu très drôle que de briser les lunettes d'une personne difficilement capable de voir sans. C'était on ne peut plus amusant que d'insulter et humilier quelqu'un, le rendre malade à la simple idée d'aller en cours... Et encore plus en sachant qu'aucun parent ne ferait quoi que ce soit pour arranger la situation. Que ce soient ceux de tes bourreaux ou les tiens. Qu'avais-tu fait de mal pour mériter un tel acharnement ? Rien, absolument rien, à part exister.

Si Vlad t'entendait penser, tu serais bon pour un de ses sermons... pourtant, c'était la vérité. Ta simple existence semblait déranger pas mal de monde, en comparaison au peu de personnes qui tenait à toi.


"Je sais pas si c'est eux…"

Visiblement, ce n'était pas la première fois qu'il avait des ennuis. Tu l'entends vaguement se disputer avec Shan, mais tu choisis de ne pas t'en mêler. S'il est malade - ou si c'est son seul moyen d'avoir un peu de confiance en lui - autant ne pas le brusquer. Tu attends sa réponse patiemment, du moins aussi patiemment que ton état te le permet.

"Pardon, monsieur, mais je ne saurais pas donner des noms ou autres, et Shan a déjà eu des problèmes mais c'était au collège. … Aujourd'hui c'était la première fois ici…"

Au collège aussi... Ce goût amer s'accentue. Ses parents ne l'aiment pas, ils se fichent de son bien-être. Tu serais presque tenté de passer un coup de téléphone à ton vieil ami, pour lui demander de donner une leçon aux parents de ce pauvre gamin... sauf que cela risquerait d'être contre-productif.

"Et je suppose qu'en parler à tes parents n'arrangerait rien..."

Ce n'est même pas une question, mais bien une affirmation. Tu détestes cela. Te retrouver face à un cas similaire au tien et ne pas être capable de pouvoir faire quelque chose pour que cela s'arrête. Tu te détestes.

Oh, il y a bien une solution... Tu la connais...

Te défouler sur les parents de ce pauvre gamin ? Impossible, il te détesterait. Peu importe à quel point ses parents sont des monstres, il les défendra.

Qui saura que c'est toi si tu lui demandes ?

Beaucoup de personnes ici savent pour le lien particulier qui t'unit à ton vieil ami. Tu secoues la tête de nouveau avant de reprendre la parole.

"Est-ce qu'ils ont fait autre chose que s'en prendre à Shan ?"

Tu veux qu'il te dise tout. Afin que la punition soit des plus sévères.
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Lun 8 Fév - 1:03



Lundi 3 Février 2110

Je vais être puni. J'en suis certain. Comment ça pourrait être autrement ? Je ne peux pas lui répondre correctement et s'il est comme mes parents alors il veut que je sois clair dans ce que je dis, que je lui donne la réponse qu'il me demande sans laisser de zone d'ombre. Rien de ce que je viens de faire. Je n'ai pas donné autant de détails qu'il m'en a demandé. Je ne lui ai donné aucun nom. Et le pire de tout, c'est que je ne lui explique absolument rien. Je m'attends donc à ce qu'il s'énerve contre moi, qu'il me gronde et me punisse d'une manière ou d'une autre. Sans doute est-ce pour cela que, instinctivement, j'ai reculé d'un pas. Pour éviter un potentiel coup et partir loin de cet homme que je ne connais pas. Un tel geste m'aurait valu tant de reproches à la maison. Pourtant, ce réflexe me colle à la peau, m'empêchant d'être une bonne personne. Pourtant, aucun geste ne semble être amorcé. L'homme face à moi ne se rapproche pas. Il me regarde cependant. J'aimerais tellement pouvoir deviner s'il est en colère ou autre… Cela me donnerait une vague idée de ce qui m'attend. Malheureusement, j'ai plus l'impression que son expression est indéchiffrable.

Je suis surpris lorsqu'il prend la parole, et je suis incapable de m'en cacher. Pas d'éclat de voix. Pas de reproches. Pas même la moindre menace. Juste… une phrase. J'ai l'impression que c'est une question sans en être une. Dois-je y répondre ?  Je n'ose pas. Cela parce que je ne veux pas embêter mes parents avec mes problèmes à l'école. Ils doivent avoir beaucoup de soucis de leur côté, en plus de ceux que je leur cause à la maison. Je ne suis pas en position de me plaindre de quoi que ce soit. Puis… si mes camarades me font ça, c'est sans doute parce que je suis une mauvaise personne aussi. Peut-être que je mérite de subir tout ce qu'on me fait. Mais Shan n'y est pour rien et je suis persuadé qu'il faut le protéger plus que moi. Je ne suis pas si important que ça.

Eh ! A quoi tu penses exactement ?

Je ne réponds pas au chat de fortune. Je ne veux pas l'exprimer car rien que le penser me fait souffrir. Puis, il ne faut pas oublier que je suis aimé de mes parents et que je le serais bien plus si j'étais une personne qui le mérite. Comme ce n'est pas le cas, ils agissent en conséquence.

L'adulte et moi restons un instant silencieux. Aucun de nous ne prononce un mot. Seul Shan rompt le silence en essayant d'attirer mon attention. Il voudrait que je réponde à ses questions, ou qu'on discute. À tous les coups, il va également me demander de le guérir au plus vite même s'il déteste quand je le recoud moi-même. Il n'a simplement pas le choix car personne d'autre ne voudra le faire à sa place. Heureusement, ou malheureusement, je ne suis pas laissé seul bien longtemps avec ces appels incessants puisque l'homme devant moi me pose, cette fois, une vrai question. Elle concerne encore ce qu'on m'a fait, mais je ne comprends pas trop qui est "ils". Est-ce les garçons qui ont fait du mal à mon ami ou aussi les autres ? Je le regarde un instant en réfléchissant. Puis, finalement, je lui réponds en détournant une nouvelle fois le regard en serrant plus fort le chat contre moi :

Ce qu'ils me font c'est pas grave.


Ah non, Yuki  ! Dis pas ça !

Mais je veux pas qu'on fasse du mal à Shan.


Arrête !  Bien sûr que c'est grave !

Parce que même s'il est vulgaire et pas toujours gentil, il l'est déjà bien plus que moi…


Yuki !

Tais-toi, Shan ! Ils n'arrêtent jamais de s'en prendre à toi et là ils t'ont encore blessé, comme avant ! Tu peux pas dire que c'est pas grave !


Mais ils te font mal aussi même si ce n'est pas physiquement et…

Mais je m'en fiche de ce qu'on me fait !!


Me rendant compte que j'ai élevé la voix bien plus que ce qui est raisonnable, je porte une main à ma bouche en regardant d'un air inquiet l'homme à qui je répondais initialement. Je me sens terriblement honteux et coupable d'avoir fait ça. Mais je ne peux plus revenir en arrière. Je ne sais pas quoi faire pour arranger les choses. Surtout qu'en plus j'ai les larmes aux yeux. Shan à raison. Je déteste qu'on me fasse mal comme ça et je ne veux pas que ça continue. Mais comme je suis une mauvaise personne, n'est-ce pas normal que je reçoive de mauvaises choses ?
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Yhsim Kisanagi

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Lun 8 Fév - 22:45
Tu as bien vu son geste, et tu en connais la signification. Certaines des personnes passées sous les interrogatoires de ton vieil ami ont parfois ce genre de geste lorsqu'ils le croisent. Ils ont peur de prendre une rouste... et il en est de même pour ce pauvre gamin. Tu voudrais lui proposer une autre solution, tu voudrais l'aider davantage... mais que peux-tu faire, seul ?

Surtout que tu n'es pas très fiable...

Le coup en traître de ta petite voix intérieure ajoute à cette sensation amère dans ta gorge. C'est vrai, tu n'as rien de quelqu'un de fiable. A cause de ta dépression, tu peux décider de tenter de mettre fin à ton existence à n'importe quel moment, de n'importe quelle façon. Tu as déjà tenté plusieurs fois, alors une de plus, qu'est-ce que ça changerait, au fond ? Tu ne manquerais pas à grand monde.


"Ce qu'ils me font c'est pas grave. Mais je veux pas qu'on fasse du mal à Shan."

Encore et encore ce même sentiment de familiarité. Tu as un jour dit la même chose. Tu te fichais qu'on te fasse du mal, tant qu'on laissait les autres en paix... En vain.

"Parce que même s'il est vulgaire et pas toujours gentil, il l'est déjà bien plus que moi…"

Tu sens une rage bouillir dans tes veines. Une rage à l'encontre des autres élèves, des parents de ce gamin. Tu as envie de leur faire payer. C'est à peine si tu entends le jeune garçon dire qu'il s'en fiche de ce qu'on lui fait subir. Tu inspires silencieusement, essayant de te concentrer sur n'importe quoi pour tenter de diminuer ta colère. Au stade où tu en es, tu vas finir par faire une crise, et c'est loin d'être recommandé.

Une fois que tu as retrouvé un semblant de calme intérieur, tu t'accroupis en soufflant doucement. Tu n'es pas si grand que ça, mais tu as l'impression qu'ainsi, cela t'évitera de t'emporter d'un coup. Et surtout, tu ne représenteras plus tellement une menace.

"Qui dit que tu es méchant ? Je ne vois pas un élève méchant, face à moi... et crois-moi, j'en ai vu pas mal. Tout ce que je vois... c'est un garçon un peu perdu."

Tu te retiens de dire que tu vois bien qu'il est non seulement pas aimé de ses camarades, mais également de ses parents.

"Et même si tu es méchant un jour, ils n'ont pas le droit de te faire subir cela."

Tu prends soin de noter soigneusement dans ta mémoire à quoi il ressemble, à quoi ressemble sa peluche. S'il refuse de te donner son nom, tu n'auras qu'à chercher dans les listings de l'académie un élève répondant exactement à cette description. Et une fois son identité en ta possession, tu demanderas un petit service à ton vieil ami... tu sais d'avance qu'il ne te refusera pas cette demande.

"Dis-moi... tu t'appelles comment ?"

Au moins que tu saches comment le nommer... Et puis, s'il te fait assez confiance, peut-être lui raconteras-tu ton vécu. Sans dire pour autant que c'est de toi dont il s'agit...
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Mar 9 Fév - 1:41



Lundi 3 Février 2110

Je n'ose pas retirer ma main de ma bouche. Qui sait ce qui pourrait à nouveau en sortir à nouveau ? Je n'ai pas le droit d'élever la voix. Pourtant, je viens de le faire. Je viens de braver un interdit. Et cela, devant un adulte de l'école. C'est sûr et certain que je vais me faire punir. Depuis le début, je ne fais que des faux pas qui m'auraient valu cent punitions chacun. Après tout, je lui manque de respect, je parle avec Shan alors que je ne suis pas seul… et il est même possible qu'il vaille mieux que je cesse de faire la liste de tout ce que je fais mal. Il serait bien plus simple et rapide de faire celle de ce que je ne fais pas. Et encore, si je fais celle-ci par rapport à ce qui me permettrait d'être une bonne personne, je n'ai pas fini non plus. Tout n'est qu'une question de point de vue sur ce point. Mais je suis bien plus apeuré à l'idée de ce qui pourrait m'arriver Zen l'instant que préoccupé par ce que j'aurais dû faire pour l'éviter. Vais-je devoir supplier ? Ou subir en silence ? Je ne sais pas. À l'école, je ne sais jamais ce qui va m'arriver. Je suis sur mes gardes, mais pas assez. Si je l'avais été un peu plus, il ne serait rien arrivé à Shan. Je me sens tellement coupable…

L'adulte debout face à moi ne dit rien. Par contre, le chat de fortune, lui, tente de me faire savoir sur un air bougon qu'il ne veut pas qu'on me fasse du mal. Je sais que cela me concerne aussi. Mais je ne peux pas arrêter. Si je le fais, je vais encore plus devenir une mauvaise personne. Je dois me punir pour ne pas croire que j'ai le droit de continuer de faire mes bêtises. Et comme personne ne semble me remettre sur le droit chemin, je préfère le faire par mes propres moyens. Même si cela signifie me faire du mal et voir le chat me faire les gros yeux. Je n'aime pas qu'il me regarde se la sorte… et je sais tout autant que ce qu'il me dit va de paire avec cela. Après tout, il ne ment jamais et, même s'il le dit de la plus mauvaise des manière, la plus douloureuse, il ne dit jamais que ce qu'il pense sans filtre. Ce n'est pas un hypocrite et c'est ce que j'aime chez lui.

Je surveille les mouvements de l'adulte qui ne semble pas bouger le temps d'un instant tout en laissant Shan parler tout seul. Je ne sais pas à quoi il pense, mais il ne me semble pas content par rapport à avant. Je l'ai mis en colère. J'en suis persuadé. En même temps, comment pourrait-il en être autrement ? Je viens de crier sans répondre aux questions qu'il m'a posées. Pas réellement… Pourtant, il ne crit pas et ne lève pas la main pour me punir. Quand il bouge, c'est pour s'accroupir devant moi. J'en suis tellement surpris que je retire ma main de mon visage et l'utilise pour porter le chat qui est très lourd. En même temps, il n'arrête jamais de manger et de boire de l'alcool. Comment les autres ont-ils pu le prendre avec tant de facilité ? Suis-je si faible que ça ? Je me sens perdu, mais cette sensation ne fait que s'amplifier. Tout comme Aiji quelques jours plus tôt, on est en train de prétendre que je ne suis pas méchant. Je tombe des nues. Comment est-ce possible ? Même s'il connaît des garçons pires que moi, cela ne veut pas dire que je ne le suis pas. … Si ?

Mon étreinte se resserre sur le chat qui râle un peu. Mais je n'en tiens pas vraiment compte. Je réfléchis à ce que je peux dire ou non. Je crains que chacune de mes paroles compte. Je crains que si je dis que mes parents sont ceux qui disent que je ne suis pas une bonne personne, je leur apporte des ennuis. Je n'ai pas le droit de dire du mal d'eux et qu'ils n'ont pas le droit de me punir. Ils m'éduquent. C'est tout ! C'est pour ça que je ne réponds pas à sa question même si je sais que c'est mal. Je ne veux pas et je ne dois pas le faire car c'est pire. Puis, il me demande mon nom. Je relève un peu les yeux pour le regarder un peu mieux.

T'es resté assez silencieux comme ça, non ?



Je tremble de peur. Je ne sais vraiment plus quoi faire. Je ne sais plus quoi penser non plus. Tour ça me donne mal à la tête et j'ai besoin de me couper une nouvelle fois.

C'est mieux de lui répondre sinon tu vas sans doute avoir plus de problèmes que tu ne pourrais en avoir maintenant.

Yuki… Nakamura Yuki…


Ben tu vois, c'était pas sorcier.

Tais-toi, Shan…


Cette fois, je m'adresse au chat en marmonnant entre mes dents. L'adulte a raison sur au moins un point : je suis complètement perdu. Et le pire est que je n'ose pas vraiment poser mes questions de crainte de faire du mal à ma famille. Je ne peux pas leur faire une telle chose. Pourtant, je me permets de lui affirmer craintivement en baissant automatiquement les yeux :

Vous dites que vous me trouvez pas méchant, mais vous me connaissez pas.


En vrai, tu cherche les ennuis, non ?

Comment vous pouvez me dire un truc comme ça sans savoir ?


Aiji aussi disait la même chose. Lui aussi me disait qu'il pensait que je suis une bonne personne. Comme d'autres avant eux. D'autres… qui ont fini par m'abandonner et me faire du mal. Et faire du mal à Shan aussi.
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Yhsim Kisanagi

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Mar 9 Fév - 23:07
Tu sais à quel point ça fait mal, d'être repoussé. D'être jugé juste parce qu'on est différent, juste parce qu'on a pas l'apparence d'une personne quelconque. D'être écarté et humilié juste parce qu'on est timide. Tu sais ce que ça fait, d'être brisé de l'intérieur. C'est ton quotidien, après tout. Tu voudrais que ce soit différent, tu voudrais pouvoir croire en quelqu'un... mais on t'a trop souvent trahi pour que tu sois complètement en confiance. Seul ton vieil ami a prouvé qu'il était digne que tu baisses ta garde.

"Yuki… Nakamura Yuki…"

Yuki Nakamura... Le nom est noté dans un coin de ta mémoire. Un simple message suffira pour demander à ton ami de veiller sur lui. De faire comprendre à ses parents que s'ils ne se comportent pas un peu mieux, la Sibérie va les attendre.

"Vous dites que vous me trouvez pas méchant, mais vous me connaissez pas."

Tu pourrais dire la même chose de lui. Il ne te connaît pas, alors comment peut-il être certain que tu ne cherches pas à attirer sa confiance pour mieux le briser ?

Venant de toi, c'est cruel comme façon de le dire...


"Comment vous pouvez me dire un truc comme ça sans savoir ?"

"Parce que... parce que je connais quelqu'un... qui est plus ou moins passé par les mêmes choses."

Tu as eu du mal à mentir, pour le coup. Tu as failli avouer que tu as été toi aussi un enfant harcelé. Et tu ne peux pas te permettre de lui dire cela. Pas en sachant très bien la conséquence que cela a sur toi.

"Sa mère a quitté le domicile familial alors qu'il n'était qu'un très jeune enfant... et son père a sombré dans l'alcoolisme après cela. Ses camarades de classe l'ont harcelé, humilié, se sont moqués de lui. On disait de lui qu'il n'était pas quelqu'un de bien. Il a fini par y croire et..."

Et tu as tenté de mettre fin à tes jours vers tes 16 ans. Un professeur t'en a empêché, mais juste parce qu'il estimait qu'il ne fallait pas "gâcher ton potentiel". Tu avais depuis multiplié les tentatives, au départ en appel au secours, avant que ce soit par pur désespoir.

"Il était quelqu'un de bien..."

Tu étais quelqu'un de bien avant qu'on te fasse comprendre que tu n'étais pas désiré.
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Mer 10 Fév - 20:12



Lundi 3 Février 2110

Je me sens perdu et pris au dépourvu. Son comportement, mais aussi sa manière de dire les choses, me font penser à ce garçon qui m'a aidé. Et, même si je sais qu'il existe encore la possibilité qu'on le trahisse après s'être rapproché de moi, je garde en tête que je suis face à un adulte. Peu importe les risques, peu importe ce qui peut m'arriver, je suis dans l'obligation de lui répondre. Shan est également d'accord avec moi sur ce point. Ou, plus exactement, il est celui qui me pousse à donner la réponse qui m'est demandée. Je ne suis pas fort et même s'il m'arrive de lui tenir tête, je ne suis pas vraiment en position de le faire en l'instant. Ainsi, malgré ma réponse, je reste méfiant. Cela ne me servira à rien de l'être, mais maintenant je connais de potentielles personnes qui seront susceptibles de me faire du mal. Enfin… presque. Je ne sais plus… Je me sens perdu et j'ai besoin de savoir pourquoi cet homme prétend que je ne suis pas une mauvaise personne. Peut-être que cela me donnera un indice sur ce qui m'attend. Ou alors, je me fourvoie totalement. Je ne sais plus. Rien n'est pareil entre la maison et l'école. Je ne sais plus quoi penser, sur quel pied danser, la plupart du temps. Mais une chose est sûre : je suis le seul fautif de tout ça. Si j'étais meilleur, alors rien de mal ne n'arriverait et Shan serait en sécurité.

L'adulte répond à ma question, mais j'ai l'impression qu'il n'est pas sûr de ce qu'il me dit. Pire, c'est un peu comme s'il inventait tout au fur et à mesure. C'est vrai que ce ne serait pas étonnant qu'il en ait vu un autre comme moi mais… si c'est vrai, alors pourquoi il ne dit pas les choses normalement ?  Quoique… Son histoire aurait-elle été meilleure, est-ce que je l'aurais cru plus facilement, s'il avait dit les choses autrement ? Je me sens mal, surtout quand il parle d'humiliation et de harcèlement. Encore plus lorsqu'il prétend que le garçon était une bonne personne. Je fronce les sourcils en regardant le sol et reste silencieux même après qu'il ait fini de parler. Je ne sais pas quoi dire, ni que penser.

La situation familiale n'est pas du tout la même et le garçon dont il parle n'a eu ce que tu vis qu'à l'école. Ça compte qu'à moitié.


Shan n'a pas tort. Ce garçon inconnu n'a eu que ses camarades d'école pour lui dire qu'il est une mauvaise personne. Quant à moi, en plus de cela, j'ai aussi mes parents et, eux, ne peuvent pas avoir tort. Cela prouve qu'il ne sait rien et qu'il juge sans connaître. Je fais un nouveau pas en arrière sans savoir comment lui dire ce que je veux. Je ne peux pas prétendre qu'il est un menteur. Ce serait mal. Très mal. Je ne peux pas dire le contraire de ce qu'il me dit puisque les adultes ont toujours raison. Mais… je ne peux pas faire comme s'il affirmait de bonnes choses. Tout cela m'angoisse. Je suis comme pris entre deux feux et la situation est si inconfortable que j'ai l'impression que quelqu'un cherche à m'étouffer en me serrant la gorge. C'est horrible !

Yuki, ça va aller ? Tu respires mal.

Non, ça ne va pas aller. Mais je ne peux rien faire. Je ne peux rien dire. A part peut-être…

Ce garçon et moi, on n'est pas totalement pareils.


Je n'ajoute rien. Je n'en ai pas le droit. A la maison, mes parents auraient été en colère que je les contredise comme ça. Le fait que je sois en train de contredire cet adulte de la sorte malgré tout montre bien que je suis une mauvaise personne. Un gentil garçon aurait fait autrement, j'en suis certain.
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Yhsim Kisanagi

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Mer 10 Fév - 22:20
Tu as eu du mal à raconter tout cela en prétendant qu'il s'agissait d'une autre personne. Rien que le fait de parler de ta propre histoire te fait horriblement mal, alors prétendre que rien de tout cela ne t'est arrivé, c'est encore pire. Cela ravive davantage tes blessures... peut-être que tu aurais dû être honnête et lui dire que c'était ton passé. Cela aurait été moins douloureux et cela aurait fait taire la crise.

"Ce garçon et moi, on n'est pas totalement pareils."

C'est vrai. Toi, tu n'avais pas eu tes parents pour te dire que tu étais quelqu'un de mauvais. Pire, tu n'avais eu personne pour te défendre. Tout le monde t'avait laissé t'enfoncer, riant ou t'ignorant alors que tu souffrais. La seule chose qui les poussait à t'empêcher de mettre fin à ta douleur, c'était ton "potentiel". Tu n'étais ni plus ni moins qu'un jouet entre leurs mains, un robot à leurs yeux.

"C'est vrai... il n'avait pas ses parents pour lui dire franchement qu'il devait corriger son attitude. Mais, une mère qui abandonne son enfant, et un père qui le laisse se débrouiller seul, est-ce que cela ne veut pas dire la même chose, au fond ?"

Toi, tu avais la réponse : Si. Bien sûr que si, c'était la même chose. Cela revenait à dire que tu ne méritais aucun intérêt.

"Et cela ne s'arrêtait pas à la grille de l'école... au contraire. Et les professeurs ne faisaient rien pour arranger la situation, le laissaient être victime..."

Tu fermes les yeux, de douloureux souvenirs revenant te torturer. Peu importe comment tu en parles, à chaque fois tu en souffres. Tu voudrais lui montrer les cicatrices sur tes poignets, tes avant-bras. Tu voudrais qu'il voie à quel point tu continues de souffrir. Et surtout... tu voudrais arracher la tête à ses bourreaux de parents.
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Invité

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Jeu 11 Fév - 16:05



Lundi 3 Février 2110

Je ne peux pas croire que le garçon de l'histoire de cet homme soit comme moi. Pas en totalité. C'est impossible. Je ne dis pas qu'il était plus ou moins malheureux que moi puisque je n'ai aucun moyen de le savoir. Personnellement, je vis mal d'être une mauvaise personne, que personne à part mes parents m'aiment. Et je suis malheureux de montrer à mes parents que je suis incapable d'être aussi bon qu'ils le voudraient. Si les parents de ce garçon ne le grondaient pas, c'était qu'il n'était pas si mauvais que ça, si ? Je ne sais pas trop. Maintenant que j'y réfléchis, il est vrai que je me sentirais confus que ma mère s'en aille et que mon père ne me montre plus son amour. Je penserais peut-être que c'est ma faute et qu'ils ne m'aiment plus car j'ai été trop mauvais. Penser que cela puisse arriver me fait frissonner d'horreur et la panique prend un peu plus de terrain. N'existe-t-il donc aucun moyen pour que je puisse être certain que mes parents m'aimeront pour toujours ? Parce que je serais terriblement perdu s'ils venaient à m'abandonner. Jamais je ne pourrais survivre sans eux. Ils sont mes guides et mes gardiens.

Même si je commence à comprendre ce que le garçon a pu ressentir, l'adulte accroupi en face de moi affirme que j'ai raison. Je ne pensais pas que cela pourrait être le cas. Mais s'il le fait c'est sans doute parce que, contrairement à mes parents, les siens ne lui disaient pas franchement qu'il faisait des bêtises. Faire les choses correctement est si compliqué… On ne peut jamais être certain qu'on est dans le juste ou le faux avant qu'on ne nous le fasse savoir. Pourtant, il est apparemment des personnes qui ne disent rien. Oui, quelque part cela veut peut-être dire la même chose. C'est peut-être même pire ! Je m'en veux beaucoup d'avoir parlé trop vite. Mais que puis-je faire ? Que dois-je comprendre ? Que parce que ce garçon était gentil c'est aussi mon cas ? Cela me semble totalement absurde ! Rien ne garantit que nous soyons réellement pareil ! J'ai envie de pleurer, mais je me retiens comme je le peux. Cela ne sert à rien et ça ne fait qu'énerver les autres. Donc, ce n'est pas bien. Je dois me retenir.

Franchement, si Yuki est une bonne personne, pourquoi il se fait punir autant ?

Moi aussi, j'aimerais connaître la réponse à cette question. J'attends donc que quelque chose soit dit. Mais rien ne vient. Forcément, cela énerve énormément Shan qui ne se prive pas de crier :

Hé !! M'ignore pas ! Je t'ai posé une question et la moindre des politesses est de répondre !

Encore une fois, j'ai beau attendre, l'homme ne répond pas au chat de fortune. Cela m'énerve sans doute autant que ce dernier qui commence à bouder en marmonnant inintelligiblement. J'hésite un peu avant de demander en étant sur la défensive :

Pourquoi vous répondez pas à Shan ? Il dit que c'est pas logique que on me punisse beaucoup si je suis une bonne personne.


Je ne sais pas si je veux une réponse. Je veux retourner me cacher dans les toilettes. J'ai peur et je me sens mal. Je veux fuir mais je suis complètement bloqué sur place avec le regard fuyant, la respiration difficile et des tremblements dans tout le corps. Pourquoi c'est toujours comme ça ?  Parce que je suis trop faible ?  Je ne comprends rien… Entre l'école et la maison, c'est la même chose. Mais d'un autre côté c'est si différent que je me retrouve face à "cassures" entre ce que je sais et ce qu'on me dit. Mes parents ne peuvent pas avoir tort. Mes parents ont forcément raison. J'ai mal à la tête…


Dernière édition par Yuki Donovan le Ven 27 Aoû - 12:39, édité 1 fois
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