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Les enfants sont un fardeau éternel. || PV Yhsim Kisanagi
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Mer 14 Avr - 22:49



Lundi 14 avril 2110

Je ne compte plus les jours alors que je suis assis sur le lit de ma chambre. Régulièrement, surtout quand personne n’est présent, je me tape la tête contre le mur sur lequel je m’appuie, les yeux dans le vague. Shan, qui n’est finalement pas un fantôme mais bien une création de mon esprit malade, me parle sans cesse avec des échos désagréables. Je n’arrive pas à accepter que ce soit le cas, qu’il n’ait pas été un être vivant. Que ce que j’ai vu et vécu est complètement faux. Malheureusement, je suis désormais obligé d’y croire puisque ce sont des médecins qui ne cessent de me le répéter depuis que je suis interné dans les souterrains de l’école. Et maintenant que je suis là, malgré les cours que j’ai, il me reste tout le temps du monde pour repenser à mes parents. Mes parents, ce qu’on n’a cessé de me dire et répéter à leur propos, et les mises en gardes que j’ai reçu. Je n’ai pas le droit de regretter puisque la personne qui me les a faites me l’a interdit en découvrant mes difficultés à accorder du crédit à ses dires. Alors, que me reste-t-il ? Je n’arrive pas à croire que ce soit la vérité malgré la “mort” de Shan. Je n’arrive pas à penser que je puisse vivre sans mes parents. C’est un réel déchirement de les savoir loin de moi alors que je n’ai pas pu les prévenir. Ils ne peuvent plus me remettre sur le droit chemin désormais et j’ai une peur monstre de m’égarer plus que d’habitude. Heureusement que je peux désormais voir Aiji quand je le veux. Il est tout ce qu’il me reste désormais.

La semaine vient de commencer. Je suis allé en cours pour avoir de bonnes notes avant de me diriger vers la salle des professeurs. Il y a une personne que je souhaite voir, surtout que j’ai réussi, je ne sais pas trop par quel miracle, à avoir une autorisation de sortie tant que je suis accompagné d’un adulte. Un professeur ou un surveillant, donc. Ma marche est plutôt rapide, pourtant j’ai peur de me retrouver seul face à cette personne que je n’ai vu qu’une seule fois en février. Après tout, il pourrait lui aussi me dire qu’il m’a prévenu et que je n’ai pas le droit de me plaindre. Ces mots m’ont marqué et j’ai peur d’aller à leur encontre. D’un autre côté, je suis en train de faire un pas que je n’aurais jamais pensé pouvoir faire il y a quelque temps encore. Je suis également terrifié à l’idée de ce que pourrait m’apporter ce que je m’apprête à faire. Je ne suis pas vraiment stable en ce moment…

Avec mon uniforme scolaire, je me fond parfaitement dans la masse. Cela me permet, non sans essuyer quelques insultes au passage, d’arriver à destination sans trop de problème. Tout ce que je peux noter, c’est que je suis terriblement mal à l’aise, surtout que je peux entendre des chuchotements se faire à mon passage. Qu’est-ce qu’on peut bien dire de moi ?

Qu’est-ce qu’on s’en fou !

Shan a raison. D’ailleurs, puis-je toujours l’appeler ainsi ?

N’est-ce pas mon prénom ?
T’sais plus comment j’m’appelle ?!!



En tous cas, il est bruyant, répondant à mes pensées presque tout le temps. Je me sens fatigué. Pourtant, je toque doucement à la porte de la salle des professeurs. Personne ne répond. Je n’entends pas grand-chose non plus à cause du bruit de couloir autour de moi. Dois-je abandonner ? Est-ce une cause perdue ?

Ouais ! Et comme ça tu vas t’morfondre tout l’reste d’ta pauvre vie !

Avec ces mots, je pense faire demi-tour. Très franchement, il me semble que c’est mieux ainsi. Puis, qu’est-ce qui me fait croire qu’il est professeur ? Si ça se trouve, c'est un surveillant ou un étudiant. Je n’en sais rien… Ce qui m’empêche de passer à l’acte est l'arrivée d’une professeur de littérature japonaise qui me demande ce que je fais ici. Je grimace en regardant mes pieds un instant, ne sachant pas comment répondre. Je ne me suis pas du tout préparé à ce genre de situation. Heureusement, elle se montre patiente et attends que je lui réponde sans me tenir rigueur de mon balbutiement :

Euh… J-je… j’cherche m-mon… monsieur Kisanagi…


Avec un grand calme, la professeur entre dans la pièce en m’assurant qu’elle va voir s’il est présent. Donc, j’avais raison. Monsieur Kisanagi est professeur… Doucement, je m’appuie dos au mur, à côté de la porte d’entrée de la salle des professeurs et j’attends en jouant avec les manches trop longues de mon pull d’uniforme. Je me demande s’il se souvient encore de moi...
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Yhsim Kisanagi

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Mer 14 Avr - 23:40
Une journée comme les autres, ni plus ni moins. C'est ce que tu essaies de te dire depuis une paire de jours, pourtant, tu n'arrives pas à t'en convaincre. Les raisons ne manquent pas... mais tu préfères éviter de trop les ressasser. Tu sais pertinemment ce qui se passe dès que tu ressasses trop le passé, et tu as réussi à tenir une semaine sans t'infliger de nouvelle coupure sur la paume de tes mains. Tu veux continuer dans cette voie, surtout en te sachant encouragé.

Tu profites d'un moment de pause entre deux cours, fumant une cigarette que tu estimes amplement méritée. Tu regardes les volutes de fumée s'envoler, silencieux. Tu sais que normalement, tu devrais sortir du bâtiment pour fumer... mais t'isoler est synonyme de danger. Tu as fini par le comprendre à force, même si de temps en temps, tu préfères te retrouver seul et te murer dans le silence, silence qui s'avère bien trop souvent ton allié.

Tu laisses inconsciemment tes pensées divaguer. Ton vieil ami t'a annoncé qu'il devait s'absenter des quartiers habituels pour raisons "professionnelles" - comprendre par là qu'il avait du boulot avec ses hommes dans les bas quartiers - et tu savais qu'il aurait besoin de toi à un moment donné. Tu étais l'un des meilleurs hackeurs qui soit, et ton ami n'en trouverait pas d'autre aussi rapidement disponible ni aussi efficace. Tu étais sa seule option, et il le savait, bien qu'il aurait voulu te tenir à l'écart.

Tu finis par écraser ta cigarette maintenant terminée, soupirant doucement avant de fixer l'extérieur. Ainsi placé, tu aérais un peu tes habits afin qu'ils n'empestent pas trop le tabac. Tu savais que malgré tous tes efforts, tu ne pourrais pas supporter que certains élèves te fassent des remarques... et tu avais encore moins envie de finir trop repérable par un certain rouquin qui tenait absolument à assister à chacun de tes cours. La plaie que ce sale gosse.

Tu sais que c'est juste retarder l'inévitable, pas vrai ?

Tu te mordis la langue pour toute réponse, essayant en vain d'ignorer les critiques de ton habituelle petite voix mentale. Heureusement pour toi, une de tes collègues vint te sortir de ta solitude, te disant qu'un élève semblait te demander. Un élève ? Tu lui demandas un peu plus de description. Blond, frêle, nerveux...

Yuki Nakamura.

Le nom te traversa l'esprit aussitôt, et tu fus envahi d'un mélange de soulagement et d'inquiétude. Soulagé car il était encore présent... mais inquiet car tu te demandais ce qui avait pu lui arriver pour qu'il vienne te chercher. Tu remercias ta collègue brièvement, te dirigeant vers la porte. Effectivement, il était là, égal à lui-même... ou presque. Où était sa peluche ? Ce n'était pas le moment de poser ce genre de questions.

"Yuki... tu as changé d'avis et décidé de venir me voir ? J'en suis soulagé... mais viens, allons discuter dans un coin plus tranquille."

Tu hésitas un court instant, avant de lui faire un geste pour qu'il te suive dans une salle de classe déserte. L'avantage à être professeur, c'était que tu pouvais être en tête à tête avec un élève sans que cela ne soit suspect. Et de plus, tu pouvais faire office de figure responsable... Tu l'invites à s'asseoir sur une chaise, prenant place face à lui.

"Je ne t'ai pas vu depuis un moment... Tu veux me raconter ce qui s'est passé ? Si tu ne veux pas, je n'insiste pas... c'est toi qui vois."

Tu te montres patient avec lui, tu lui parles d'un ton gentil. Tu agis avec lui comme tu aurais voulu qu'on agisse avec toi quand tu étais plus jeune.
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Jeu 15 Avr - 5:41



Lundi 14 avril 2110

Je me sens nerveux. Il me semble avoir beaucoup trop de raisons à cela. Pour commencer, la première est d’apprendre que monsieur Kisanagi n’est finalement pas présent car il a cours ou qu’il est rentré chez lui. N’ayant pas son emploi du temps, je suis incapable de deviner ce qu’il en est et c’est un peu par instinct et hasard que je me retrouve dans cette situation. C’est angoissant puisque je n’ai rien ni personne pour me rassurer. Ensuite, je ne suis pas tout à fait à l’aise avec ce que je m’apprête à faire. C’est une décision que j’ai prise sans en parler à personne. Peut-être que Aiji est au courant que j’y réfléchissais depuis un moment puisque je n’ai aucun secret, hormis ce que me dit Shan à longueur de journée. Mais aucun médecin, professeur ou autre adulte de l’école et extérieur ne sait que je m’apprête actuellement à aller à l’encontre de toutes mes croyances. C’est extrêmement difficile et j’ai peur de ce que je vais découvrir. Si jamais ils ont tous raison et que mes parents ne m’aiment pas et n’ont jamais eu pour but de m’éduquer, alors c’est tout un pilier de ma vie qui va s’effondrer. A mes yeux, c’est comme si toute ma vie aura été un pur mensonge. J’ai si peur… C’est pourquoi je prie silencieusement en me rongeant l’ongle du pouce droit pour qu’ils aient tort, que ma famille me voit bien comme leur précieux fils et qu’ils ont toujours voulu mon bien même s’ils ne s’y prenaient pas forcément de la bonne façon.

Un bruit à côté de moi se fait entendre. Je sursaute. Je sens mon cœur battre la chamade sous le coup de la frayeur que j’essuie alors que j’étais déjà secoué par la peur. Mon regard qui était rivé sur le sol s’est immédiatement tourné vers l’entrée de la salle des professeurs alors que j’ai lâché l’ongle de mon pouce. Je constate alors que le bruit était celui de la porte qui s’ouvrait. Mais ce n’est pas réaliser une telle chose qui me soulage. C’est de reconnaître le professeur que je cherche. Il me semble qu’il n’a pas changé, mais cela est sans doute parce que je ne le connais pas assez pour m’en rendre compte. Après tout, je ne l’ai vu qu’une seule fois. Et c’était il y a un moment.

Conscient qu’il doit avoir trop d’élèves pour se rappeler de tout le monde, et parce que nous ne nous sommes parlés qu’une seule et unique fois, je suis persuadé qu’il ne se rappelle plus de moi. Je me relève donc du mur pour lui faire face sans oser le regarder pleinement dans les yeux, prêt à me présenter à nouveau. Je n’ai pas à le faire. Je l’entends prononcer mon prénom, ce qui me fait m’amène à le fixer. Comment cela se fait-il ? Je ne me rappelle pas avoir fait quelque chose de spécial pour qu’il se rappelle de mon prénom. Ou même de ma seule personne insignifiante. Et je n’ai pas le temps de me remettre pleinement de ma surprise. Heureusement, le temps qu’il emploie ne m’effraie pas. Pas que je puisse être amené à être à l’aise avec lui aussi facilement. Au contraire, je me sens extrêmement tendu, peu confiant en ce que je souhaite lui dire. Je me demande même à quel point je peux vraiment lui faire confiance. Je sais que c’est moi qui lui souhaite demander son aide… mais j’ai l’impression de le regretter. J’ai envie de m’en aller, me cacher et rester seul…

Mais quel trouillard !
Tu m’fais honte…



Ignorant Shan comme je le peux, je réponds à l’interrogation du professeur en hochant doucement la tête. Je ne sais pas si j’ai vraiment changé d’avis, mais ce qui est certain c’est que je compte bien lui demander s’il peut m’offrir son aide. C’est mon intention, aussi idiot cela puisse-t-il être. Même si j’ai des doutes qui ne cessent de s’insinuer dans mon esprit et que Shan se permet d’appuyer de la pire des manière.

Tout façon il voudra jamais aider quelqu’un comme toi.
T’es trop bête d’vouloir lui d’mander !



Comme pour me rassurer, monsieur Kisanagi me montre qu’il préfère que je sois venu à lui. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Qui d’autre a été soulagé dans mon entourage ? Aiji, non ? Alors, est-ce parce qu’il tient à moi, lui aussi ? J’en doute. J’ai un doute assez énorme pour ne pas y croire. J’hésite donc quand il me propose de le suivre. Juste une seconde ou deux. Juste le temps de peser rapidement le pour et le contre avant d’obtempérer.

Il va faire comme l’directeur hihi !
T’es sûr qu’il est digne d’confiance ?



Doucement, je secoue la tête. Shan a tort ! Il a tort. … N’est-ce pas ? Je prends une inspiration alors que nous approchons d’une salle de classe et souffle lentement pour me détendre un peu. Ce n’est que grâce à cela que je peux entrer dans la salle vide que me présente l’adulte qui se montre très avenant et agréable. Depuis le début, quand il ne me regarde pas, je l’observe, je cherche à savoir s’il est un danger pour moi ou non. Je veux lui demander son aide, mais est-ce une bonne idée. Je ne sais plus. Je ne sais pas non plus si je veux réellement des réponses à mes questions.

Mais quelle girouette !!
Prends une décision.



Cette fois, il a raison. Et j’y pense en prenant place sur la chaise la plus proche de moi parmi toutes celles proposées aux élèves qui vont participer aux cours ici. C’est face à moi que s’assied le professeur. A ma hauteur. Pas là où il va d’habitude, sans doute. D’une certaine manière, cela me rassure. Alors, quand il me dit qu’il aimerait savoir ce qu’il s’est passé, je réfléchis à comment lui dire les choses, à quoi lui dire, et comment.

T’as pas à l’dire…
Il s’prend pour qui, lui ?



Pensivement, je me mords à nouveau l’ongle de mon pouce. Longuement, je réfléchis, je cherche, essayant de ne pas écouter Shan qui est clairement contre que je lui raconte ce qu’il s’est passé depuis fin février. Puis, hésitant, je libère ma bouche et protège ma main sous ma manche en essayant de m’exprimer aussi clairement que possible :

Je… Y’a beaucoup de choses…


On l’aurait pas d’viné !
T’as pas d’autres conn’ries du même genre ?




Doucement, je secoue la tête avant de continuer en jouant avec le tissu de mon pull, jeu que je regarde comme avec beaucoup d’attention alors que je ne me sens juste pas capable de croiser son regard :

Euh… J’ai… rencontré une autre personne qui… q-qui m’a dit qu’il vivait la même chose qu’moi avant… Je… J’l’ai pas cru...


C’est l’moins qu’on puiss’dire !
T’as d’autres euphémismes comm’ça ?


mais… maint’nant je, je… j’ai un doute…


Pas qu’un j’dirais…
T’as pas l’impression d’avoir oublié des trucs ?




Je…


Encore une fois, je réfléchis à comment lui dire les choses. Je ne sais pas combien de temps ça dure, mais quand je sens que j’ai les bons mots ou les bonnes idées à exprimer, je reprends avec cette même hésitation :

Depuis pas longtemps je… j-je suis dans les souterrains mais je peux pas voir mes parents… Comment dire ? …


Ben avec des mots !
Va droit au but.


J’aimerais… euh… leur dire que, que je suis pas parti parce que je le voulais et… et aussi…


Continue !!
Plus vite !



… Aussi, je voudrais savoir c’qu’ils… c’qu’ils pensent de moi…


Stressé, je me mords à nouveau un ongle. Mais, cette fois, je le ronge sans faire attention à la longueur de celui-ci, quitte à me blesser. Je ne sais pas comment formuler ma demande. J’ai oublié de lui dire certaines choses, mais je ne me sens pas capable de les exprimer. Comme la “mort” de Shan par exemple. Ou le fait que je suis maintenant conscient d’être malade, bien que je ne l’accepte toujours pas. J’ai peur et je me pose beaucoup de questions démontrant mes doutes, me laissant pensif et inattentif aux faits et gestes du professeur.


Dernière édition par Yuki Nakamura le Sam 17 Avr - 3:53, édité 1 fois
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Yhsim Kisanagi

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Jeu 15 Avr - 21:54
L'essentiel est de ne pas le brusquer, de le laisser parler à son rythme. Même si tu voudrais qu'il te raconte tout, tu sais que les détails te déplairont et que cela risque de te valoir une crise. Et la dernière chose dont tu as besoin, c'est de terrifier Yuki, qui n'en mène déjà pas large. Il a décidé de venir te voir, c'est déjà un grand pas, surtout en sachant la force avec laquelle il défendait ses parents... Tu n'as pas vécu la même chose que lui, mais tu sais néanmoins reconnaître un manque d'affection.

Tu le regardes, le laissant parler sans chercher à le forcer ni à lui couper la parole. Tu remarques sa nervosité, encore plus intense que lors de votre première rencontre. De quoi a-t-il peur ? De la vérité ? Du regard des autres ? D'autre chose ? Tu gardes ces questions pour toi, te disant que la réponse te viendrait assez vite... Finalement, il prend la parole, toujours aussi nerveux.


"Euh… J’ai… rencontré une autre personne qui… q-qui m’a dit qu’il vivait la même chose qu’moi avant… Je… J’l’ai pas cru... mais… maint’nant je, je… j’ai un doute…"

Quelqu'un d'autre qui avait vécu la même chose ? Quelqu'un d'autre ici qui avait subi une famille violente ? Cela ne te disait rien parmi tes élèves habituels, ni parmi les élèves normaux... certainement un interné. Tu ferais une recherche plus tard, pour l'instant, le plus important était Yuki.

"Depuis pas longtemps je… j-je suis dans les souterrains mais je peux pas voir mes parents… Comment dire ? …"

Dans les souterrains... il était possiblement tombé sur le directeur. Ceci expliquait en partie sa nervosité. Tu n'aimais pas ce type. Cependant, tu ne dis rien, te contentant de l'écouter.

"J’aimerais… euh… leur dire que, que je suis pas parti parce que je le voulais et… et aussi…"

Est-ce qu'ils méritaient de le savoir, cependant ? Vu comment ils semblaient le traiter...

"… Aussi, je voudrais savoir c’qu’ils… c’qu’ils pensent de moi…"

Tu le vois ronger son ongle nerveusement. Tu voudrais l'en empêcher, mais tu te retiens, te disant que c'était une très mauvaise idée de le toucher. Si le directeur s'en est pris à lui... Tu réfléchis sur tes options.
Tu pourrais demander à ton ami de leur tomber dessus et de leur faire passer le message... mais tu n'aurais pas de réponse valable aux yeux de Yuki.
Tu pourrais les confronter et les enregistrer... mais est-ce qu'ils accepteraient de parler face à toi ?
Tu pourrais t'introduire chez eux et placer des micros... mais jamais ton ami ne te laisserait faire cela, peu importe le motif.

Ne te restait qu'une seule option. Pas très légale certes, mais l'essentiel était que Yuki puisse les entendre. De plus, c'était la seule possibilité qui soit sans danger.

"Avant que je ne te propose une solution... Yuki, est-ce que tu sais ce qu'est un hackeur ?"

Tu attendis quelques instants qu'il te réponde, évidemment par la négative.

"Un hackeur est un peu... un magicien d'internet. Il crée des portes cachées que lui seul peut emprunter, afin de pouvoir espionner les gens, voire parfois de leur voler des données importantes."

Tu avais choisi cette explication somme toute simplifiée, afin qu'il comprenne sans trop de mal ce que tu étais capable de faire.

"Il se trouve que moi, je suis un hackeur. Je suis capable de pirater n'importe quel ordinateur ou téléphone, pour peu qu'il soit connecté. Ce que je te propose... c'est de créer une écoute chez toi. Histoire qu'on puisse entendre ce que tes parents disent quand tu n'es pas là... tu es d'accord ?"
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Jeu 15 Avr - 23:02



Lundi 14 avril 2110

Le silence est ce qui suit mon explication. Cette dernière n’était clairement pas la meilleure qui soit. Je dois l’admettre. Mais je ne sais pas comment faire autrement. Il m’est extrêmement difficile de faire mieux que ça face à un autre que Aiji. Il est le seul en qui j’ai entièrement confiance, donc en face de qui je peux tout dire sans craindre qu’il m’en veuille. Même mes parents ne m’ont jamais vu capable de parler correctement et ils me le reprochent énormément la plupart du temps, arguant qu’ils sont alors incapables de me comprendre. Je me demande si cela sera encore le cas maintenant. Ce professeur va-t-il m’en vouloir pour parler avec tant de difficultés ? Je le crains et c’est une des raisons qui m’amène à ronger autant mon ongle. Surtout que son silence ne m’aide clairement pas à penser que je me fourvoie. Shan ne m’aide pas non plus. Il est encore en train d’amplifier mon sentiment d’avoir mal fait les choses. Sans nommer les insultes qu’il utilise pour me nommer et étayer ses dires. Il est dur et j’ai l’impression qu’il va être celui qui va me détruire. Il est toujours là. Constamment en train de me rabaisser. Mon moral a du mal à tenir le coup. Les seuls moment où je vais mieux, c’est quand je suis avec ce garçon que j’ai compris aimer de tout mon coeur.

Je sursaute un peu quand j’entends la voix du professeur. Mes yeux s’écarquillent et, lâchant mon pouce dans mon geste, je lève doucement la tête. J’ai l’impression d’halluciner. Pourquoi ne me crie-t-il pas dessus ? Ne devrait-il pas être en colère face à mon incompétence pour m’exprimer correctement ? J’ai des difficultés à me concentrer sur la question qui m’a été posée. Pourtant, un peu par hasard, et surtout pour essayer d’éviter une nouvelle intervention de Shan, je secoue tout doucement la tête de droite à gauche deux ou trois fois. Au bout de la seconde, je prononce difficilement en bégayant :

N-non…


T’es même pas capable de dire un mot correct’ment ?!!
Quel inutile !




Je me sens mal. J’ai envie de m’enterrer profondément sous terre tant j’ai honte. Il a raison. Un mot aussi court, j’aurais dû pouvoir le dire avec moins de difficultés. Il ne s’agit que d'une seule syllabe. Pourtant, j’ai réussi à écorcher le mot. Un détail que seul l’esprit de mon ami disparu me fait remarquer, l’adulte préférant m’expliquer ce qu’est un hackeur. Je sais reconnaître un ordinateur et un téléphone. Mais je suis incapable de les utiliser. Personne ne m’a appris et même les personnes de mon âge ont préféré se moquer ouvertement de moi que me montrer. Peut-être pourrais-je demander à Aiji. Après tout, si je me rappelle bien, il m’a montré à acheter une boisson au distributeur sans se moquer.

T’es même pas cap’ d’le refaire.
Un idiot est incapable d’faire c’genre d’chose !
T’es idiot ?




Ouais… Je dois être un idiot. Tant et si bien que j’ai des difficultés monstres à comprendre comment espionner les gens et voler des “données” sont possibles. Comment un hackeur peut-il faire une telle chose ? Doucement, je porte une main à la mèche qui me tombe sur mes cheveux comme si la tirer un peu pourrait m’aider à me cacher. Si seulement cette mèche pouvait devenir un rideau derrière lequel je serais capable de me dissimuler.

Impossible !
Comment t’crois qu’c’est possible ?



Je lâche la mèche pour me ronger un nouvel ongle. J’essaie, en même temps, de comprendre ce qui m’est dit. Être un hackeur est une affirmation tellement abstraite pour moi que je n’y fais pas tant attention que cela. Par contre, je relève légèrement mon regard quand il m’est avoué qu’il est possible de savoir ce que disent mes parents quand je ne suis pas là. J’ai peur. Pourtant c’est ce que je demande.

Faut savoir c’que tu veux !

Ce que je veux… C’est une très bonne question. Je n’en suis pas certain moi-même tant j’ai peur de me détruire. J’ai besoin d’être rassuré. A vrai dire, j’aimerais pouvoir trouver mes parents. Surtout si j’ai raison et qu’ils ont toujours voulu que mon bien. J’ai du mal à me décider. Pourtant, doucement, je relâche mon ongle en laissant ma main trembler et, regardant l’autre qui est posée, cachée dans la manche, sur mon genoux, je demande difficilement :

Si… Si ils sont pas comme… c-comme tout l’monde le dis… Est-ce que… euh...


Allez !!
Accouche !
T’peux aller plus vite ?




… j’peux a-aller les voir ?


Quand ?
Précise.



Je… j-je veux dire ! … aujourd’hui ?


Les joues rouges de honte et de gêne, persuadé que la réponse va être négative, je regarde un peu plus bas. Crispé, je me mange la lèvre inférieure sans trop m’en rendre compte. Et, comme pour effacer ma question, j’affirme d’une toute petite voix :

Je… j-je suis d’accord pour… pour, pour écouter ce qu’ils disent… mes parents…


Shan a raison. Il n’a sans doute absolument rien compris à ce que je dis cette fois. Je me perds dans mes mots. J’ai même parfois du mal à me rappeler dans quel sens je dois les dire. Pourtant, j’ai les idées principales de ce que je souhaite dire. Cela ne semble pas suffire. Quelle horreur…
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Yhsim Kisanagi

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Ven 16 Avr - 21:43
Tu es conscient que cela doit être un choc pour lui, même si tu penses qu'il ne te dénoncera pas. Pas qu'il ait trop à perdre... mais il n'a pas l'air d'être mauvais. Tu espères qu'il sera d'accord pour les écouter, même si cela risque de le blesser davantage. Finalement, au bout de ce qui te paraît être une éternité, Yuki finit par reprendre la parole.

"Si… Si ils sont pas comme… c-comme tout l’monde le dis… Est-ce que… euh... j’peux a-aller les voir ? Je… j-je veux dire ! … aujourd’hui ?"

Aller les voir ? Tu n'es pas certain que ce soit une bonne idée. Ils seraient capables de lâcheté, de lui mentir et de le manipuler pour lui faire croire à d'horribles choses... Tu ne le laisserais pas aller seul évidemment, mais à un contre deux, ferais-tu le poids ? Tu pouvais évidemment envoyer un message à ton ami pour qu'il se tienne prêt, au cas où. Tu ferais aussi en sorte de les enregistrer dès que vous serez arrivés. Mais au fond de toi, tu n'étais pas sûr... est-ce que tu arriverais à faire face ?

Tu sembles m'oublier...

Oui, tu avais toujours l'option de tes crises, le souci était de savoir si la peur ne l'emporterait pas sur cette colère.

Tu ne t'es pas coupé, alors c'est toujours là ! Sauf si tu te drogues en douce ? Ce serait amusant !

Tu l'envoyas se faire voir mentalement. Juste à ce moment, il te sembla entendre Yuki dire qu'il acceptait ta proposition. Tu n'en étais pas complètement sûr, cependant.

"Très bien... On peut y aller maintenant, si tu veux. On écoutera en route."

Et tes cours ? Tu crois qu'ils te laisseront sortir ?

Tes élèves ne seraient pas mécontents de ton absence. De plus, tu pouvais toujours prétendre un motif impérieux. Tu te levas de la chaise, te dirigeant vers la porte que tu ouvris, attendant Yuki juste à côté.

"Je te laisse passer devant et m'indiquer la route à suivre..."

Tu avais gardé ce ton calme et patient, afin qu'il ait confiance en toi. Tu étais là pour l'aider. En l'attendant, tu sortis ton téléphone portable, pianotant afin d'envoyer un message écrit à ton ami.


Citation :
Je risque d'avoir besoin d'un coup de main. Ce serait trop long à expliquer. Voici juste l'adresse où je me rends. Tiens-toi prêt.

La réponse ne se fit pas attendre, heureusement.

Citation :
Compris. Quelqu'un d'autre gère déjà la boutique, appelle si besoin.

Tu te sentis légèrement soulagé, continuant de pianoter afin de trouver un point d'accès à la sécurité assez faible pour être piraté sans soupçon. Tu finis par obtenir ce que tu voulais, tu n'avais plus qu'à appuyer pour activer l'écoute. Tu attendrais néanmoins que vous soyez sortis de l'établissement avant de mettre en route... inutile de donner aux autres élèves matière à le tourmenter.
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Sam 17 Avr - 17:14



Lundi 14 avril 2110

J’ai un peu de mal à respirer, même si ça ne peut pas se voir. L’air se bloque juste après ma gorge, comme si l’angoisse avait une forme physique. Je ne vois pas ce qui pourrait me mettre dans cet état, à part ça. Si j’étais malade, comme un rhume par exemple, n’aurais-je pas eu d’autres symptômes avant celui-ci ? Alors que je sais la raison pour laquelle je ressens un gros malaise. C’est de ma seule faute. Je suis certain que si Shan avait pu prendre ma place, alors il s’en serait bien mieux sorti que moi. Ses mots n’auraient pas été hachés, il aurait construit des phrases correctes et il se serait montré bien plus courageux que moi. Peut-être se serait-il un peu lâché et m’aurait insulté, mais je le mérite sans doute. Il n’est pas du genre à faire quelque chose sans aucune raison. Il ne parle pas sans savoir. Plus depuis qu’il est devenu un fantôme. Et encore, même avant c’était bien trop rare. Du coup, je devrais prendre un peu plus exemple sur lui. Je devrais essayer… mais en suis-je capable ? Mon regard s’attarde sur mes doigts qui dépassent des manches. Assez pour que je puisse en voir le bout. Mes ongles sont très, voire trop, courts pour la plupart. Ma peau est arrachée à certains endroits et des morceaux semblent sur le point de s’enlever. Pour attendre et ne pas trop penser, je me mets à arracher ces morceaux. Je ne fais pas attention à la douleur légère que je ressens par moment. Je ne m’arrête que lorsque je vois le sang perler pour cacher cet élément effrayant sous mon vêtement.

Je sens mon corps se tendre soudainement alors que le professeur me répond. Pourtant, il n’est pas irrité comme je peux le craindre. Au contraire, il me parle gentiment, comme lorsqu’il est sorti de la salle des professeurs même si je n’ai pas parlé correctement. J’arrive à me détendre un tout petit peu grâce à ça et je le regarde pour essayer de comprendre ce qu’il me dit. Je ne suis pas certain d’avoir saisi toutes ses paroles, comme s’il m’en manquait un morceau. Ainsi, je ne bouge pas en le regardant se lever. Sans trop comprendre, je le suis des yeux, silencieux.

Mais quel boulet !
Va l’rejoindre…
Tu veux rater l’coche ?





Je ne comprends pas tout de suite, jusqu’à ce que je le vois ouvrir la porte de la salle. Apeuré de le voir partir sans comprendre pourquoi, je me lève soudainement dans un fracas de chaise. Une main sur le bureau à côté duquel je suis, je fixe le professeur avec inquiétude. Que dois-je faire ? Puis-je lui demander de répéter ? J’ai trop peur de le faire. Je reste donc ainsi, sans rien faire, comme muet. Dois-je le suivre ? Je commence à croire que c’est le cas quand je constate qu’il ne bouge pas. Néanmoins, ma confirmation n’arrive que lorsqu’il me propose de lui montrer le chemin.

Qu’est-ce qu’t’attends ?
Va les voir, ducon.
‘spèce d’imbécile finit !





Comme si j’avais reçu un coup de fouet, oubliant complètement de ranger la chaise sur laquelle je me suis assis pour discuter avec monsieur Kisanagi, je me dirige vers ce dernier. Il est en train de faire quelque chose sur son téléphone. Je ne sais pas du tout comment cela s’utilise, bien que j’ai compris que c’est fait pour parler avec d’autres personnes sans être à côté d’eux. Pourtant, il ne parle pas. Il ne fait que tapoter dessus, ce que je regarde le temps d’une seconde, plutôt curieux, avant de sortir rapidement de la salle avant de me faire gronder parce que je ne serais pas allé assez vite. Je ne souhaite pas que cette maladresse de ma part l’amène à changer d’avis.

Silencieux, dès que la porte est fermée derrière nous, j’emmène l’adulte. Cela me fait étrange d’être le guide de quelqu’un. En général, c’est le contraire qui se passe. Cette fois, je suis bel et bien celui qui montre le chemin. Cela n’est pas bien utile dans les couloirs puisqu’il doit être le premier à savoir où se trouve la sortie. C’est donc après avoir traversé une école en apparence vide puisque les élèves étaient, pour la plupart, en cours, je le guide dans les rues de la ville. Je connais le chemin pratiquement par cœur. Si je suis confiant par rapport à quelque chose, c’est bien cela, même si mon sens de l’orientation n’est clairement pas infaillible. Je peux me perdre assez facilement lorsque je me dirige vers un lieu que je ne connais pas. Cela est bien plus rare à mesure que j’arpente le même chemin. Et celui-ci est un de ceux que j’emprunte le plus souvent. Ainsi, je me permets un regard en direction de mon aîné comme pour le jauger un instant. Je me demande à quoi il pense… Il ne m’a pas posé énormément de questions et c’est seulement la seconde fois que nous nous rencontrons. Pourtant, il a dit être soulagé de me voir. Est-ce seulement probable que cela puisse être réellement le cas ?

En voyant l’heure en passant devant une pharmacie, je remarque que cela doit faire environ une dizaine de minutes que mes parents sont rentrés à la maison. Je connais à peu près leurs horaires puisqu’ils ne sont que très rarement en retard. Je comprends donc qu’il est possible de les écouter. Mais je ne me sens pas à l’aise. J’ai toujours peur d’entendre ce qui va se dire. Si ce sont les autres qui ont raison à leur propos, que vais-je pouvoir faire ? Quel sera le sens de ma vie ? N’aurais-je pas été dans le mensonge pendant toutes ces années ? Quelle valeur aura ma vie ?

Arrête de poser des questions inutiles !!
Tu verras bien.




Shan a raison, encore une fois. Je pousse donc un petit soupire avant de remarquer que nous approchons d’un parc que je connais bien. C’est là que j’ai rencontré le chaton que j’ai voulu ramener à la maison. J’hésite un instant. Mais voyant qu’il n’y a personne, je tente de proposer à l’homme à côté de moi, difficilement :

Euh… o-on peut, aller là… si vous voulez…


Nous ne sommes pas très loin de chez moi et comme il n’y a personne, je n’aurais pas de problème pour écouter. Alors, avec l’accord de l’adulte et la mauvaise humeur de Shan qui ne s’arrête pratiquement jamais, ce qui me donne souvent des maux de tête, je vais m’asseoir sur un banc libre. Le plus proche à vrai dire. Je ne me sens pas à l’aise du tout et j’ai toujours la peur au ventre en pensant que je vais savoir la vérité. Tant et si bien que, même assis, mon regard est bas, posé sur mes mains cachées sous les manches de mon pull. Même pour accepter silencieusement l’écoute, je reste ainsi sans trop savoir à quoi m’attendre. Je ne tarde pas à le découvrir :

- Ma puce, ton fils n’est toujours pas rentré ?
*Fracas d’une chaise, comme si quelqu’un se levait rapidement*

- Ne l’appelle pas comme ça. Cette chose n’est pas mon fils.
- Désolé ma chérie.
*Son d’un soupir long lointain*

- Non, je ne l’ai pas vu. J’espère qu’il n’est pas allé se réfugier chez quelqu’un…
*Bruits de pas qui s’éloignent*

- Allons, tu sais bien qu’il n’y a aucune preuve. Personne ne peut vérifier que nous sommes les responsables. Et qui irait croire un gamin comme lui ?
- Mais il a déjà tué sa sœur à peine née ! Et il n’en ressent pas le moindre regret !
- C’est pour ça que nous nous vengeons, n’est-ce pas ?
- Oui, c’est vrai…
- Ne t’en fais pas, dès qu’il reviendra tu pourras te défouler autant que tu veux sur lui. Je te le tiendrais.
- Tu ne m’arrêteras pas, cette fois ?
- Non. S’il ne tient pas le coup je nous en débarrasserais...


Avant même de connaître la suite, je me relève et cours en direction de la maison. Je ne ressens pas la peur d’avant. Je suis seulement guidé par la colère et la voix de Shan. Je l’écoute pleinement, sans me sentir fautif ou blessé par ses paroles. Tout ce que j’ai en tête c’est mon besoin de combler le vide que je ressens et d'oublier le chagrin que je ressens. Je ne m’arrête donc pas. Je ne fais pas attention aux autres voix que celle qui n’existe que pour moi. Celle que je suis le seul à entendre. Celle qui, dès que j’entre dans la maison me guide avec calme :

Sur ta gauche, les ciseaux.


D’un simple geste, après un bref coup d'œil, je prends la paire de ciseaux qui traîne sur la tablette où sont entreposées les clés de la maison. Suite à cela, je m’avance sans retirer mes chaussures. Pas le temps.

Dans la cuisine.


Je tourne la tête. Je découvre alors mes parents en train de s’embrasser en s’enlaçant. Ils pourraient former un joli couple s’ils n’étaient pas de simples monstres.

Ils ne t’ont pas vu...
Profites-en.
Dépêche-toi !





Tenant fermement mon arme de fortune, je m’élance sur mon père qui me tourne le dos, empêchant ma mère de me voir arriver. Cet élan me permet de planter profondément les lames fermées dans le flanc de mon père qui pousse un puissant cri. Alors que j’entends ma mère paniquer, j’entends un avertissement.

Att- !


Mais je n’entends pas la suite. Un coup violent m’atteint au cou et au visage, me faisant tomber au sol, sonné. Et, malheureusement, mon arme est restée plantée dans la chair de ma victime.

Reprends-toi !


Rapidement, je me secoue la tête pour me réveiller un peu plus et me relever dans la foulée. Je peux voir la paire de ciseaux voler un peu plus loin alors que ma mère, hystérique, essaie de savoir quoi faire. La panique l’empêche de prendre une décision ou d’agir alors que mon père est apparemment affaibli par le sang qu’il perd. Je blêmis à cette vue. C’est Shan qui me secoue à nouveau :

Attaques les !
Ils le méritent !!




Cela attisant ma colère, je suis de nouveau capable de bouger. Je m’élance donc sur les ciseaux. Mes parents… Non. Ces monstres tentent de m’arrêter. Et plus particulièrement celui que j’ai blessé. Mais sa plaie sanguinolente est apparemment trop douloureuse pour lui permettre de bouger. Cette vue est extrêmement satisfaisante ! Mais pas assez. J’attaque donc à nouveau. Cette fois, ma lame est placée plus haut et se plante dans l'œil droit. Celui qu’ils m’ont aussi crevé. Celui pour lequel je dois utiliser une prothèse. Son cri déchirant me fait mal.

Sur ta gauche !


Encore une fois ma réaction est trop lente. Je reçois un nouveau coup qui me met au sol et fait voler ma prothèse oculaire à travers la pièce. Avant que je puisse me relever ou comprendre ce qui m’arrive, je sens une paire de mains s'enrouler autour de mon cou.

On aurait dû te tuer bien avant !


Mon père m’étrangle et je n’ai ni la force, ni les ongles, pour l’obliger à me lâcher.
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Yhsim Kisanagi

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Sam 17 Avr - 18:01
Tu n'aimes pas cette attente, d'autant plus que tu peux entendre d'autres élèves passer dans le couloir. Tu aurais préféré un silence complet, ce genre de silence dans lequel tu pouvais te réfugier quand tout allait mal. Et le bruit de la chaise qui tombe au sol, lorsque Yuki se lève d'un bond, n'arrange rien à tout cela. Il te semble même entendre le son en écho durant de longues secondes... avant que finalement, le jeune garçon ne se mette en route.

Tu le suis sans rien dire, réfléchissant. Devais-tu dire à Vladimir de débarquer immédiatement ? Ou devais-tu attendre que tes soupçons se confirment ? Dans le premier cas, la présence du russe risquait fort d'inquiéter Yuki surtout en sachant que ton vieil ami était un géant de presque deux mètres de haut... dans le second, est-ce qu'il ne risquait pas d'arriver trop tard ? Tu ne savais pas quel choix faire.

Oh, mais ce que tu peux être ennuyant !

Tu te mords la langue, jurant mentalement en russe à l'encontre de cette maudite voix qui se moque encore.


"Euh… o-on peut, aller là… si vous voulez…"

Tu remarques que vous êtes tout prêt d'un parc assez désert. Tu hoches la tête et tu vas t'asseoir à côté de lui sur le banc qu'il a choisi. Tu actives finalement l'écoute d'une simple pression et tu ne peux t'empêcher d'être angoissé. Qu'est-ce que tu vas apprendre sur cette famille ? Quelles sont les horreurs qu'elle cache ? Et tu ne tardes pas à l'apprendre...

- Ma puce, ton fils n’est toujours pas rentré ?
*Fracas d’une chaise, comme si quelqu’un se levait rapidement*

- Ne l’appelle pas comme ça. Cette chose n’est pas mon fils.
- Désolé ma chérie.
*Son d’un soupir long lointain*

- Non, je ne l’ai pas vu. J’espère qu’il n’est pas allé se réfugier chez quelqu’un…
*Bruits de pas qui s’éloignent*

- Allons, tu sais bien qu’il n’y a aucune preuve. Personne ne peut vérifier que nous sommes les responsables. Et qui irait croire un gamin comme lui ?
- Mais il a déjà tué sa sœur à peine née ! Et il n’en ressent pas le moindre regret !
- C’est pour ça que nous nous vengeons, n’est-ce pas ?
- Oui, c’est vrai…
- Ne t’en fais pas, dès qu’il reviendra tu pourras te défouler autant que tu veux sur lui. Je te le tiendrais.
- Tu ne m’arrêteras pas, cette fois ?
- Non. S’il ne tient pas le coup je nous en débarrasserais...


C'est à peine si tu remarques immédiatement Yuki qui s'est levé et qui est parti en courant. Tes mains tremblent et c'est par pur automatisme que tu arrêtes l'écoute. Ce ne sont pas des humains, mais de véritables monstres... même tes propres parents n'ont jamais été aussi cruels. Préférant t'abandonner, te laisser te débrouiller seul. Tu finis par te lever, peu à peu submergé par un sentiment plus que familier, par une rage sans limite.

Ils méritent de payer... eux qui sont complices des jeux d'enfants...

Tu as un bref éclair de lucidité, et tu appelles ton vieil ami. Un appel qui ne dure pas longtemps, quelques secondes seulement, juste le temps pour toi de prononcer une phrase codée.

"La Reine appelle en urgence le Cavalier en renfort."

La Reine, c'est toi, c'est le surnom qu'il t'a attribué. En référence à la pièce d'échec, à la fois forte et faible. Le Cavalier, c'est lui. Ta garde rapprochée. Tu l'entends te dire qu'il arrive, et tu l'entends te dire de ne pas oublier d'enregistrer. Tu raccroches avant de partir en courant vers la maison.
Tu dois arriver à temps. Sinon, qui sait ce qu'ils feront ?

Ce n'est qu'à quelques pas de la porte laissée ouverte que tu actives l'enregistrement vocal de ton portable. Lorsque tu entres, un cri de douleur provenant de la cuisine - bien trop grave pour être celui de Yuki - t'indique où tu dois aller. Tu t'immobilises sur le pas de la porte, la peur te paralysant face à la scène que tu vois.

Son propre père est en train de l'étrangler à mains nues.


"On aurait dû te tuer bien avant !"

Qu'est-ce que tu attends ? Montre leur ce qu'un enfant blessé devient !

La rage te gagne de nouveau alors que tu vacilles au bord d'une crise. Si tu te laisses entraîner, tu risques fort de faire pire que la dernière fois. Mais tu te contrôles juste assez pour foncer vers le père, lui faisant difficilement lâcher prise.

"Ca suffit ! Vous n'allez pas vous en tirer comme ça !"

A deux contre un, tu n'as que peu de chances. Mais fort heureusement, tu entends le pas lourd de ton vieil ami qui entre à son tour dans la maison.

"Ici !"

Tu n'as pas besoin de te retourner pour savoir qu'il se tient dans l'encadrement de porte. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix-huit, il toise d'un regard glacial le duo infernal. Son seul œil visible est empli d'une telle colère, mais aussi d'un froid comparable au pire des hivers sibériens.


"Qu'est-ce qu'on a là... Deux monstres sans cœur qui se prétendent intouchables..."
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Dim 18 Avr - 18:24



Lundi 14 avril 2110

Je manque d’air. Ce monstre est assis à califourchon du moi, ce qui m’empêche de lui donner des coups de pied. Pourtant, par désespoir, j’essaie. Cela m’amène à taper inutilement le sol tandis que j’essaie de le griffer ou d’écarter ses doigts de ma gorge. Mais rien à faire. Il est trop fort, je manque de force, et je n’ai plus les ongles assez longs pour que cela ait une quelconque utilité. Shan n’arrive plus à parler non plus. Ou je ne l’entends pas. C’est possible aussi. Je ne sais plus. Au point où j’en suis, j’ai juste l’impression que je vais mourir. Sa femme ne va jamais m’aider. Elle veut aussi mettre fin à mon existence. Qui veut me garder en vie, en vérité ? Aucun de mes camarades de classe ou d’école puisque beaucoup s’amusent de mes malheurs à longueur de temps. Les voisins étaient aveugles à ce que je devenais jour après jour alors que je m’accrochais aux mauvaises personnes. Le professeur qui m’a accompagné et aidé à comprendre ce qu’il se passait en réalité sans s’appuyer que sur des suppositions a sans doute d’autres choses à faire que me courir après. Il ne reste plus que Aiji… Mais il n’est pas là. Il n’est même pas au courant que je suis ici. Lui ai-je dis ? Je veux le voir… Aiji…

Lentement, alors que je suffoque en pleurant, les yeux fermés, je sens la pression autour de mon cou se défaire. Que se passe-t-il ? Il ne peut pas me croire mort puisque je tente encore de respirer, d’avoir de l’air. Je n’ai pas abandonné l’idée de vivre. Pas encore. Il me semble entendre des éclats de voix. Ce n’est pas très clair, mais il me semble que le monstre qui tente de mettre fin à mes jours est en train de crier contre un inconnu qui est entré dans sa maison sans autorisation. La femme qui m’a donné le jour pleure je pense. Mais elle ne crie pas. Comme si elle avait peur. Comprend-elle désormais ce que j’ai ressenti ? Ce que je ressens maintenant ? A-t-elle peur pour sa vie ?

Tant mieux !
Ca lui apprendra !!



Shan, il est revenu alors que je prends une grosse bouffée d’air frais. Elle est douloureuse. Affreuse ! Comme si on me glissait des plumes dans les voies respiratoires. Ça chatouille. Ça me gêne. Tout cela me vaut une terrible quinte de toux alors que je me roule sur le côté, recroquevillé sur moi-même, les mains sur ma gorge qui me fait affreusement mal. Comme la première fois que j’ai été étranglé, j’ai l’impression d’avoir du gravier dans la gorge. J’ai des difficultés à m’en remettre. En plus de ça, je m’attends à recevoir des coups comme c’est très souvent le cas quand je suis ainsi. Autour de moi, c’est bruyant.

Sortez de chez moi !


L’homme qui veut ma mort crie et cela me fait comprendre qu’un “inconnu” vient de me sauver la vie. Cela me rassure à moitié et il me semble ensuite entendre la voix de monsieur Kisanagi. Pourquoi serait-il ici ? Lentement, je me relève sur mes coudes. Rouvrant les yeux, je me retrouve devant une paire d’immenses pieds que je ne connais pas. Je me relève pour reculer, assis sur les fesses, et me placer dans un coin, complètement perdu. Que se passe-t-il ?

Ben t’as des yeux…
T’es aveugle ?



Je ressens une sensation de vide dans mon œil droit. J’en comprends la raison en plaçant une main sur ma paupière. Ma prothèse n’est plus là. J’aperçois un peu plus loin le professeur de mon école faire face à mon géniteur qui est clairement en colère. Il toise ses invités surprise en hurlant des propos signifiant en gros qu’ils n’ont rien à faire dans sa maison et qu’étant blessé il ne peut pas s’occuper d’eux donc qu’ils devraient s’en aller. Plus loin, il me semble voir ma génitrice à son portable. On dirait qu’elle a fini par se calmer et qu’elle a réussi à retirer la paire de ciseaux de son œil désormais sanguinolent. Quant à l’inconnu… la première chose que je constate le concernant, c’est sa taille. Il est immense ! Pourtant, il me semble être très peu effrayé. Comme si plus rien n’avait d’importance à côté du fait que je suis toujours en vie.

Pour le moment.
Tu peux toujours les attaquer~
Profites-en !




Me désintéressant du blond qui parle froidement, je cherche une arme de fortune. J’aimais bien la paire de ciseaux. Où se trouve-t-elle maintenant ? Où n’y a-t-il donc aucun couteau pour me permettre de hacher menu ces monstres comme ils l’ont fait avec Shan et le chaton que j’avais ramené ? Je regarde encore et encore, mais je ne trouve rien.

J’ai appelé la police ! Je suis certaine qu’ils seront ravis de s’occuper de vous en plus de ce petit merdeux !


Bien joué chérie.


Doucement, alors que mes parents cherchent à faire partir leurs visiteurs indésirables, je me relève. Puis, avec cette même idée en tête de leur faire du mal, de me venger, je tente de m’élancer pour trouver une arme. Je ne me préoccupe pas de mon oeil vide. Peu importe. Je veux plutôt combler le vide que m’a laissé la destruction de tous mes repères. Comment pourrais-je encore me fier à tout ce que j’ai vécu jusqu’à aujourd’hui ? Ils l’ont eux-même dit que je n’ai vécu que pour souffrir. Actuellement, je ne vois même pas le sang qui a coulé. Mon idée fixe m’en empêche.
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Yhsim Kisanagi

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Dim 18 Avr - 22:17
Pour une fois, la petite voix dans ta tête t'a été bénéfique. Sans elle, tu aurais été tétanisé de peur, incapable de réagir, et Yuki serait mort sous tes yeux. Et ton ami serait arrivé bien trop tard... heureusement qu'elle t'avait tiré de ta panique totale.

Qu'est-ce que tu ferais sans moi, franchement. Pas grand chose, j'ai l'impression~

Mais c'était trop beau pour durer, elle recommence à te torturer. Sauf que cette fois, tu n'es plus seul. Tu as Vladimir pour te soutenir et te retenir si jamais tu bascules dans une crise. Tu oscilles entre la peur et la rage. La peur face à ce que tu as vu, face à cette haine qu'ils ont envers leur propre enfant. La rage de tes crises, la rage de les voir aussi cruels.


"Sortez de chez moi !"

Vladimir ne bouge pas de derrière toi, se contentant simplement de toiser de sa hauteur le couple infernal en gardant les bras croisés. De ton côté, tu remarques que la femme est occupée au téléphone, et tu as ta petite idée sur qui elle appelle. Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que tu as entendu bien assez de choses pour pouvoir les faire plonger. Et que ton ami ici présent est beaucoup plus influent qu'il n'y paraît...

Ils tombent droit dans la gueule du loup~


"J’ai appelé la police ! Je suis certaine qu’ils seront ravis de s’occuper de vous en plus de ce petit merdeux !"

"Bien joué chérie."

Vladimir laisse échapper un rire froid. Lui sait que la partie est finie pour eux.

"Oh, mais je pense qu'ils seront au contraire ravis d'apprendre tout ce que vous avez pu faire et dire... Tout comme tout votre entourage sera tout aussi ravi d'apprendre quel genre de monstre vous êtes, sous vos airs de bonne famille."

"C'est fou... ce que l'on peut entendre, si on laisse traîner ses oreilles où il faut."

Tu sors ton portable et tu coupes l'enregistrement avant de l'envoyer en quelques secondes sur un site où tu pourras le récupérer sans souci. Au cas où ils voudraient détruire ton portable, ce qui est fort probable avec ce que tu t'apprêtes à faire... Tu les fixes avec colère, et tu déclenches l'enregistrement, afin qu'ils écoutent attentivement leurs propres mots.


"On aurait dû te tuer bien avant !"

"Et j'ai aussi pris soin d'enregistrer votre petite conversation d'avant. Je crois que vous n'allez plus avoir droit aux mêmes regards."

Tu n'as pas remarqué le comportement de Yuki, mais ton ami si. Il s'adresse à lui sur un ton plus "chaleureux" en comparaison de celui employé avec ces monstres.


"Gamin, j'te suggère de pas faire ça. Même s'ils le méritent, mieux vaut pas."

"Oser dire de tels mots..."
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Anonymous

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Lun 19 Avr - 22:59



Lundi 14 avril 2110

Ce qui se passe dans cette maison est plutôt surréaliste. Je ne sais pas trop quoi en penser. D’un côté il y a les monstres qui me voient comme une nuisance et qui veulent aujourd’hui me tuer pour une raison qui reste obscure. Après tout, de ce que je me souviens de l’écoute que nous avons faite plus tôt, il me semble que ma génitrice a prétendu que j’ai tué ma prétendu sœur. Cela explique quelque peu certains kanjis, des soi-disant cadeaux de Noël et anniversaire, qui sont gravés dans mon corps. Mais je ne me rappelle pas avoir un jour avoir eu une sœur, qu’elle ait été petite ou grande. Un mystère que je ne suis pas certain de vouloir résoudre étant donné que je suis déjà complètement détruit par les révélations qui ont été faites, que je viens de découvrir. Face à eux, le professeur de mon école et un inconnu sont là. Il me semble que le premier veut me protéger puisqu’il m’a sauvé de la mort par étranglement que j’allais subir. Mais l’autre ? Sa présence est un mystère. Même s’il est aussi d’avis que ceux qui se prétendent ma famille sont des monstres, donc qu’il les voit de la même manière que moi en cet instant, cela ne me donne aucun fichu indice sur sa présence en ces lieux.

La police va bientôt arriver. Ma mère vient de les appeler. Cela ne me donne donc pas beaucoup de temps pour mettre fin à tout ça. Shan est d’accord avec moi et m’encourage même. Cela est devenu extrêmement rare de l’entendre aussi positif à mon égard. Ces derniers temps, il m’a plutôt habitué aux insultes, à l’ironie, aux sarcasmes et aux reproches. Rien qui soit agréable contrairement à cet instant. Cela m’aide à me relever pour chercher une arme. Mes yeux se posent sur ma prothèse oculaire qui se trouve sur le sol un peu plus loin. J’avais raison. Elle ne se trouve plus à sa place. Mais cela ne me fait ni chaud, ni froid. Je ne ferme pas pour autant ma paupière, laissant visible à tous le trou béant qui était destiné à accueillir mon globe oculaire, et je continue mes recherches. Le rire que j’entends derrière moi ne me fait ni chaud, ni froid. Il ne m’est pas destiné. Alors, autant ne pas y faire attention.

En vérité, je ne fais plus du tout attention à la conversation qui se fait entre les deux parties. Tout ce que j’ai en tête est mon objectif qui est bien plus important que tout le reste. Au fond, c’est une bonne chose que leur dispute continue. De cette manière, je peux continuer à chercher et avancer en direction de la cuisine où je suis certain de trouver des couteaux en tous genres. A vrai dire, le hachoir qui a été utilisé pour le chaton me fait très envie puisque j’ai déjà pris les ciseaux pour les blesser.

Ça va être une boucherie !
Ils ont rien vu…
Vite !!




Je pense à me dépêcher même si je marche à quatre pattes pour progresser aussi discrètement que possible. Mais je suis arrêté par la voix de mon père. Les mots me tétanisent et me font frissonner d’effroi. Oui, il a bel et bien l’intention de me tuer. Mais, en jetant un coup d'œil à ce monstre sans cœur, je me rends compte qu’il ne fait pas attention à moi. Alors qu’il presse la blessure que je lui ai faite d'une main, il fixe monsieur Kisanagi avec rage. Il me donne l’impression d’être prêt à l’étrangler, lui aussi. Pourtant, son adversaire est extrêmement calme, c’est assez incroyable…

Quand avez-vous… ?


Pour toute réponse à cette question qui n’a même pas de fin, le professeur prétend avoir un autre enregistrement. Mais de quoi il parle ? Je me rappelle qu’il a dit être un “hackeur”, mais je ne suis pas certain que ça rentre dans le domaine de ce genre de magiciens. Je n’en sais rien… Ma mère, elle, préfère trancher en hurlant :

Et même si c’était vrai, ça ne sera jamais présentable devant un tribunal !


Je me désintéresse de la conversation alors que son mari soutient les propos qui viennent d’être prononcés. J’ai l’impression qu’ils sont incapables de reconnaître qu’ils ont tort, bien qu’ils ne démentent pas non plus. J’ai mal à la tête… Mais je continue ma progression, jusqu’à ce que l’inconnu s’adresse à moi en m’appelant “gamin”. Je n’aime pas trop ça, mais je me tourne vers lui en fronçant les sourcils.

Il veut quoi, lui ?!
Te préoccupe pas d’lui !
Faut qu’tu nous venges !!




Je porte une main à ma tête, pris d’une hésitation et d’un violent mal de tête. Alors que Shan, le fruit d’une maladie qui a également été mon seul soutien pendant des années, me demande avec force de continuer, un homme que je ne connais pas mais qui se trouve face à mes opposants me demande de m’arrêter là. Que dois-je faire ? Qui écouter ? A côté de ça, mes parents tentent encore de se dédouaner avec force :

Vous qui entrez sans permission chez les gens, vous vous permettez de nous juger sans rien savoir !


Et à part ces enregistrements douteux, que savez-vous exactement de nos vies ?


Ils ne s’arrêtent plus, m’accusant même des pires mots, prétendant encore une fois qu’ils n’ont fait que m’éduquer du mieux qu’ils pouvaient même si j’étais incapable de leur obéir. Le doute revient. Je sens une nausée arriver et, à genoux, je me tiens la tête de mes deux mains. Et si c’était vrai ? Et si les “enregistrements” n’étaient pas la vérité ? Comment savoir ?

Reprends-toi !
En qui as-tu confiance ?!



Je ne sais pas. A part Aiji, je n’ai plus confiance en personne. A part Aiji, personne ne m’a dit la vérité en tout instant. Ou pas des vérités que je peux vérifier.

A part pour tes parents…
T’a-t-il dit la vérité ?



Oui… C’est vrai… Aiji aussi m’a dit que mes parents ne sont pas de bonnes personnes. Pourtant… Pourtant… Je ne sais plus !!! Je me couche lentement sur mes genoux en gardant ma tête entre les mains, sans savoir quoi faire. Je voulais venger le chaton et Shan. Je voulais leur rendre toute la souffrance que j’ai tu tout ce temps. Mais, maintenant qu’on m’a dit que ce n’était pas une bonne idée et que ma famille continue à clamer leur innocence, je suis encore plus perdu que jamais. Je veux m’enfermer quelque part où il n’y ait plus de bruit, au mieux avec Aiji pour me prendre dans ses bras comme il le fait. Pourtant, quand je pense que j’ai commencé à me venger, quand je repense à la sensation d’une lame se plantant dans leur corps, j’ai envie de rire tant c’est grisant.
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Yhsim Kisanagi

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Mar 20 Avr - 16:52
Tu vacilles mentalement, tu es à deux doigts de céder face à une crise. Tu sais que celle-là risque d'être violente, tu sais qu'il y a des risques de dommages collatéraux... raison pour laquelle Vladimir doit rester près de toi. Pour t'arrêter si jamais tu pètes les plombs. Tu restes là à les fusiller du regard, tu les détestes. Tu pourrais très bien leur faire payer ton vécu.

"Quand avez-vous… ?"

"Et même si c’était vrai, ça ne sera jamais présentable devant un tribunal !"

Vladimir laisse échapper un autre rire froid à ces mots. Ils ne te connaissent pas, ils s'imaginent que tu n'es qu'un simple professeur... pire, qu'une personne sans intérêt. Mais tu es en réalité l'un des meilleurs hackeurs au monde, un dont le simple pseudonyme inspire la fascination et le respect des débutants. Il ne te faut pas grand effort pour fabriquer une preuve, alors pour en rendre une légale ? Un jeu d'enfant.

"Vous qui entrez sans permission chez les gens, vous vous permettez de nous juger sans rien savoir !"

"Et à part ces enregistrements douteux, que savez-vous exactement de nos vies ?"

Ils vont le dire... Tu sais qu'ils vont le dire. Ces mots que tu as trop entendu, ces mots que tu détestes... ils les diront.

Dans ta tête, l'horrible petite voix te murmure des mots atroces, cherchant à te faire basculer. Mais tu luttes autant que tu peux, même si cela devient difficile.

"J'en sais bien assez pour savoir que vous êtes les pires êtres qui soient. Des personnes qui ne méritent même pas la clémence. Yuki vous a entendu... Je [b]vous ai entendu. [b]Cette chose n'est pas mon fils. Venant d'une mère, c'est la pire phrase qui soit. Même mes propres parents, qui pourtant étaient loin d'être des modèles, n'ont jamais eu autant de cruauté que vous !"

Dans ton dos, Vladimir prend une posture plus intimidante. Il les toise de sa hauteur, il cherche à se rendre plus imposant qu'il ne l'est déjà.


"Je crois qu'on ne s'est pas très bien compris, pour le coup. On est là pour enlever ce gamin de vos pattes de dégénérés, avant que vous le foutiez six pieds sous terre afin de recommencer avec le suivant. On a vu clair dans votre jeu."

Il gronde en prenant de nouveau la parole, rugissant presque. Le Lion montre les crocs.

"Mon nom est Vladimir Donovan, je suis celui qu'on nomme le Lion de Sibérie. Et mon ami ici présent a bien assez d'atouts en main pour vous faire plonger !"

Tu finis par remarquer Yuki qui est prostré, visiblement en plein doute. Tu serres le poing au point de t'enfoncer les ongles dans la paume de ta main, mais cela suffit pour te permettre de garder assez de contrôle.

"Ne t'en fais pas, Yuki... Il est hors de question que je t'abandonne à eux..."

Tu entends les sirènes se rapprocher, et tu te permets d'échanger un bref regard avec Vladimir. Lui aussi les a entendu, mais n'est pas inquiet. Avec son statut de militaire, et le fait que son nom est très connu et respecté, il sait qu'il peut les persuader sans problème.
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Mer 21 Avr - 18:33



Lundi 14 avril 2110

Je ne veux plus les entendre. Ces personnes qui m’ont fait croire pendant longtemps qu’ils me faisaient vivre le pire pour me rendre meilleur. J'ai vraiment pensé que c’était la vérité, qu’ils ont agi de la sorte pour mon bien. Pourtant, si j’en crois leurs paroles actuelles, ce que j’ai entendu un peu plus tôt n’était pas une simple invention. Ils n’ont jamais démenti l’enregistrement des paroles de mon père que j’aurais pu imaginer puisque j’entends une voix avec une personnalité propre que je nomme Shan depuis des années. J’aurais préféré imaginer tout cela. Mais la réalité, la vérité, s’impose une nouvelle fois à moi alors que ces monstres tentent de se défendre en prétendant que les preuves ne peuvent pas leur nuire. Au fond, ce n’est pas ce qui m’importe. Je voudrais les entendre dire que le professeur a tort. Qu’ils n’ont jamais prononcé de telles paroles. Rien. Pourtant, il n’en est rien. Tout ce qui les intéresse ce n’est pas la manière dont je me sens puisqu’ils sont même incapables de voir mon état, contrairement à ce géant qui est arrivé pour rester là, à toiser mes parents en donnant raison au professeur qui, lui, m’a sauvé la vie.

Les doutes et l’horreur que je ressens à l’égard de la situation ne font que s’accentuer à mesure que le temps passe et que j’accorde de l’attention à ce qui se dit autour de moi. Et c’est monsieur Kisanagi qui enfonce le clou, cette fois. Ce qu’il dit est plutôt juste, je dois le lui accorder. Pourtant, ce n’en est pas moins douloureux, surtout quand il repasse sur les paroles si déchirantes de ma mère. Cette dernière, se défend dès qu’il lui en laisse l’occasion :

- Diriez-vous la même chose si vous saviez ce qu’il a fait ?!

Sans quitter le professeur du regard, elle me pointe du doigt sans ménagement et continue en même temps que Shan se manifeste comme pour enfoncer le clou encore plus profondément, comme pour répondre au géant nommé Vladimir - un nom bien compliqué selon moi - qui se montre protecteur à mon égard :

On va enfin savoir la vérité.
Qu’est-ce qu’t’as pu faire ?
Ils te voient comme un monstre !




Il a tué ma fille ! Sa sœur jumelle ! S’il n’avait pas existé, j’aurais pu avoir ma petite fille et être heureuse avec elle ! Il a fallu qu’il lui prenne sa place !!!


J’ai des difficultés à faire le tri entre tout ce que j’entends. Entre l’un qui affirme qu’ils sont là pour sauver ma vie, les autres qui me traitent comme le pire des assassins… Surtout que je ne me rappelle pas avoir ôté la vie de qui que ce soit. Indirectement, j’ai mené à la mort un chaton et Shan qui, de ce que j’ai pu comprendre, n’était qu’une simple peluche.

Eh !!
J’suis pas qu’une peluche !



Alors une fille… Une fille de mon âge ? Comment aurais-je pu faire une telle chose ? Je ne m’en rappelle pas du tout.  Et songer même qu’elle puisse avoir raison ne fait qu’affermir la migraine que je ressens. Mais ce n’est pas grave, je n’ai qu’à les tuer et, cette fois, tout ce qu’ils disent à mon propos deviendra la vérité. Je serais un assassin pas que de nom.

C’est tout c’qu’ils méritent !
Qu’est-c’que t’attend ?!
Tu dois m’venger !!




Tandis que mon père s’approche de sa femme pour la consoler et la soutenir puisqu’elle a commencé à fondre en larme, je sens une présence près de moi. Je sais que c’est l’un des deux hommes qui disent que mes parents sont des monstres. Par la voix qui ne tarde pas à s’élever à mes côtés, je comprends que c’est le professeur. Doucement, je ferme mes doigts sur un pan de tissu de ses vêtements alors que mon expression est tordue en une expression étrange. Un sourire carnassier presque satisfait étire mes lèvres alors que le reste de mon visage ne reflète que la peur, l’angoisse et le doute.

Bouge-toi !
Arrête de lambiner !!
Il va être trop tard…




Il ne faut pas longtemps avant que les sirènes de police se rapprochent et arrivent devant la maison. Mon père arbore un air victorieux en annonçant :

Voilà ! Non seulement vous serez arrêtés pour violation de domicile tels les visiteurs indésirables que vous êtes, mais, en plus de ça, ils jugeront cet être indésirable qui a apporté le malheur sur notre famille.


Il ne me faut pas plus que cette déclaration pour me faire lâcher mon professeur et me voir me lever d’un bond. Un bond destiné à m’élancer sur ce monstre avec un air suffisant sur le visage avec la seule envie de lui faire du mal, et peut-être même le faire disparaître. Cette fois, pour m’arrêter, de simples mots ne suffiront pas. Je me demande même si je pourrais me calmer tant que je les vois, eux qui ne sont plus les êtres que j’ai aimé toute ma vie, mais qui ont pris leur place.
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Yhsim Kisanagi

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Mer 21 Avr - 21:54
Tu sais ce que ça fait de se voir accuser de tout et rien. Certes, tu n'as pas été victime de violences de la part de tes parents... mais entre une mère qui t'a lâchement abandonné et un père qui t'a laissé te débrouiller seul à un âge où tu avais besoin de soutien, est-ce mieux ? Mais au niveau scolaire, tu étais harcelé, moqué, humilié, et tout le monde trouvait cela normal. Tu as cette tristesse, ce manque d'affection... mais également cette colère en toi. Cette colère dont personne ne peut mesurer l'étendue, pas même toi.

" Diriez-vous la même chose si vous saviez ce qu’il a fait ?!"

Eh bien, qu'ils le disent, vous n'attendiez que cela.

"Il a tué ma fille ! Sa sœur jumelle ! S’il n’avait pas existé, j’aurais pu avoir ma petite fille et être heureuse avec elle ! Il a fallu qu’il lui prenne sa place !!!"

Tu entends les ricanements de ta petite voix mentale, qui trouve toutes ces accusations terriblement amusantes.

Et dans le cas inverse, dis voir, qu'auraient-ils fait ? Est-ce qu'ils auraient accepté la mort de leur fils, ou est-ce qu'ils auraient puni leur fille pour cette mort ? On sait la réponse, toi comme moi...

Tu leur lances un regard empli d'une telle haine, une haine que tu ne maîtrises plus. Qu'on ne te laisse rien sous la main, ou tu pourrais rejoindre Yuki dans son envie...


"Ce petit numéro ne prend pas avec moi. Je ne suis pas dupe. Je sais très bien que dans la situation inverse, vous auriez fait la même chose."

"Voilà ! Non seulement vous serez arrêtés pour violation de domicile tels les visiteurs indésirables que vous êtes, mais, en plus de ça, ils jugeront cet être indésirable qui a apporté le malheur sur notre famille."

Tu es à deux doigts de leur sauter à la gorge, et Yuki t'a déjà emboîté le pas. Mais en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Vladimir saisit le gamin au vol - l'expérience d'avoir à gérer tes crises - et laisse apparaître un sourire mauvais. Un sourire que tu ne vois pas car il est placé derrière toi, mais que tu reconnaîtrais sans mal si tu le voyais. C'est le sourire d'une personne qui a un atout caché.

"Vous semblez oublier un petit détail dans vos croyances idiotes. Je ne suis pas un simple citoyen."

Deux policiers entrent et voient la scène, réfléchissant à qui interroger... jusqu'à ce que l'un d'eux donne un léger coup de coude à son collègue en pointant Vladimir, lui chuchotant quelque chose en ayant l'air désormais inquiet. Les deux policiers se concertent un bref instant, mal à l'aise, puis l'un d'entre eux finit par s'approcher de ton ami en s'adressant à lui d'un ton nerveux.

"Je... J'ignorais que vous étiez déjà sur l'affaire... Si... si nous avions su que..."

"Je ne suis pas présent à titre officiel, dirons-nous. Je suis venu pour aider mon ami à secourir un gamin maltraité par ses parents sur un motif futile."

Leurs regards se posent sur toi, et ta colère retombe un peu, remplacée par ton habituelle envie de te taillader la paume des mains. Mais non seulement faire cela mettrait à mal la stratégie construite, en plus ça ne t'aiderait en rien.

"Nous avons été appelés pour... agression et blessures..."

"Légitime défense. Ils comptaient le tuer, ce gamin n'a fait que réagir d'instinct."

Vladimir continue de retenir Yuki sans aucune difficulté, histoire de garder cette version crédible. S'il leur bondit dessus une fois de plus, cela passera pour une véritable agression.

"Maltraitance... depuis combien de temps ?"

"A priori depuis la naissance. En cherchant bien, je suis certain qu'on peut trouver des témoignages corroborant..."

Tu devines que c'est à toi d'entrer en scène. Quelques manipulations rapides, et tu retrouves les enregistrements. Le premier résonne en écho dans la pièce, faisant écarquiller les yeux des policiers.

"On aurait dû te tuer bien avant !"

Sans quitter du regard la mère, tu fais écouter l'autre enregistrement. Le plus compromettant pour eux deux.

- Ne t’en fais pas, dès qu’il reviendra tu pourras te défouler autant que tu veux sur lui. Je te le tiendrais.
- Tu ne m’arrêteras pas, cette fois ?
- Non. S’il ne tient pas le coup je nous en débarrasserais...

Les policiers se tournent vers le couple diabolique, l'air grave et passablement agacés, mais l'un des deux se permet de demander quand même "conseil". La partie est finie.

"Colonel, vous êtes certain que cela ne gênera pas vos affaires ?"

"Allez-y. Si je m'occupe d'eux, ce sera un aller simple pour le goulag. Et je doute qu'ils supporteraient le mordant d'un hiver sibérien."

Les policiers sortent des menottes et s'approchent du couple, avec la nette intention de les arrêter.

"Monsieur et Madame Nakamura, vous êtes en état d'arrestation pour maltraitance et tentative de meurtre. Toute résistance est inutile."
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Jeu 22 Avr - 6:40



Lundi 14 avril 2110

Les paroles du géant envers ma mère m’ont légèrement aidé à ne pas exploser sur le coup. Néanmoins, la confusion et la douleur restent terriblement vives dans mon esprit tourmenté. Tant et si bien que l’annonce de mon père me fait sortir de mes gonds. Il pense avoir gagné, que plus personne ne peut rien contre eux. Qu’ils sont intouchables. Cela me donne envie de les attaquer, de les blesser, et faire en sorte que plus personne ne ressente la douleur de l’abandon que je suis en train de vivre. Ainsi, me voilà lancé pour leur faire vivre leur pire cauchemar. J’ai bien commencé, alors pourquoi ne pourrais-je pas continuer ? S’ils sont intouchables même en m’ayant fait tant de mal en feignant le besoin de m’éduquer à la dure, allant jusqu’à clamer que je suis une mauvaise personne au voisinage, pourquoi serais-je puni pour leur faire subir le même traitement ? En quoi me débarrasser de deux monstres serait mal ? Ce n’est pas logique et c’est dans cet état d’esprit que je garde cette idée fixe de les charcuter, encouragé par Shan qui me hurle de le venger, de les punir pour tout ce qu’ils ont fait jusqu’à aujourd’hui.

Malheureusement, je n'ai même pas réussi à faire un mètre. Deux mains puissantes me retiennent et je suis comme emprisonné contre une personne. Je commence alors à me débattre comme un beau diable pour mettre en œuvre ce besoin viscéral de leur donner une bonne leçon. Même en comprenant de qui il s’agit quand il prend la parole, je ne m’arrête pas. Il n’a pas le droit de m’arrêter ! Avec ce qu’ils m’ont fait, ils n’auraient que ce qu’ils méritent ! Même la présence de nouveaux inconnus dans cette maison dans laquelle j’ai passé mon enfance ne m’arrête pas. Je n’en ai rien à faire d’eux, ce qu’ils font, pensent ou disent. Ils n’ont pas le droit de me juger et, au point où j’en suis, j’ai seulement l’envie et le besoin qu’on me laisse me déchaîner. Ce qu’on me refuse en me retenant encore et encore malgré toute la force que j’emploi pour ça.

En même temps, t’es qu’une brindille…
Tu sers à rien !

Je ne veux pas ne servir à rien. Je fais ce que je peux, mais ce n’est pas suffisant pour contenter l’esprit qui me hante. Que puis-je faire de plus ? Il n’y a rien qui me soit possible. Et plus les secondes passent, plus j’entends ce qui m’entoure. Plus je fais attention à ce qui est dit. Et ce n’est pas pour m’aider. On parle de maltraitance, d’agression, de tuer… Tout ce qui me pousse à agir, au fond.

Bouche toi les oreilles…
N’écoute pas !!

Je ne comprends pas ce que Shan cherche à me dire sur le coup. Ce n’est que lorsqu’il est trop tard que je me couvre les oreilles en fermant les yeux avec force. Un geste inutile puisque j’entends toujours les voix de mes parents. Je ne me rends pas compte qu'elles sont déformées. Tout ce qui me parvient, ce sont leurs mots qui me font terriblement souffrir. Alors, quand je rouvre les yeux, c’est un regard plein de haine que je pose sur mes géniteurs en me débattant avec une force nouvelle afin de leur faire payer les blessures qu’ils m’ont infligées depuis aussi loin que je me souvienne. Qu’elles soient physiques ou morales. Malheureusement, ce n’est pas assez contre le géant qui me tient si bien que je ne bouge pas d’un yota.

Finalement, c’est lorsque les policiers, que je reconnais par leur uniforme, se dirigent vers mes parents que je sens quelque chose se briser en moi. Totalement. Ne me retenant plus. Alors, cessant de me débattre, je me penche comme je peux en avant en criant. Du moins, j’en ai la sensation. Mais ma voix est comme cassée et ne sort pas comme je le voudrais. Pas comme si je m’en souciais, contrairement à Shan que j’entends rager sans parvenir à décrypter ses mots. Et je continue sans m’arrêter. On m’enlève tout. Maintenant que mes parents ne sont plus là, je n’ai plus de repère, plus rien. Ma seule consolation est de les avoir fait souffrir un minimum. Mais c’est bien la seule et je sens que je pourrais en sourire si seulement je ne me sentais pas aussi démuni et livré à moi-même. Il n’en est rien. Ma peine et mon désarroi sont bien trop grands. Et ce n’est que lorsque je me rends compte que je n’ai quasiment plus de voix que je m’arrête alors que je ne tiens plus sur mes jambes.

Plus de chaînes !!
N’est-ce pas ce qu’on appelle la liberté ?

J’entends à nouveau correctement Shan qui semble heureux pour deux. Personnellement, je ne sais plus. C’est comme si mon cerveau venait de s’arrêter sur cette perte alors qu’aucune larme ne sort. Je suis juste démuni. Je voudrais retourner au seul endroit où je me sens en sécurité. Pourtant, mes jambes ne me portent plus. “Lamentable”. Tel est le mot que Shan et moi prononçons en concert pour me désigner en cet instant.


Dernière édition par Yuki Donovan le Ven 27 Aoû - 12:49, édité 1 fois
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