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L'espace d'une vie est le même qu'on le passe en chantant ou en pleurant. || Victoria

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Anonymous

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Mar 2 Mar - 16:08



Jeudi 6 mars 2110

Depuis que Shan a disparu, j’ai l’impression de devenir complètement fou. Je ne cesse de l’entendre dans des échos permanents comme s’il était proche et loin à la fois. Je n’ai le droit à aucun répit. Sans compter que, en plus de ça, quand je pense avoir droit à un instant de paix, il revient m’accuser de sa mort. C’est comme s’il me hantait pour me punir de ma faute. Je vais finir par devenir complètement dingue si ça continue. Je ne peux pas me pardonner ce qu’il s’est passé mais, en même temps, je ne pensais pas que mon meilleur ami viendrait me hanter de la sorte. Je me sens si tourmenté que je n’arrive plus du tout à suivre mes cours. Les quelques notes que j’ai reçues s’en ressentent terriblement tant mes notes sont en dessous de la moyenne. Bien entendu, mes parents n’ont pas laissé passer cela. C’est normal, je me dois d’être un très bon élève pour avoir un bon travail une fois que j’aurais terminé l’école. Je suis un incapable. Je ne peux même pas faire quelque chose de si simple et je le paye encore et encore à la maison. Tant et si bien que mon corps est constamment constellé de bleus violacés et les gravures qui ont été rouvertes par mes parents le jour où j’ai perdu mon chat de fortune ne guérissent pas.

Je fais de plus en plus d’insomnies. A la maison, je suis obligé de rester dans mon lit en silence pour attendre que le matin arrive. Mais, à l’internat, il semble que je suis bien trop discret pour me faire prendre. Enfin… C’est l’impression que j’ai puisque je n’ai pas encore été pris pendant ou après une de mes sorties nocturnes. Ou on me laisse faire sans en parler à mes parents ? Si tel est le cas, je ne comprends pas pourquoi c’est comme ça puisqu’il me semble que le règlement intérieur stipule qu’on n’a pas le droit de quitter nos chambres après une certaine heure, vingt-deux heures si ma mémoire est bonne, mais je les en remercie bien bas. Grâce à cela je peux aller retrouver régulièrement Aiji dans les couloirs des souterrains au lieu de me morfondre seul dans le silence et le noir. Enfin, silence… Ce n’est pas tout à fait vrai puisque le fantôme de Shan me poursuit partout et en tout temps, tel un esprit vendeur. Si seulement il pouvait trouver la paix…

Mercredi, quand je suis allé voir mes parents dans l’après-midi, j’ai été encore puni pour tout ce que j’ai fait de mal : mes mauvais résultats scolaires, mon mauvais comportement, mes caprices… J’ai l’impression qu’il n’est plus possible pour eux de m’aimer et de me supporter. Je suis bien trop mauvais. Et, pendant que je recevais les remontrances, ma prothèse oculaire s’est détachée et je n’ai pas pu la récupérer, ou qu’elle soit. Je ne sais pas non plus si j’aurais pu la remettre de toute façon. C’est donc avec un bandeau pour cacher le vide de mon œil droit que je suis retourné à l’école. Je n’aime pas ça, mais ce n’est pas comme si j’avais le choix… Ainsi, j’ai eu le droit à de nombreuses questions de la part des plus curieux et quelques adultes m’ont demandé si je me suis blessé, ce qui n’est pas le cas. Alors, finalement, j’ai terminé ma journée sans rien dire à personne dans la douleur et la peur. Comme d’habitude au fond. Mais je suis persuadé que je le mérite grandement même si on m’a déjà dit que ce n’est pas le cas.

Dans mon lit, je suis en pyjama et j’attends que le temps passe. J’ai peur de montrer à Aiji qu’il me manque en réalité un œil. Que pourrait-il penser ? Que je suis un monstre, non ? Rien n’est plus horrible qu’une personne imparfaite telle que moi. Mes blessures, mes bleus, le fait que je sois tordu… tout est horrible chez moi.

C’est vrai que physiquement, t’es vraiment pas beau.
Si t’étais plus gentil, je s’rais pas mort.
Assassin !
Monstre !





Tremblant, je regarde ma main droite. J’ai l’impression qu’elle est encore pleine de sang. Je n’arrive pas à l’enlever, peu importe combien je frotte. Cela aurait dû passer puisque ça fait déjà quelques jours. Pourtant, je vois toujours ce liquide rouge horrible couler sur ma peau. J’ai envie de pleurer…

T’as pas l’droit.
Retiens-toi.



Comme apparemment je n’arriverais pas à dormir, je décide de me lever en douceur. Je prends les vêtements que j’ai préparé en secret et qui se trouvent sous mon oreiller pour les enfiler en silence.

Quoi ?! Un bas de survêt’ ?!
T’aurais pu faire un effort…
Il est moche ce gris.
Autant rester en pyjama !






Je ne peux pas donner tort à Shan, mais il ne me reste qu’un seul jean pour toute la semaine et je préfère éviter de le salir sinon papa et maman vont encore me gronder, à raison. Et, pour cacher mes cicatrices, bandages et bleus, j’enfile non sans douleurs un tee-shirt à manche longues autrefois blanc. Je ne suis sans doute pas le plus présentable du monde, mais c’est toujours mieux qu’un pyjama selon moi.

Mouais…
J’aurais préféré qu’tu mettes un jean.
“Présentable”, y’a tell’ment mieux !





Je suis fatigué des critiques constantes du chat qui, pourtant, n’est plus là. J’aimerais me fracasser la tête contre un mur tant cette voix me donne la migraine. Et encore… S’il n’y avait que ça. Mais pour ne pas être à nouveau en sang devant Aiji que je ne veux pas inquiéter, je m’abstiens et sors de l’internat à pas de velours.

Doucement…
J’ai dit doucement !
Arrête de te cogner partout.
Non mais t’es vraiment désespérant…





Et le pire est qu’il continue comme ça même lorsque je suis dans les couloirs, sans doute loin de tout regard qui puisse me juger et dans les souterrains. Ces derniers semblent animés et j’espère me fondre dans la masse.

Ah ! Toi ? Te fondre dans la masse ?
T’as des cheveux blonds.
Impossible !




Comme pour lui donner raison, alors que je marche dans les couloirs dans l’espoir d’y trouver le seul ami qu’il me reste, je sens une main me prendre par l’épaule. La seconde d’après, je suis comme jeté contre le mur, ce qui me fait terriblement mal. J’espère que les gravures n’ont pas recommencé à saigner… Je m’en inquiète plus que le fait que les garçons en face de moi essaient de comprendre qui je suis car ils ne me reconnaissent pas. Les mots utilisés me rappellent un peu Yubel. Par contre, ils finissent par se lasser de mon silence et ils décident qu’il est temps de savoir ce que je cache sous mon bandeau.

T’es une tête à claque en vrai.
Encore une baston !
Défends-toi !




C’est ce que je fais, je tente de me défendre. Je ne veux pas qu’on voit mon œil vide. Ce n’est pas normal et j’ai peur d’être vu comme le monstre que je suis. Il faut que je sois une bonne personne, que je me fonde dans la masse ou je mettrais encore mes parents en colère. Malheureusement, avec le peu de force que j’ai dans les bras, ils sont rapidement sur le point de découvrir la vérité. Et cela les fait rire en plus...
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Anonymous

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Dim 7 Mar - 12:50
La violence d'une balle



Les beaux jours arrivent, les souterrains on tendance à nous empêcher de voir le soleil, mais par chance on nous laisse parfois prendre un peu l'air en journée sous surveillance. J'ai donc passé une heure dans la cour sous le regard d'une surveillant pour profiter du soleil. Une fois de retours dans ma chambre pour faire mes devoirs, je pouvais sentir encore le soleil et sa chaleur sur mes bras. Ça fait du bien au moral. Ça allait être une bonne journée j'en suis sur.
Après mes cours et mes devoirs, je profite de la nuit pour me promener dans les souterrains. Vêtue d'une robe rose pale et d'un blouson en cuir rouge, j'attache mes cheveux et je me promène en faisant rebondir ma balle rebondissante offerte par un surveillant qui m'apprécie.
Je ne sais pas où est Aiji, mais il ne semble pas avoir besoin de moi ce soir alors j'en profite pour me promener. Peut-être que je croiserais Tora, mais il me semble qu'il est en repos aujourd'hui 'hui. Tout en marchant en m'amusant avec cette balle, j'entends un bruit sourd, comme-ci on cognait contre un mur. Je rattrape ma balle et je tend l'oreille alors que Vi commence à se réveiller en moi.

« De l'action »

Je venais de murmurer ces mots alors qu'ils n'étaient absolument pas de moi, mais d'elle. Je soupirs et je secoue un peu ma tête.
Je décide donc de suivre le bruit, j'entends des voix de garçon et j'ai l'impression que ce qu'ils disent c'est pas bien. Une fois dans le bon couloir, je remarque un petit blond, plus fragile qu'eux et je crois que je connais de vue. Il me semble avoir déjà aperçue Aiji avec lui une fois. Enfin je suis pas sûr. Vi me parle à l'intérieur.

penssées a écrit:
*soit on les admirent lui casser les dents...soit je serais toi je jetterais la balle dans la tête d'une des brutes ça peut être drôle *

Je ne contrôle pas mon geste et d'un coup sec je lance ma balle rebondissante en plein dans le visage d'une des brutes et je me mets à ricaner. Un des garçons me menace mais celui qui semble être le leader met son bras devant lui et l'informe.

« C'est Victoria...la coloc de Aiji, t'as vraiment envie d'avoir a faire à lui ? »

Je mets mes mains dans mon dos et je me dandine en souriant.

« Si vous l'embêté, Vi va vous montrer quand elle est pas contente »

J'avance de quelques pas et je me met devant la petite victime alors que ma voix devient plus...menaçante, signe que Vi prend les manettes.

« Lequel d'entre vous je frappe ? Je peux aussi vous briser les vertèbres... »

Le leader tente de garder sa prestance et fixe la victime en souriant

« On se retrouvera toi »

Durant quelques secondes je le fixe du regards. Soit ils tentent encore de faire du mal au garçon et dans ce cas Vi attaquera, soit ils partent et je me tourne pour ramasser ma balle et saluer avec un grand sourire l'inconnu.

Ⓒ ️ 2981 12289 0
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Anonymous

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Jeu 11 Mar - 3:09



Jeudi 6 mars 2110

Je ne comprends pas pourquoi tout le monde me veut du mal. Pourquoi cherche-t-on toujours à faire ce que je ne souhaite pas ou à me frapper ? Parce que je suis une mauvaise personne. C’est évident. Pourtant, je ne cesse de me poser sans cesse cette question lancinante. Shan a raison, comme toujours. Je ne suis qu’une mauviette incapable de se défendre ou de réfléchir à une manière plus rusée de m’enfuir pour éviter d’être frappé ou qu’on ne m’enlève mon bandeau. Mais c’est également pour ne pas prendre de mauvaises habitudes. Je ne veux pas avoir ce réflexe à force de fuir à l’école et que cela me vienne automatiquement lorsque je fais face à mes parents. Cela ne me vaudrait que de plus longues et plus dures punitions. J’aimerais éviter cela quoi qu'on puisse en penser. Cela parce que si je suis puni, c’est parce que je suis une mauvaise personne. … Je n’arrête pas de me répéter. Comme si cela allait changer quelque chose. Comme si cela allait permettre à Shan de changer d’avis. Malheureusement, il n’en est rien et je ne suis pas plus aidé pour faire en sorte que ces garçons me fichent la paix.

A moins que… ? Alors qu’ils sont sur le point de découvrir ce que je cache malgré mes protestations de plus en plus verbales qui me valent des coups, je constate que celui qui a la main proche de mon visage se prend quelque chose en pleine tête. Je crois que c’est une balle puisque c’était sphérique et que le bruit semblait caoutchouteux. Mais je ne saurais être catégorique à ce sujet puisque je suis bien trop pris par la panique à ce moment.

De tout’façon t’as toujours peur !
T’sais même pas reconnaître un ballon ?
Pauvr’chou…
C’est l’moment de les frapper.





Bien entendu, Shan revient à la charge, c’était à prévoir. De toute façon, il ne s’est jamais vraiment arrêté. Je l’entends presque tout le temps depuis que je me suis rendu compte qu’il me hante. Mais je ne prends pas le temps de lui répondre. Je ne me sens pas avoir ce loisir pour le moment. Je regarde donc le groupe se tourner dans une autre direction. C’est moi ou Shan ricane ? J’ai l’impression de devenir complètement fou… Je déteste cette sensation affreuse, mais je sais que je n’ai pas le choix que de vivre avec en l’acceptant. C’est ma punition, aussi horrible puisse-t-elle être.

Alors que j’essaie d’ignorer la voix dans ma tête, j’observe mes agresseurs. L’un d’eux commence à se déplacer avec l’air de vouloir se battre, comme énervé. Il me semble qu’il est celui qui s’est pris le truc sur la tête un peu plus tôt. Mais il ne fait pas plus d’un pas. Je ne vois pas très bien puisqu’ils me tournent le dos, mais il me semble qu’il est arrêté par leur “chef”. Ce dernier lui apprend que, devant eux, c’est “la colocataire d’Aiji”. Ai-je déjà entendu parler d’elle ? L’ai-je déjà vue ? Je n’en sais trop rien. Mais même si la réponse est “non”, que je ne la connais pas du tout, je ressens un pincement dans ma poitrine quand il est dit que le brun la vengerait s’il lui arrivait quoi que ce soit. Pourquoi suis-je si triste ? Je n’en ai pas le droit. Je ne mérite pas d’être avec lui alors que je recherche sa présence encore et encore…

Ben arrête d’l’voir si t’en as pas l’droit.
T’es chiant à penser comme ça…
Vas-y ! Tape-là puisqu’elle te le pique !
T’es pas trop passif ?





Je secoue doucement la tête en fermant les yeux, le visage bas, un instant. Je ne dois pas l’écouter…

J’entends une voix féminine prendre la parole. Elle est jolie pourtant ses paroles sont… plus dures que ce à quoi j’aurais pu m’attendre. Une promesse de s’en prendre à ces garçons. Cela, pour me protéger. Il ne doivent pas me toucher ou une autre personne, Vi je crois qu’elle a dit, s’en prendra à eux. Je me sens mal à l’aise.

De quoi elle s’mêle cell’là ?
Joins-toi à la bastons !
Sérieux… une fille comme ça d’vrait pas dire des trucs comme ça…
Elle connaît vraiment Aiji ?





Ce que dit le fantôme de mon meilleur ami est à moitié ce que je pense, l’envie ou le besoin de me battre en moins. Je suis curieux de savoir si elle connaît réellement la personne que j’étais venu chercher. Brièvement, je me rappelle le jour où Shan a disparu, tué avec un chaton par mes parents sous mes yeux alors que je ne pouvais rien faire. Il était là et il m’a aidé. Il a tout fait pour moi. J’aimerais rester dans ses bras comme ce jour-là… Je m’y sens plus en sécurité qu’ailleurs. Je n’en connais pas la raison et j’espère que cela ne le dérange pas. Je m’impose tant à lui. Je ne devrais pas revenir en vérité. Mais…

Je suis sorti de mes pensées et mes doutes par le changement flagrant dans la voix de la fille qui est venue. Son intonation est comme celle de mes parents quand je suis sur le point de faire une grosse erreur ou quand ils me punissent. Je ne saurais pas comment l’expliquer pleinement. Ou, plus exactement, je ne trouve plus mes mots. Je suis bien trop tétanisé et angoissé pour ça alors qu’elle est devant moi, faisant barrière entre moi et les garçons. Pourquoi fait-elle une telle chose ? N’est-ce pas normal ? … Cela me déplaît d’avoir une telle pensée. Pourtant…

Non mais quel con…
T’as vraiment pas les neurones connectés.
Mais qu’est-c’qu’elle fout là ?
Dégage !





Il est véhément et je ne peux pas l’arrêter. Que puis-je faire pour qu’il arrête ? Attirer son attention sur autre chose ? Mais comment ? Il lit dans mes pensées contrairement à avant… Je me sens pris entre deux feux et rien ne s’arrange quand je croise le regard du chef du groupe. Il ressemble à mon père dans l’expression qu’il me fait et je ressens un violent frisson d’horreur me parcourir. Je ne veux pas qu’il revienne. Je veux qu’il m’oublie. Malheureusement… je crois que c’est impossible…

Finalement, après un instant qui me paraît durer une éternité, ils s’en vont sans rien me faire de plus. Victoria, puisque tel est son prénom d’après ce qu’ils ont dit plus tôt, semble se détendre et bouge pour aller ramasser sa balle.

T’es bigleux en fait ?
T’as pas reconnu une balle ?!
T’es une honte…




Je me laisse doucement glisser le long du mur contre lequel j’ai été plaqué plus tôt par les brutes désormais absentes. Je n’arrive pas à me calmer. J’ai besoin de Aiji. Mais il n’est pas là. Il faut que je le trouve. J’aimerais l’accueillir avec un sourire. Mais je n’arrive pas à le faire. Pas comme elle qui me salue. Je la regarde sans savoir quoi penser. Mon cœur se serre à nouveau quand je pense qu’elle est sans doute proche de celui qui me manque.

Tu t’rends compte qu’c’est une meuf qui t’as protégé ?
Tell’ment relou !
La honte…
Comment tu fais pour vivre comme ça ?





Je baisse la tête doucement. Il a raison, encore une fois… Je suis tellement… tellement… Je n’ai pas les mots, que ce soit pour formuler ce que je ressens ou la saluer. Je tente pourtant de dire quelque chose avant de me désister. Je ne peux pas… La seule chose que je peux faire c’est lui demander quelle est sa relation avec le garçon qui occupe continuellement mes pensées. Cela fait sans aucun doute de moi un être affreux comme tend à me le démontrer Shan.
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