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En période de paix, il ne faut pas oublier les troubles || PV Keita

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Sam 13 Fév - 19:27



Jeudi 13 Février 2110

Nous sommes jeudi et les cours se passent plutôt tranquillement. Comme d'habitude, je suis allé en cours avec Shan. Je ne sais pas pourquoi, mais il est particulièrement agité depuis le début de la semaine. Quoique… l'explication est sans doute la plus simple. Depuis le début de ce mois, je n'ai pas arrêté d'en voir de toutes les couleurs. On peut même voir ça comme datant de plus tôt si on regarde plus précisément les faits. Les périodes de noël sont toujours douloureuses pour moi car les "cadeaux" qu'on me donne sont tous aussi douloureux les uns que les autres. Il y a déjà les gravures qui, encore maintenant, n'ont pas terminé de cicatriser. J'ai l'impression que ça met de plus en plus longtemps et je n'en comprends pas vraiment la raison. Ensuite, ils me donnent sans cesse beaucoup d'amour et j'ai du mal à l'apprécier. Pourtant, je suis content. Ils me montrent qu'ils m'aiment malgré le fait que je sois une mauvaise personne. Que demander de plus ? Je pense que le chat de fortune est moi sommes maintenant habitués à tout ça même si, sur le coup, ce sont des moments difficiles. Des moments que nous évitons une fois que nous sommes à l'école. Et là, c'est le véritable enfer !

Personne n'entend Shan. Je suis certain qu'ils font semblant de l'ignorer puisque c'est un chat. Cela énerve énormément l'intéressé et comme c'est mon ami, je lui réponds et le défends. Au début, certains me disaient qu'ils me trouvaient gentils même si je suis un peu bizarre. Mais, comme au collège, j'ai fini par être tout seul. Toutes les personnes qui s'étaient rapprochées de moi ont fini par me détester plus ou moins rapidement parce que je n'arrive pas leur accorder ma confiance et parce que je suis proche de Shan. Ils ont alors commencé à me dire de mauvaises choses et me faire des "blagues" que je ne peux pas aimer. Le passé se répète et je ne peux absolument rien y faire. Je suis incapable de me défendre. Mes demandes et supplications ne sont qu'une vaste blague pour ceux qui les entendent. Je me sens horriblement mal et clairement loin de la place qui m'est destinée dans ce monde. Je ne sais pas quoi faire. Mais le pire est que, depuis que j'ai rencontré Aiji, un interné, j'entends de plus en plus souvent que mes parents ne sont pas de bonnes personnes, qu'ils me font du mal.

Écouter ce genre de propos me blesse. J'ai peur et je ne sais pas comment répondre aux questions qui m'ont été posées. Je pense à l'adulte qui m'a aidé à sauver Shan une fois et à Aiji. Tous les deux m'ont dit que mes parents ne m'aiment pas, qu'ils s'amusent avec moi, entre autres. On m'a même demandé s'ils sont heureux de mes progrès. J'aimerais pouvoir répondre avec une confiance absolue. Mais… je commence à avoir de gros doutes. Des doutes qui ne vont pas avec ce que je pense de mes parents. Cela m'angoisse. J'ai peur de devenir une personne encore plus mauvaise que je ne le suis déjà. Je suis en train de me tordre, de ne faire que toujours plus de bêtises. J'ai beau me couper pour me remettre dans le droit chemin, j'ai l'impression que ça ne sert plus à rien. Mon monde se fissure et je ne sais plus où et comment poser les pieds, avancer. Shan, quant à lui, est révolté. Il hurle de plus en plus souvent. Il veut constamment revenir sur le sujet. J'essaie de l'éviter, ce qui ne fait qu'empirer les choses : il a commencé à me déranger pendant les cours. De plus en plus souvent. De manière toujours plus insistante. J'ai beau lui demander d'arrêter, il n'y a rien à faire, il réitère toujours la même manœuvre…

Je suis actuellement en cours de mathématiques. Le professeur nous fait un cours tout nouveau pour avancer dans le programme. Ce n'est pas un des plus simples, donc il faut que je reste attentif afin de prendre correctement des notes. Sur mon bureau, j'ai beau avoir mes cahiers, livres et crayons, je peux encore lire certains des mots injurieux et blessants qui ont été gravés dessus. Il y en a même que je n'ai pas pu effacer car ils ont été faits à l'encre indélébile. J'ai donc énormément de difficultés à me concentrer. Mon attention est plutôt diffuse malgré tous les efforts que je fais pour suivre les explications. Malheureusement, c'était sans compter sur les interventions de Shan qui viennent de manière aléatoires et qui ne semblent déranger que moi.

Sérieusement, Yuki, est-ce que l'autre à lunette n'a pas raison en disant que tes parents s'amusent juste avec toi ?


Non. Je ne veux pas y penser, ni même entrevoir la possibilité que cela puisse être le cas. Mes parents m'aiment ! Cela ne peut pas être autrement. S'ils ne m'aimaient pas, ils ne prendraient pas la peine de tenter de m'éduquer. Pas alors que je suis tordu depuis que je suis tout petit !

Après tout, ils te font toujours mal, même pour t'aimer.

La ferme, Shan.


Je veux juste qu'il se taise. Je le lui demande donc avec force malgré ma voix chuchottée. Je ne veux pas déranger le cours. Je suis assis plutôt en milieu de l'allée, près du mur côté couloir. Ainsi, les personnes les plus proches de moi sont devant et derrière. Un dans mon champ de vision qui se retourne le temps de me lancer un regard noir. Je baisse rapidement la tête, honteux.

Ben quoi ? C'est vrai s'que je dis.

Je ne dois pas lui répondre sinon je vais encore les déranger. Mais, à cause de mon silence, le chat de fortune est persuadé que je l'écoute et lui donne raison, donc il continue de plus belle.

En plus de ça, tu te rappelles de leur réaction quand ils t'ont crevé l'œil ?

Je ne veux pas m'en rappeler et à cause de ça je ne suis plus du tout ce qui se dit dans le cours. Si on doit faire un exercice, je ne réagis pas du tout. S'il y a une annonce, je n'en prends pas note. Tout ce que j'entends, c'est le chat me rappeler ce moment horrible de ma vie, pas le pire mais l'un des plus pénibles :

Ta mère avait un grand sourire comme si elle jubilait. Ils t'ont laissé comme ça pendant plusieurs heures en te disant que ça allait passer. Ils te tapaient parce que tu pleurais. Et ils ont même dit- …

La ferme Shan !!


Je n'en peux plus. Je ne peux plus l'écouter ! Si cela continue, je vais fondre en larmes et faire une nouvelle crise de panique. Ce n'est ni le lieu, ni le moment. Tout comme pour le cris que je viens de faire… Honteux et penaud, je baisse la tête, les épaules remontées, les mains entre mes genoux et mes pieds sous ma chaise. Je me mords les lèvres et les joues jusqu'à pouvoir sentir le goût du sang sur mes papilles gustatives. Il est impossible que je ne sois pas puni après ce que je viens de faire...
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Anonymous

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Sam 17 Avr - 9:56
Faire cours peut être à la fois très passionnant ou très chiants… aujourd’hui fais partis des jours très chiants. Déjà parce que tu n’es pas particulièrement d’humeur puisque tu t’inquiètes pour une certaine tête de mule qui ne veut pas entendre raison. Ou alors parce que tu t’y prends particulièrement comme un manche pour lui faire entendre raison, au choix… quoique, peut-être un peu des deux… enfin… si ce n’était que cela, ce pourrait encore ce passer. Mais non, il faut que ces abrutis d’élèves utilises ton cours pour faire n’importe quoi. Et par n’importe quoi, tu parle de prendre ton cours pour une zone de non-droit.
Une veine te titille la tempe. S’il y a bien une seule personne ici qui à bien le droit d’user à d’abuser du droit et du non-droit ici, c’est bien droit. Alors tu te demande qui veut donc voir un lancer de craie parfaitement exécuté dans sa face ?

Sûrement que tu la pensé bien plus fort que tu ne l’espérais parce que le geste partie tout seul alors que tu voyais la craie que tu avais précédemment dans la mains atterrir d’un geste expert dans a tête de l’élève devant celui à la peluche.

Bien messieurs, puisque rire et plus important que suivre mon cours, vous ferez les quatre prochaines pages d’exercices pour la prochaines fois et elles seront noté. Vous pouvez partir. D’ailleurs, dégagez tous de ma vue, je vous ai assez vu. Nakamura, à mon bureau.

De toute façon, sonnerie retentirait dans dix minutes alors, ce n’était pas franchement un problème.

Tu restes devant ton bureau, à moitié assis sur celui-ci et les mains appuyées dessus, attendant patiemment qu’il range ses affaires. Si tu pouvais, tu te grillerais bien une cigarette, mais ce n’était pas le cas.

Un problème avec Shan ? Commence-tu en douceur.

Ce n’était pas comme si tu pouvais commencer avec la banale question « comment ça va » parce que la réponse se voyait comme le nez au milieu de la figure. Le problème restait que… tu ne savais pas vraiment pas franchement comment gérer ce genre de chose toi.
Être simple professeur ne suffisait largement pas ici…
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Anonymous

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Mar 20 Avr - 1:39



Jeudi 13 Février 2110

Très franchement, je ne m’attends à rien de bien. Je dérange le cours, les autres élèves et je suis incapable de faire taire cette pipelette de Shan. Et, en plus de ça, je peux entendre que cela fait rire certains de mes camarades. Des moqueries. Ce n’est pas nouveau. Et je suis certain que j’en entendrais parler par la suite dans les couloirs, voire dans le dortoir. Après tout, il n’y a pas si longtemps, des garçons essayaient de faire du mal à Shan après m’avoir insulté. M’en rappeler me donne l’impression d’être misérable, pitoyable. Je ne peux protéger personne et je ne sais pas comment me défendre. Et si je suis les leçons de mes parents, je n’ai pas le droit d’aller à l’encontre des autres, et encore moins des adultes. Je ne peux donc pas protester. De même qu’il est apparemment mal de donner des coups. A moins qu’on ne soit un parent et qu’on éduque son enfant. Je ne sais donc pas quoi faire. Le mieux est sans doute de laisser les choses se tasser en gardant le silence. Pourtant, c’est douloureux de voir tout cela se passer de cette façon.

Soudainement, la classe devient silencieuse après que celui qui se trouve devant moi ait poussé un cri bref. Un cri de douleur. Je n’en connais pas du tout la raison. Je le regarde donc en essayant de comprendre en l’observant. Je remarque alors qu’il a l’air de se frotter au niveau du visage en regardant en direction du tableau. Mon regard se tourne timidement dans cette même direction. Le professeur nous regarde sévèrement  et semble avoir lancé quelque chose. Un petit objet sinon je l’aurais vu, je pense. Mais, reprenant une position plus droite, il prend la parole. Pas pour reprendre le cours, mais pour nous punir. Comme il ne précise pas qui sont les personnes concernées, je prends mon agenda et note de manière consciencieuse les exercices à faire pour le lendemain.

Qu’est-c’tu fou ?

Je ne réponds pas au chat de fortune qui, pourtant, ne cesse d’insister en s’agitant dans mon sac. Il m’énerve ! N’a-t-il donc pas compris que c’est sa faute si je suis punie à l’instant ? En plus, je dois aller voir monsieur Aliyev une fois que tout le monde sera parti. Je sens qu’en plus de ça je vais me faire punir ! Je lance alors un regard noir à la peluche qui me regarde comme si elle ne comprenait pas ce que je lui reproche.

Ben quoi ? Qu’est qu’t’as ?

Encore une fois, je garde le silence. Surtout que je me sens blessé par quelques paroles du professeur, ce qui me fait serrer les dents. Il ne veut plus nous voir. Je me demande, en rangeant mes affaires dans mon sac avec précaution, si nous sommes si horribles que ça, en classe. C’est vrai que je n’aurais pas dû crier ou parler sans en avoir eu l’autorisation. Et encore, pas crier du tout. Mais je l’ai fait quand même… Je mérite donc la punition et les possibles reproches qui vont m’être fait. Alors, bien que je sois tendu, angoissé et honteux, je prends mon sac que je serre contre moi et vais devant le professeur qui est toujours près de son bureau.

La salle de classe, hormis nous, est vide. Le silence est pesant. Et c’est avec surprise que je lève les yeux sur l’adulte lorsque celui-ci reprend la parole. Rien ne me permet de comprendre ce qui est en train de se passer. Déjà, il n’a plus l’air d’être en colère comme je le comprenais plus tôt. Ensuite, il ne me fait pas de reproches, mais me pose une question. Une question qui concerne le chat de fortune que j’ai toujours avec moi d’une manière ou d’une autre. Je serre des dents et, soustrayant mon regard au sien en le posant sur le côté, je réponds sans être sûr de moi :

N-non... non…


C’est pas c’que j’ai compris tout à l’heure, moi.

Y’a rien…


C’est pas bien de mentir !


Prenant un air frustré, presque en colère, je donne un coup sur mon sac arrondi par le fauteur de trouble qui se trouve à l’intérieur. Il va falloir qu’il garde le silence à un moment ou un autre ! Puis, si le professeur me pose ce genre de question, c’est que, comme tous les autres, il n’a pas entendu Shan. Donc je ne vois pas l’intérêt de lui dire. Ce n’est pas si important...
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